Quel est l’impact clinique est économique du pharmacien dans une unité de chimiothérapie?

Han JM, Ah YM, Suh SY, Jung SH, Hahn HJ, Im SA, Lee JY. Clinical and economic impact of pharmacists’ intervention in a large volume chemotherapy preparation unit. Int J Clin Pharm. 2016 Oct;38(5):1124-32. doi: 10.1007/s11096-016-0339-9

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective dans une unité de chimiothérapie à large volume au Cancer Hospital of Seoul National University à Séoul en Corée du Sud
  • L’étude inclut toutes les interventions des pharmaciens effectuées et documentées dans le département d’oncologie entre mai 2012 et avril 2013
  • Les interventions effectuées sont revus par un oncologue et un pharmacien indépendants afin d’en évaluer la pertinence clinique. Les deux professionnels de la santé attribuent une note de « non significatif » à « extrêmement significatif » à l’intervention. Un tableau résume la décision du pharmacien et celle de l’oncologue séparément et en fait une moyenne. Aussi, une analyse coût-bénéfice des interventions des pharmaciens a été faite en déduisant le salaire des pharmaciens.
  • Un total de 39 649 prescriptions pour 6 364 patients ont été analysées pour lesquelles 631 ont reçu une intervention du pharmacien pour 435 patients. L’acceptation moyenne est de 72,1%.  La principal intervention des pharmaciens concerne un problème de dose (60,9% des interventions avec un taux d’acceptation de 65,5%). La principale raison de refus des interventions à 56,5% est une demande changement de dose qui se trouve dans une marge de 10% de la dose initialement prescrite.
  • La moyenne de la notation du pharmacien et de l’oncologue donne: 1.3 % des interventions qui sont considérées extrêmement pertinentes, 9,8% interventions très pertinentes, 39,3% interventions pertinentes, 44,1% interventions plus ou moins pertinentes et finalement, 5,5% interventions qui sont non pertinentes
  • L’analyse coût-bénéfice présente un total des coûts sauvés de 85 896,5$. De plus, le total des bénéfices est de 160 555 $ et le coût-bénéfice net de 116 493,4 $

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Les interventions faites par les pharmaciens ont-elles toutes été documentées?
  • Les résultats de l’analyse coût-bénéfice seraient-ils les mêmes si un groupe témoin était présent dans l’étude?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre en place un étude interne sur un pharmacien dans votre unité d’oncologie afin de confirmer ou d’infirmer les résultats de cette étude
  • Exposer les bénéfices monétaires d,avoir un pharmaciens dans une unité d’oncologie

Auteur: Soraya Mamoun

Création: 08/11/2016

Publication: 14/06/2017

 

Le pharmacien peut-il améliorer les soins dans le département d’urgence d’un hôpital?

Abdelaziz H, Al Anany R, Elmalik A, Saad M, Prabhu K, Al-Tamimi H, Salah SA,Cameron P. Impact of clinical pharmacy services in a short stay unit of a hospital emergency department in Qatar. Int J Clin Pharm. 2016 Aug;38(4):776-9.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective dans le département de soins de courte durée de l’urgence à l’hôpital général de Hamad, Doha, Qatar afin d’évaluer l’impact du pharmacien dans cette unité.
  • Tous les patients ayant 18 ans et plus admis  entre octobre 2012 et avril 2013.
  • Les pharmaciens commencent leur journée avec une tournée des patients avec les autres membres de l’équipe médicale. Les pharmaciens pouvaient intervenir auprès du prescripteur pendant ou après la tournée. Le tout est documenté dans le dossier patient et dans un système électronique. Des pharmaciens indépendants ont ensuite analysé les interventions des pharmaciens de l’urgence.
  • Les intervention documentés par les pharmaciens visaient à 24,4% donner de l’information au médecin, 22% l’arrêt d’un médicament non nécessaire, 19,3% l’optimisation d’une dose, 16% l’ajout d’un médicament à la thérapie, 7,6% le changement de la, fréquence d’administration d’un médicament, 5,7% faire un résumé de la médication et à 5% donner de l’information aux patients.
  • Les classes pharmaceutiques visées par les interventions des pharmaciens sont nombreuses: 19,6% sont des médicaments agissant sur le système cardiovasculaire, 19,2% des anti-infectieux, 12,6% des médicaments agissant sur le système gastro-intestinal, 9,3% des médicaments reliés à des pathologies endocriniennes, 8,4% des médicaments reliés à des pathologies d’origine hématologique, 7,6% des médicaments ayant leur action sur le système nerveux central et finalement, 5,7% sont des médicaments agissant sur le système respiratoire.
  • Les recommandations des pharmaciens de l’unité ont un taux d’acceptation de92,9% et 4,6% des interventions ont été rejeté. De plus, 2,5% des recommandations ont été acceptées puis révisées ultérieurement par les médecins.

