Congé Estival du blogue

Impact pharmacie prend sa pause estivale.

L’équipe vous prépare pour la rentrée une diffusion des données de la littérature récentes sur les rôles et retombées des pharmaciens.

Tout cela sous forme :

  • de nouveaux blogues,
  • de nouveaux résumés visuels,
  • et de nouveaux résumés d’articles sur la plateforme Impact Pharmacie.

En attendant, voici un nuage des mots rencontrés dans le titre des articles inclus pour le contenu à venir.

Bon été à tous.

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Image conçue à partir du site internet nuage de mots.

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Le pharmacien peut-il améliorer la prise en charge des patients diabétiques ?

Siaw MYL, Ko Y, Malone DC, Tsou KYK, Lew YJ, Foo D, Tan E, Chan SC, Chia A, Sinaram SS, Goh KC, Lee JY. Impact of pharmacist-involved collaborative care on the clinical, humanistic and cost outcomes of high-risk patients with type 2 diabetes (IMPACT): a randomized controlled trial. J Clin Pharm Ther. 2017 Aug;42(4):475-482.

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Ce que cette étude nous apprend

  • Étude prospective randomisée contrôlée au sein de 4 centres hospitaliers de Singapour en Asie.
  • L’étude inclut les patients à haut risque âgés de plus de 21 ans avec un diabète de type 2 non contrôlé [HbA1c] >7%, polymédicamentés (> 5 traitements), ayant de multiples comorbidités. Les patients sont répartis aléatoirement soit dans le groupe contrôle n=197 soit dans le groupe intervention n=214 et sont suivis pendant 6 mois.
  • L’intervention du pharmacien consistait en son intégration dans l’équipe pluridisciplinaire (infirmier, médecin, pharmacien et diététicien) et incluait des suivis réguliers pharmaceutiques des patients toutes les 4 à 6 semaines avec des visites et/ou des appels téléphoniques de 20-30 minutes. L’impact de l’intégration du pharmacien est évalué à partir de paramètres biologiques, économiques et à partir d’enquêtes de satisfaction réalisés auprès des patients.
  • L’intervention du pharmacien est associée à une diminution des épisodes d’hyperglycémies (p<0,001) et d’hypoglycémies (p=0,01) et l’HbA1c moyenne est passée de 8,6% ± 1,5% à 8,1% ± 1,3% à 6 mois (p = 0,04) dans le groupe intervention .
  • L’intervention du pharmacien est associée à une diminution significative des coûts directs de santé de 91,01$ par patient dans le groupe intervention après 6 mois d’étude (coût des laboratoires, consultations de soins, traitements).
  • La satisfaction des patients est plus grande dans le groupe intervention en regard de ressenti sur leur maladie évalué par deux outils (le PAID, Problem Areas in Diabetes et le DTSQ, Diabetes Treatment Satisfaction Questionnaires ).

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des patients diabétiques sont bien documentés. Nous avons recensés plusieurs études ayant démontré que l’intervention du pharmacien améliore le ressenti de la maladie des patients diabétiques : PMID25789518, PMID23848476, PMID21335480.
  • La diminution de la fréquence des hyperglycémies ou hypoglycémies est également démontré dans une autre étude : PMID23848476
  • D’autre part le pharmacien impliqué dans la prise en charge du diabète montre  une diminution des coûts de santé dans les études suivantes : PMID22231970, PMID19289345.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Diabète

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que la durée de l’étude est assez longue pour mesurer l’impact du pharmacien ?
  • Pouvons nous réellement bien identifier l’impact de l’intervention du pharmacien au sein de l’équipe plurisidiciplinaire ?
  • Quel est l’impact de l’intervention sur les coûts indirects ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Identifier les patients à haut risque et instaurer un suivi.
  • Collaborer avec les autres professionnels de santé.
  • Utiliser son expertise pour réduire les coûts de santé liés aux thérapeutiques.
  • Partager davantage vos rôles et vos retombées dans la prise en charge du diabète.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31 juillet 2017

Publication  : 27 juin 2018

 

Quel est l’impact de la télépharmacie auprès de patients ambulatoires ?

