L’implication du pharmacien en anticoagulothérapie permet elle de diminuer des coûts de santé ?

20171204 visual abstract - autre Lee

Lee EH, Bray V, Horne R. Developing an Economic Case of Clinical Pharmacists’ Interventions on Venous Thromboembolism Prophylaxis Through Service Evaluation. J Res Pharm Pract. 2017 Apr-Jun;6(2):106-113.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, prospective dans un hôpital de soins tertiaires à Londres, Royaume-Uni.
  • L’étude inclut les patients âgés de plus de 18 ans étant admis à l’hôpital dans le service de médecine (n=118 patients) et de chirurgie (n=85 patients) entre le 23 mai 2016 et le 8 juin 2016. Les pharmaciens étaient présents dans le service de médecine à chaque tour médicaux matin et soir. Les pharmaciens en chirugie étaient présents au tour sans précision de fréquence.
  • L’intervention du pharmacien consistait à analyser chaque nouvelle prescription antithrombotique  et leur réévaluation 24H en fonction :
    • des données démographiques des patients,
    • de l’indication,
    • des molécules prescrites (médicaments, dosage, fréquence)
    • et la pertinence du traitement retenu en regard de l’estimation des risques de thromboses et de saignements.
  • Les prescriptions sont évaluées appropriées ou inappropriées selon ce schéma décisionnel :
    • problème de type I = bonne indication mais pas de traitement préventif,
    • problème de II = bonne indication avec un traitement préventif mais médicament non approprié,
    • problème de III = bonne indication avec un traitement préventif mais dose ou fréquence de traitement inappropriée,
    • problème de IV = traitement préventif prescrit sans indication.

 

  • L’estimation du risque thrombotique à l’admission et la pertinence de la thérapie mise en place étaient significativement plus appropriées dans le groupe de patients en service de médecine qu’en service de chirurgie : Estimation du risque : 70.3 vs 42.4%, p<0.001 et Pertinence :  80.5% vs 68.2%, p=0.045
  • La réévalauation du risque thrombotique à 24H était, au contraire significativement plus appropriée dans les services de chirurgie (60.3%vs 23.8%  , p<0.001). L’étude rapporte que 24h après l’admission seulement 22 patients (10,8%) reçoivent une évaluation des risques appropriée par les médecins sans l’intervention des pharmaciens. Mais 108 patients (53.2%) n’ont aucunement reçu de réévaluation du risque ni par le médecin, ni par le pharmacien à 24H.

 

  • Les pharmaciens ont détecté 50 prescriptions inappropriées parmi lesquelles 39 interventions (78%) ont été prises en compte par le médecin :
    • 26 cas de problème de type I :  19 interventions pour la prescription d’un traitement prophylactique manquant,
    • 6 cas de problème de II : 6 interventions de recommandations de changement de thérapie,
    • 13 cas de problème de III : 13 interventions concernaient des problèmes de dose ou de fréquence d’administration
    • 5 cas de problème de IV : une intervention pour l’arrêt de traitement.

 

  • Une analyse pharmaco économique a été faite pour estimer les coûts économisés en regard de la dépense évitée par la survenue d’un événement indésirable selon les situations I, II, III, IV . A partir d’études précédentes, la probabilité de survenue de thrombose était estimé à 0.1 dans les services de médecine et à 0.4 en chirurgie. La probabilité de survenue de saignement était de 0.01. Cette estimation prend en compte également les salaires des pharmaciens, le temps passé pour l’intervention et le cours des coûts pendant l’étude.
  • Les bénéfices nets estimés s’élèvent à 1 286,23£ pendant la durée de l’étude (2 semaines): Coûts économisés par le programme (+1 527,51£) et coûts de réalisation du programme (-241,28£). Le bénéfice annuel est estimé à 514 522£.