Ce que nous savons déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Quel est l’impact du pharmacien auprès de patients dans un état critique qui sont admis à l’urgence?
  • Les résultats sont-il transposables chez une population pédiatrique?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Noter toutes interventions effectuées dans votre pratique en tant que pharmacien
  • Évaluer la possibilité d’effectuer des études internes dans votre hôpital afin de voir le rôle du pharmacien dans plusieurs départements

Auteurs: Soraya Mamoun

Création: 07 novembre 2016

Publication: 07 juin 2017

 

Comment le technicien en pharmacie peut-il permettre une bonne transition des soins après une hospitalisation?

Bailey JE, Surbhi S, Bell PC, Jones AM, Rashed S, Ugwueke MO. SafeMed: Using pharmacy technicians in a novel role as community health workers to improve transitions of care. J Am Pharm Assoc (2003). 2016 Jan;56(1):73-81. doi:10.1016/j.japh.2015.11.011. PubMed PMID: 26802925.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle réalisée à Memphis (Tennessee) aux États-Unis
  • 325 patients sont enrôlés dans le programme SafeMed en décembre 2014
  • Le programme SafeMed a pour but d’offrir des services de transition des soins, en s’attardant à la gestion des médicaments pour diminuer les taux de réadmissions et les coûts de soins de santé.
  • Le rôle des techniciens en pharmacie dans ce programme est d’offrir un support aux patients après leur sortie de l’hôpital par des visites à domicile et des suivis téléphoniques.
  • Lors des entrevues avec les patients, les techniciens obtiennent l’histoire médicamenteuse, participe au bilan comparatif des médicaments, identifie les problèmes potentiels en lien avec la pharmacothérapie pour les rapporter aux pharmaciens et renforce les conseils préalablement prodigués par le pharmacien.
  • Il y avait une visite à domicile dans les 3 jours suivants la sortie d’hôpital pour 46.9% des cas en 2013 et 68.5% des cas en 2014 (p<0.001).
  • Il y a une tendance positive au niveau des suivis téléphoniques (p<0.001), passant de 46.9% en 2013 à 77.8% en 2014.
  • Les techniciens ont aidé à identifier des problèmes potentiels au niveau de la pharmacothérapie pour 84.9% des participants
  • Les techniciens ont appliqué des programmes de gestion de la pharmacothérapie pour 104 des 325 participants (32%)
  • Le travail des techniciens était bien reçu par les patients. Les techniciens ont permis d’identifier les barrières à l’adhérence, d’aider les patients à les surmonter en plus d’offrir un support pour les habitudes de vie à adopter (exercice et arrêt tabagique).