Niznik JD, He H, Kane-Gill SL. Impact of clinical pharmacist services
delivered via telemedicine in the outpatient or ambulatory care setting: A
systematic review. Res Social Adm Pharm. 2017 Oct 28. pii: S1551-7411(17)30236-X.

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Ce que cette étude nous apprend

  • Revue de littérature effectuée dans trois bases de données : Medline, SCOPUS et EMBASE incluant les articles publiés jusqu’en mai 2016.
  • Les lignes directrices PRISMA ont été respectées pour la sélection des articles.
  • Les critères d’inclusion sont des études utilisant la télépharmacie telle que définie dans l’American Telemedicine Association, celles impliquant le pharmacien dans l’intervention, soit exclusivement ou en collaboration avec d’autres professionnels de la santé, puis celles incluant les patients en soins ambulatoires.
  • Les étude limitées à la distribution des médicaments ou la préparation de produits
    pharmaceutiques ont été exclues.

 

  • La recherche bibliographique a permis de recenser 330 articles, dont 34 articles ont été inclus.
  • Parmi ces 34 articles, 59% (20/34) avaient pour devis des études randomisées contrôlées, 21% (7/34) des études de cohorte, 9% (3/34) des études non randomisées, 6% (2/34) des études randomisées d’efficacité, 3% (1/34) de revue rétrospective et 3% (1/34) d’analyse de coûts-efficacité.
  • Les patients inclus dans cette revue sont en soins ambulatoires.
  • Les outils de télécommunication utilisés par le pharmacien étaient : le téléphone (74% ; 25/34), des vidéo-conférences (12% ; 4/34), la messagerie texte (9%; 3/34), des courriels électroniques (6% ; 2/34), le fax (3% ; 1/34).
  • Les interventions étaient réalisées dans un cadre de suivis planifiés (par rendez-vous), continus (gestion des paramètres en continu, puis intervention au besoin) ou absents (pas de suivi régulier ou alertes automatisées en cas de problème.)
  • 30 études ont évalué l’impact de la télépharmacie dans la gestion des cibles thérapeutiques, sept études sur l’adhérence aux traitements et deux études sur l’autogestion de la maladie.
  • Toutes les études ont eu recours à un groupe contrôle pour mesure l’impact des interventions.
  • Les issues ont été analysées statistiquement puis classées selon leurs résultats : marqueurs positifs (p<0.05), neutres (p>0.05) ou négatifs (p<0.05 et en faveur du groupe contrôle).

 

  • Pour la mesure de la gestion des cibles thérapeutiques, les études ont identifiées 30 interventions parmi lesquelles 19 (68%) présentent des
    marqueurs positifs, 10 (33%) des marqueurs neutres et une (3%) un marqueur négatif.
  • Deux études randomisées contrôlées ont fait l’objet de l’évaluation de l’impact de la télépharmacie sur l’autogestion de la maladie et ont toutes deux présenté des marqueurs positifs de l’intervention planifiée du pharmacien.
  • Concernant la mesure de l’adhérence au traitement, les études ont identifiées sept interventions mesurées sur huit issues parmi lesquelles cinq présentent des marqueurs positifs (62.5%), trois marqueurs neutres (37.25%).

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Y aurait-il plus de marqueurs négatifs si toutes les études comparaient une intervention en personne vs. par télépharmacie ?
  • Y aurait-il une différence significative entre la qualité des soins cliniques faits par communication téléphonique ou video-conférences ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Documenter tous les conseils faits par téléphone ou vidéo-conférence et y noter la durée.
  • Avoir un mode d’authentification sécuritaire lors des consultations téléphoniques pour préserver la confidentialité.

 

Auteur : Nesrine Nimer, Éléonore Ferrand

Création : 1 Février 2018

Les interventions du pharmaciens chez les diabétiques apportent-elles un impact positif ?