Ce que nous savions déjà

  • Plusieurs études évaluent le rôle des techniciens en pharmacie en support au travail des pharmaciens. Que ce soit dans la gestion des stocks PMID11527868, dans la réalisation de bilan comparatif des médicaments PMID14531244 ou tout simplement dans la réduction du temps pharmacien consacré aux activités non-cliniques PMID25404597, les techniciens s’avèrent efficaces.
  • Le rôle et les retombées du travail des techniciens en pharmacie sont de plus en plus documentés dans la littérature. Les techniciens sont amenés à jouer un plus grand rôle dans la dispensation des soins.
  • On peut consulter la fiche synthèse sur le technicien en pharmacie sur le site Impact Pharmacie pour en apprendre plus.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Comment inclure les techniciens en pharmacie pour réduire la tâche du pharmacien ?
  • Ce genre de programme serait-il envisageable dans les pharmacies communautaires?
  • Quels seraient les besoins en formation et les coûts associés à l’implantation d’un tel programme ?
  • Est-ce que le gouvernement serait prêt à encourager ce type de programme ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Déléguer la vérification contenant-contenu aux techniciens de laboratoire
  • Bien former le personnel technique pour la collecte de données, ce qui accélère et facilite le travail du pharmacien dans son analyse.
  • Encourager le personnel technique au développement professionnel

Auteur : Flavie Pettersen Coulombe

Création : 21 octobre 2016

Prescription de médicaments pour une condition mineure : comment le pharmacien peut-il contribuer au désengorgement du système de santé?

Mansell K, Bootsman N, Kuntz A, Taylor J. Evaluating pharmacist prescribing for minor ailments. Int J Pharm Pract. 2015 Apr;23(2):95-101.

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective faite dans les pharmacies ayant accepté de participer à l’étude en Saskatchewan au Canada.
  • Échantillon de 125 patients ayant reçu l’intervention pharmaceutique du pharmacien dans la période de 1 an de l’étude (septembre 2012 à août 2013).
  • Tous les patients recevant une prescription d’un pharmacien pour une condition mineure pouvaient participer à l’étude si les pharmaciens consultées désiraient aussi participer à l’étude. Les conditions mineures dont la prescription par les pharmaciens étaient autorisées en Saskatchewan sont la rhinite allergique, l’érythème fessier, l’herpès labial, les aphtes buccaux, les piqûres d‘insectes, l’acné mineur et le muguet. Tous les pharmaciens ont reçu la formation obligatoire pour cette pratique afin de prescrire en fonction des lignes directrices. Des cartes de recrutements et des informations sur l’étude étaient données aux patients par les pharmaciens participants. Les patients étaient invités à compléter un sondage en ligne.
  • Résultats : 43 prescriptions pour l’herpès labial (34,4%), 25 prescriptions pour les piqûres d’insectes (20%), 23 prescriptions pour les allergies saisonnières (18,4%), 12 prescriptions pour les aphtes buccaux (9,6%), 9 prescriptions pour l’acné mineure (7,2%), 8 prescriptions pour le muguet (6,4%) et 5 prescriptions pour l’érythème fessier (4%).
  • 45,2% des patients n’avaient jamais consulté de médecin avant la consultation pour la condition mineure dont ils souffraient.
  • Raisons les plus fréquemment données pour expliquer le choix de consulter le pharmacien au lieu du médecin : 26% avaient confiance au pharmacien pour le traitement de la condition mineure, 20,3% considéraient que la condition n’était pas assez sérieuse pour aller voir le médecin, 17,2% croyaient que le pharmacien était plus accessible et 14,6% ne désiraient pas attendre pour voir le médecin.
  • 34 patients (39,7%) seraient allés voir un médecin ou se seraient présentés à l’urgence s’ils n’avaient pas eu la possibilité de recevoir une prescription du pharmacien.
  • 96,8% des patients ne sont pas allés voir un médecin après la consultation avec le pharmacien.
  • 99,2% des patients ont noté une amélioration de la condition mineure, dont 81,4% ont obtenu une résolution complète ou une amélioration significative au moment du sondage.

 

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prescription de médicaments sont relativement bien documentés. Une étude sur la prescription de médicaments pour des conditions mineures a déjà été publiée : PMID26600824
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie, en particulier la fiche synthèse «Prescription».