Alfayez OM, Al Yami MS, Fazel MT. The impact of pharmacists providing direct
patient care as members of interprofessional teams on diabetes management. Saudi
Pharm J. 2017 Nov;25(7):1019-1021

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Ce que cette étude nous apprend

  • Étude rétrospective avant-après, au University Medical Center South Campus (CUMC-S) Diabetes Physician Offices en Arizona aux États-Unis.
  • 28 patients diabétiques ont été inclus à l’étude avec les critères d’inclusion suivants: âgés de plus de 18 ans, patients vus par un pharmacien clinicien au moins deux fois entre août 2014 et mai 2015 et patients ayant des valeurs d’HbA1c pour au moins 6 mois avant et après la première visite avec le pharmacien.
  • Le pharmacien dans cet établissement travaille en collaboration avec le médecin en ajustant la médication, prescrivant des laboratoires, faisant des recommandations nécessaires et en offrant de l’éducation thérapeutique aux patients pour l’auto-gestion du diabète.
  • On observe une diminution significative de l’HbA1c des patients après l’intervention du pharmacien : 8,77 +/- 2.48 % avant l’intervention vs. 7,59 +/- 1.18% après l’intervention (p=0,04).
  • On observe une diminution non significative de la pression artérielle systolique des patients après l’intervention : 131.39 mmHg (± 23.61) avant intervention vs 120.92 mmHg (±28.39) après intervention (p=0.094).
  • On observe une diminution non significative de la pression artérielle diastolique des patients après l’intervention : 75.96 mmHg (±11.82) avant intervention vs 71.92 mmHg (±12.91) après intervention (p=0.055).
  • Il n’y avait pas de différence statistiquement significative sur le nombre de patients utilisant un IECA/ARA ou une statine.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Y aurait-il eu une différence statistiquement significative sur la diminution de pression artérielle si on avait un plus grand échantillon de population à l’étude ?
  • Quelle a été la nature de l’intervention éducative auprès des patients ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Avec la loi 41, si le patient n’a pas de médecin de famille, faire une demande de cibles thérapeutiques au dernier prescripteur, puis prendre en charge son diabète.
  • Chez les patients nouvellement diagnostiqués
    • prescrire un niveau d’HbA1c aux 3 mois si ce n’est pas déjà fait
    • Investiguer sur l’HTA, l’insuffisance rénale et la dyslipidémie si ce n’est pas déjà fait

Quel est l’impact financier de la mise en place d’un formulaire restreint de médicaments?

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Britt RB, Hashem MG, Bryan WE 3rd, Kothapalli R, Brown JN. Economic Outcomes Associated with a Pharmacist-Adjudicated Formulary Consult Service in a Veterans Affairs Medical Center. J Manag Care Spec Pharm. 2016 Sep;22(9):1051-61.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude rétrospective, observationnelle, dans un établissement militaire, États-Unis.
  • L’étude évalue l’impact économique de l’implantation d’un formulaire de médicaments dits restreints nécessitant un avis pharmaceutique avant délivrance basée sur la pertinence de la prescription et la sécurité du patient.  1 802 prescriptions de 190 patients admis pour hospitalisation ou consultation externe sont incluses entre janvier et mars 2014 ont été analysées.
  • L’intervention du pharmacien consistait en une analyse des prescriptions de médicament en regard du formulaire adopté par l’établissement. 198 prescriptions ont donné lieu à une intervention du pharmacien et 195 interventions ont été analysés. 176  interventions étaient en lien avec le formulaire (p.ex: choix jugé inadapté d’agent thérapeutique, une erreur posologique, un manque de preuve lié à l’option thérapeutique retenu). Les autres interventions concernaient le suivi de l’anticoagulation, des thérapies oncologiques et les thérapies des patients hospitalisés.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution des coûts de 81% entre la thérapie demandée et la thérapie adoptée après consultation pharmaceutique et concerne surtout les patients en consultation externe.
  • La majorité des indications à l’origine d’intervention concernent les dyslipidémies (15,2%), la douleur (15,2%) et le diabète (12,1%).
  • L’intervention du pharmacien a permis de prescrire des médicaments mieux adaptés au formulaire, d’éviter des prescriptions qui ne remplissent pas les critères d’indication ou qui ne sont pas en accord avec la sécurité du patient.

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des patients diabétiques sont bien documentés. Des études similaires montrent une diminution des coûts de santé suite à l’intervention du pharmacien sur les prescriptions : PMID27117589, PMID26104036, PMID26527048.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Économie de la santé

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que l’intervention du pharmacien a un impact clinique pour le patient ?
  • Le formulaire a-t-il été construit en association avec les médecins ?
  • Quelle est la fréquence de mise à jour du formulaire pour qu’il reste adapté aux besoins ?
  • Quels sont les coûts évités liés au formulaire restreint ?
  • Quel est l’implication des médecins sur la réduction des coûts de santé ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la mise en place d’un formulaire thérapeutique adapté à son établissement afin de diminuer les coûts de santé.
  • Contribuer, à son échelle à réduire les coûts.
  • Partager davantage les stratégies de prise en charge permettant de réduire les dépenses de santé auprès des autres professionnels de santé ou les patients.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

 

Pharmacien hospitalier spécialisé en soins intensifs vs pharmacien non spécialisé?

 

20170804 visual abstract - Soins intensifs

Richter A, Bates I, Thacker M, Jani Y, O’Farrell B, Edwards C, Taylor H,
Shulman R. Impact of the introduction of a specialist critical care pharmacist on
the level of pharmaceutical care provided to the critical care unit. Int J Pharm
Pract. 2016 Aug;24(4):253-61.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après prospective réalisée dans trois unités de soins intensifs de trois hôpitaux universitaires du centre-nord de Londres, Royaume-Uni.
  • L’étude se déroule en deux phases de 6 semaines. La première est réalisée d’avril à juin 2009 et implique dans le centre test un pharmacien non spécialiste. La seconde d’avril à juin 2010 et implique un pharmacien spécialiste en poste depuis 4 mois au sein de la même unité de soins intensifs. Les deux autres unités disposent de pharmaciens spécialistes et servent de contrôle pour l’étude.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact de l’introduction d’un pharmacien spécialiste en soins intensifs et de le comparer à un pharmacien clinicien non-spécialiste à partir des données issues de la revue de médication.
  • Le nombre moyen d’interventions/jour a augmenté suite à l’introduction du pharmacien spécialiste; 2,69 interventions/j en moyenne contre 5,45 interventions/j en phase 2 (p < 0,0005). (Contrôle centre 1  : 10.53/j en phase 1 vs 10.35/j en phase 2, centre 2 : 7.55/j en phase 1 vs 8.65/j en phase 2). Les deux interventions les plus fréquentes en phase 2 concernaient le changement de dose et l’ajout d’une thérapie pour une indication non traitée. Une augmentation significative d’interventions relatives à l’arrêt de thérapie est également observée entre la phase 1 et la phase 2.
  • Davantage d’interventions proactives sont réalisées par le spécialiste; 4,89 contre 2,05, (p < 0,0005).
  • L’intervention est associée à une meilleure détection quotidienne des erreurs par le pharmacien spécialiste; 3.84 en moyenne contre 1,71 (p < 0,05). (Contrôle centre 1 : 7.10/j en phase 1 vs 7.47/j en phase 2, centre 2 : 6.79/j vs 8.47/j en phase 2).
  • La majorité des interventions ont potentiellement empêché des erreurs évaluées comme étant modérés en phase 2 ( 52.7% vs 66.7% en phase 1), suivi des erreurs évaluées faibles (24.7% vs 15.35%) et sevères (22.6% vs 16.7%).
  • L’acceptation des interventions par l’équipe médicale ne diffère pas selon le statut du pharmacien; 90% dans les deux phases.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en soins intensifs sont relativement bien documentés. D’autres études décrivent les retombées du pharmaciens dans ce domaine PMID22821310PMID10422996
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur les soins intensifs.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’augmentation des interventions réalisées par le pharmacien est-elle réellement due à l’expertise du pharmacien spécialiste? Ou à un autre facteur (p.ex. pharmacien plus proactif)?
  • L’impact aurait-il été plus grand si l’étude était réalisée plusieurs mois suivant l’introduction du pharmacien spécialiste à l’unité des soins intensifs (p.ex. après 1 an au lieu de 4 mois)?
  • Les cohortes de patients ne sont pas nécessairement similaires dans les deux phases, cela a t’il eu un impact sur les résultats ?
  • Quelle est l’évolution clinique des patients suite aux interventions?
  • Quelle est la satisfaction de l’équipe?
  • Le site à l’étude ne disposait pas de système informatique de prescription, les résultats auraient ils été encore plus significatif en présence d’un tel outil ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Être un pharmacien proactif pour maximiser le nombre d’interventions nécessaires à l’optimisation de la pharmacothérapie.
  • Évaluer la possibilité d’introduire un pharmacien spécialiste dans l’unité de soins intensifs de votre établissement.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 4 août 2017