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que le fait que la prescription par des pharmaciens pour des conditions mineures soit remboursée par le gouvernement en Saskatchewan puisse avoir un impact sur les résultats obtenus?
  • Est-ce que les résultats obtenus pour les 7 conditions mineures autorisées en Saskatchewan peuvent être généralisés pour d’autres conditions mineures?
  • Est-ce que les résultats obtenus sont plutôt liés à l’évolution normale de la condition mineure?
  • Quel est l’impact au niveau économique pour la société de la prescription pour des conditions mineures par des pharmaciens et quelles modalités de remboursement seraient idéales?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Prescrire des médicaments pour des conditions mineures grâce à la loi 41.
  • Faire de la publicité dans votre pharmacie pour promouvoir les conditions mineures pour lesquelles les pharmaciens peuvent prescrire.
  • Établir un endroit spécifique aux consultations afin d’offrir une plus grande confidentialité offrant ainsi un environnement plus propice à la consultation pour des conditions mineures par les patients.

 

Auteurs : Roxanne Lessard-Hurtubise

Création : 21 octobre 2016

 

Quel est l’impact du pharmacien dans la prise en charge des médicaments néphrotoxiques chez les insuffisants rénaux?

Cabello-Muriel A, Gascón-Cánovas JJ, Urbieta-Sanz E, Iniesta-Navalón C. Effectiveness of pharmacist intervention in patients with chronic kidney disease. Int J Clin Pharm. 2014 Oct;36(5):896-903

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude quasi-randomisée contrôlée au sein d’un département de médecine interne d’un hôpital dans la ville de Murcia en Espagne.
  • Échantillon de 249 patients présentant une insuffisance rénale et prenant au moins un médicament néphrotoxique dans leur traitement pharmacologique, dont 124 patients ont été répartis dans le groupe contrôle et 125 patients ont bénéficié de l’intervention.
  • À l’admission des patients du groupe intervention, le pharmacien effectuait une histoire médicamenteuse en se référant au dossier médical et effectuait des entrevues avec les patients et les prescripteurs afin d’analyser la thérapie médicamenteuse. Le pharmacien déterminait si les médicaments néphrotoxiques étaient appropriés pour le patient en vérifiant, entre autres, les doses et les durées de traitement. S’ils n’étaient pas appropriés, le pharmacien contactait dans les premières 24 à 48 heures après l’admission des patients le médecin traitant afin d’ajuster la dose ou encore de cesser le traitement. Le pharmacien analysait tout au long de l’hospitalisation les résultats de laboratoire et/ou les changements de thérapie médicamenteuse afin d’identifier des problèmes pharmacologiques pouvant avoir un impact sur la néphrotoxicité.
  • Pour le groupe contrôle, une vérification de la clairance à la créatinine a été effectuée au moment de l’admission et au congé. Les patients recevaient les soins usuels par le médecin traitant (sans pharmacien) tout au long de l’hospitalisation.
  • 329 prescriptions de médicaments potentiellement néphrotoxiques ont été identifiés dans le groupe intervention, dont 88 (27%) n’étaient pas correctement ajustées. 88 recommandations ont donc été envoyées à l’équipe médicale traitante : 65 (73,9%) ont été acceptées.
  • L’intervention a diminué le pourcentage de médicaments potentiellement néphrotoxiques non ajustés de 26,7% (88/329) à 6,9% (23/329).
  • Les médicaments les plus souvent ciblés par l’intervention du pharmacien étaient les quinolones, les beta-lactames, la ranitidine, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IECA) et l’allopurinol.
  • Différence relative* de la clairance à la créatinine du groupe intervention vs groupe contrôle : +19,9mL/min (p < 0,05).
  • Différence de créatinine* sérique du groupe intervention vs groupe contrôle : -0,36 (p < 0,01).
  • Différence relative de la clairance à la créatinine pour les patients présentant une insuffisance rénale de stage 3 est de +16,6mL/min dans le groupe contrôle et de 14,5mL/min dans le groupe intervention (différence non significative).
  • Différence relative de la clairance à la créatinine pour les patients présentant une insuffisance rénale de stage 4 ou 5 est de 16,1mL/min dans le groupe contrôle et de 36,6mL/min dans le groupe intervention (p < 0,05).