Quel est l’impact d’une collaboration médecin/pharmacien dans la prise en charge et le contrôle du diabète de type 2 ?

20170807 visual abstract - diabète Langran 2017

Langran T, Nanda N, Bataveljic A, Gonzalez-Durio J. Supporting the management of type 2 diabetes with pharmacist-led reviews: an observational analysis. BMJ Open. 2017 Mar 3;7(3):e013451.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude prospective, avant-après dans des cabinets de médecine générale au Royaume-Uni.
  • L’étude inclut 5910 patients diabétiques de type 2 ayant au moins une lacune parmi les 9 axes de l’outil NICE (National Institute for Health and Clinical Excellence) développé pour orienter le suivi annuel des patients, incluant les suivis biologiques et les cibles (HbA1C, PA, CHOtotal), les suivis ophtalmologiques,  les suivis rénaux (créatinémie, protéinurie), l’examen des pieds,  le poids et la cessation tabagique. L’étude se déroule entre avril 2013 et avril 2014.
  • Le pharmacien participait à la prise en charge des patients en collaboration avec les médecins généralistes. A partir des 9 axes de l’outil NICE, le pharmacien cible, personnalise la prise en charge et émet des recommandations discutées avec le médecin. Ces recommandations concernent par exemple : les initiations de traitements, les changements de dosage ou de thérapie, l’adhérence au traitement, le mode de vie et le régime alimentaire. L’impact de l’intervention du pharmacien est évalué à 6 et 12 mois après un an de mise en place du programme.
  • La proportion de patients recevant une prise en charge complète sur les 9 axes de l’outil NICE augmente de 46 à 58%.
  • L’intervention du pharmacien dans un programme multidisciplinaire est associée à une amélioration de la proportion de patients atteignant les cibles d’HbA1C, de pression artérielle et du cholestérol total après un an d’intervention; 65% à 70%, 70% à 76%, 78% à 82% respectivement. Les résultats ne persistent pas un an après l’arrêt du programme.

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des patients diabétiques sont bien documentés. Nous avons recensé plusieurs études indexées démontrant simultanément une amélioration significative de l’HbA1c, pression artérielle et du cholestérol total : PMID23261899, PMID27015049, PMID16791717, PMID18359731, PMID15031417
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche de synthèse  Diabète

Ce qu’on se pose comme questions

  • Quelle était l’ancienneté du diabète et les comorbidités des patients ?
  • Quel a été l’impact de l’intervention pharmaceutique sur les autres axes de l’outil NICE (p.ex : le poids, la cessation tabagique) ?
  • A quelle fréquence le pharmacien rencontre t-il le patient ?
  • Le nombre de patients inclus dans le programme n’était pas stable durant l’étude, cela affecte-t-il les résultats ?
  • Ces résultats sont ils seulement attribuables à l’intervention conjointe du médecin/pharmacien ?
  • Quel est l’impact financier de l’intervention ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • S’associer avec les médecins généralistes dans la prise en charge des patients diabétiques.
  • S’inspirer de l’outil NICE dans votre pratique.
  • Proposer un programme de suivi à vos patients compte tenu des coûts associés aux diabètes mal contrôlés.
  • Partager davantage votre rôle et vos retombées dans la prise en charge du diabète.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017