*Ajustée pour les variables suivantes : stage d’insuffisance rénal, sexe, mesure de base de la fonction rénale, âge

 

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge de l’insuffisance rénale sont relativement bien documentés. Des études sur la prise en charge des médicaments chez les patients présentant de l’insuffisance rénale en milieu hospitalier ont déjà été publiées : PMID11422633, PMID21719712, PMID19776297.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie, en particulier la fiche synthèse «Insuffisance rénale».

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que les résultats observés sont maintenus ou même améliorés à long terme?
  • Est-ce que les résultats observés seraient les mêmes en utilisant une formule différente pour le calcul de la clairance à la créatinine (MDRD, Cockcroft-Gault…)?
  • Étant donné que tous les médicaments ayant une mention de néphrotoxicité dans leur monographie ont été considérés comme des médicaments potentiellement néphrotoxiques peu importe la fréquence ou la sévérité, quel impact aurait la stratification de la néphrotoxicité sur les résultats?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Analyser les dossiers patients présentant une insuffisance rénale afin d’identifier les problèmes médicamenteux liés à la néphrotoxicité et de les corriger.
  • Faire un suivi des patients présentant une insuffisance rénale afin d’ajuster les médicaments selon la fonction rénale.
  • Instaurer un poste de pharmacien dans le département de médecine interne.

 

Auteurs : Roxanne Lessard-Hurtubise

Création : 21 octobre 2016

 

 

 

Le pharmacien peut-il avoir un rôle dans le dépistage de la tuberculose ?

Jakeman B, Gross B, Fortune D, Babb S, Tinker D, Bachyrycz A. Evaluation of a pharmacist-performed tuberculosis testing initiative in New Mexico. J Am Pharm Assoc (2003). 2015 May-Jun;55(3):307-12. doi: 10.1331/JAPhA.2015.14141. PubMed PMID: 26003159.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle réalisée au Nouveau-Mexique aux États-Unis.
  • 626 patients ont demandé le test de dépistage de la tuberculose entre mars 2011 et août 2013, dont 578 qui ont participé du début jusqu’à la fin du suivi.
  • 43 pharmaciens répartis dans 8 pharmacies communautaires ont été formés pour réaliser et interpréter le test de dépistage de la tuberculose. 25 pharmaciens ont activement prescrit et analysé le test cutané à la tuberculine dans des milieux urbains et ruraux (Albuquerque n=163, Roswell n=153, Carlsbad n=262).
  • La formation des pharmaciens a été dispensée par du personnel infirmier spécialisé en tuberculose. La formation (respectant les normes de la Center for Disease Control) comprenait un séminaire en ligne d’une durée d’une heure suivi d’une formation pratique de 4 heures. Le pharmacien apprenait également comment identifier les patients éligibles au test en 2 temps, afin d’éviter les faux-négatifs.
  • Le prix du test était chargé au patient. Les pharmacies communautaires chargeaient environ 30$ tandis que les cliniques privées sont reconnues pour des prix variant entre 70 et 150$.
  • 8 % des patients ont eu le suivi adéquat, tandis qu’une autre étude conduite à Baltimore (Serwint et al.) rapporte un taux de 40% lorsque le test est fait par un médecin. Le taux élevé de suivi adéquat est expliqué par l’accessibilité des pharmacies communautaires, qui offrent des heures d’ouverture flexibles. Les patients n’avaient pas besoin de prendre rendez-vous avec leur pharmacien pour passer le test.
  • 18 des 578 tests se sont avérés positifs (3.1%). Ils ont été rapportés à la santé publique et au médecin traitant par le pharmacien.
  • Aucun ne présentait de tuberculose active

Ce que nous savions déjà

  • Peu d’études évaluent le rôle du pharmacien dans le dépistage de la tuberculose. PMID25276579 décrit une intervention semblable, dans le but d’augmenter le taux de notifications de cas.
  • Le pharmacien a un rôle à jouer en santé publique, selon les besoins du pays où il se trouve.
  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans le dépistage de la tuberculose sont peu documentés.
  • On peut consulter les fiches synthèses sur la tuberculose et sur la santé publique sur le site Impact Pharmacie pour en apprendre plus.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que le fait d’avoir plusieurs données manquantes dans les formulaires démographiques des patients expliquerait le haut taux de suivi? (biais de sélection)
  • Aurait-il fallu évaluer les barrières à l’adhésion des pertes au suivi?
  • Quel serait l’impact économique de l’implantation d’un tel programme de dépistage?
  • Est-ce vraiment un besoin au Québec? Est-ce que le pharmacien n’aurait pas un plus grand rôle à jouer dans une autre sphère de la santé publique?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Référer les patients au Centre Local de Services Communautaires pour les tests de dépistage de la tuberculose
  • S’assurer de l’observance au traitement de la tuberculose latente
  • Sensibiliser les patients atteints de tuberculose latente de l’importance de recevoir un traitement

Auteur : Flavie Pettersen Coulombe

Création : 21 octobre 2016

La vaccination par les pharmaciens permet-elle d’améliorer la couverture vaccinale contre la grippe?

Isenor JE, Alia TA, Killen JL, Billard BA, Halperin BA, Slayter KL, McNeil SA, MacDougall D, Bowles SK. Impact of pharmacists as immunizers on influenza vaccination coverage in Nova Scotia, Canada. Hum Vaccin Immunother. 2016 May 3;12(5):1225-8.

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective faite en Nouvelle-Écosse, Canada.
  • La population de la Nouvelle-Écosse a été étudiée pour voir l’impact de l’intervention du pharmacien entre 2013 et 2014.
  • Depuis 2013, il est maintenant possible pour les pharmaciens de vacciner les patients de 5 ans et plus dans la Nouvelle-Écosse. Environ 430 des 1262 pharmaciens licenciés ont obtenu la certification demandée et ont ainsi participé au programme universel de vaccination contre la grippe qui est financé par le gouvernement.
  • En 2013-2014, les pharmaciens ont administré 78 102 doses de vaccin contre la grippe. Ceci représente une augmentation de 15,8% du nombre total de doses administrées en 2012-2013 (391 170 doses en 2012-2013 vs 337 746 doses en 2013-2014).
  • La couverture vaccinale globale des patients de plus de 5 ans de la Nouvelle-Écosse a augmenté de 5,9% (IC95% 5,87 – 6,1) entre 2012-2013 et 2013-2014, passant de 35,7% à 41,6% (p < 0,001).
  • Des 41,6% des résidents de la Nouvelle-Écosse qui ont reçu le vaccin contre la grippe en 2013-2014, 8,7% ont été vaccinés par un pharmacien, 26,6% ont été vaccinés par un médecin et 6,3% ont été vaccinés par la santé publique.
  • La couverture vaccinale chez les patients de 65 ans et plus de la Nouvelle-Écosse est passée de 61,8% à 71,6% (p < 0,001) entre 2012-2013 et 2013-2014, établissant alors un nouveau record de couverture vaccinale chez cette population.

 

Ce que nous savions déjà

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que la sensibilisation de la population à la vaccination grippale (entre autres à l’influenza H1N1) pourrait expliquer en partie les résultats observés?
  • Est-ce que les résultats observés pourraient plutôt être expliqués par un changement du vaccinateur choisi par le patient (des vaccinateurs plus traditionnels aux pharmaciens), sans nécessairement augmenter la couverture vaccinale?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Offrir les services d’une infirmière à la pharmacie afin d’offrir la vaccination contre la grippe
  • Encourager vos patients à se faire vacciner contre la grippe
  • Participer aux campagnes de promotion de la profession du pharmacien en lien avec la vaccination
  • Promouvoir dans votre entourage les avantages de la vaccination par les pharmaciens

 

Auteur : Roxanne Lessard-Hurtubise

Création : 20 octobre 2016