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise de l’anticoagulothérapie sont bien documentés. Nous avons recensé plusieurs études indexées démontrant une diminution de coûts suite à l’intervention du pharmacien dans le suivi de l’anticoagulothérapie : PMID10610013, PMID15338843
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Anticoagulothérapie

Ce qu’on se pose comme questions

  • Un recueil continu de données et sur une période plus étendue pourrait il montrer des résultats plus exhaustifs ?
  • Quelle a été l’incidence d’évenements indésirables dans l’étude ?
  • L’estimation des coûts est elle assez robuste ?
  • L’incidence serait elle la même dans une population plus jeune ? Est ce un axe à analyser ?
  • Quelle était la fréquence de participation au tour du pharmacien en chirurgie ?
  • Pourquoi la réévaluation du risque thrombotique 24H après l’admission reste elle encore si basse dans les deux services ?
  • L’échantillon est il assez grand et assez homogène ? (92 patients > 60 ans dans les services de médecine vs 36 dans les services de chirurgie)

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Effectuer la réévaluation du risque thrombotique à l’admission sans oublier celle 24 H après l’admission et mieux encore essayer de réaliser un suivi hôpital/ville lorsque nécessaire.
  • Partager davantage votre rôle et vos retombées sur l’importance de l’implication du pharmacien dans la prise en charge et le suivi de l’anticoagulothérapie.
  • La majorité des interventions porte sur l’abscence de mise en place de traitement alors qu’indiqué justifiant l’importance du pharmacien à contribuer à l’anticoagulothérapie.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

Publication  : 04/12/2017

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Quel est l’impact du pharmacien sur les erreurs et les opportunités manquées de vaccination en pédiatrie ?

Diapositive1 final

Wise KA, Sebastian SJ, Haas-Gehres AC, Moore-Clingenpeel MD, Lamberjack KE. Pharmacist impact on pediatric vaccination errors and missed opportunities in the setting of clinical decision support. J Am Pharm Assoc (2003). 2017 May – Jun;57(3):356-361.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude randomisée contrôlée prospective au sein de deux cliniques pédiatriques de soins primaires (clinique intervention et clinique contrôle), Nationwide Children’s Hospital, Columbus, Ohio, États-Unis.
  • La clinique intervention dispose d’un pharmacien à temps plein participant aux décisions cliniques contrairement à la clinique contrôle.
  • Évaluation des erreurs et des opportunités de vaccinations sur 504 consultations pédiatriques par clinique pendant une période de trois mois en 2015.
  • L’intervention du pharmacien a consisté à évaluer pour toute consultation, l’admissibilité des patients pédiatriques aux possibilités de vaccination et élaborer un plan de vaccination spécifique,communiqué au médecin. Le motif de consultation, le statut du médecin ayant pris en charge le patient (résident ou médecin), le nombre et le type de vaccins déjà administrés, les erreurs de vaccination (p.ex. doses administrées avant l’âge recommandé, rappel effectué trop tôt, rappel non nécessaire) et les opportunités de vaccination manquées à la date de la rencontre ont été recueillis pendant l’étude.
  • L’étude a évalué les erreurs et opportunités pour 13 vaccins en dehors de la saison grippale.
  • Suite à l’évaluation des dossiers, le pharmacien a élaboré les recommandations de vaccination auprès des médecins de façon orale ou via le dossier patient informatisé.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution des erreurs de vaccination dans la clinique intervention : zéro erreur contre deux. Les erreurs concernaient l’injection d’une dose non nécéssaire pour le vaccin contre le tétanos/diphtérie et le rotavirus
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution du nombre d’opportunités de vaccination manquées  : 42 opportunités manquées dans la clinique intervention contre 80 dans la clinique contrôle. La différence est significative entre les groupes pour une opportunité de vaccination manquée concernant au moins un vaccin : 51 opportunités manquées dans la clinique intervention contre 30 dans la clinique contrôle. (p=0.015). Ces opportunités manquées étaient significativement plus importantes pour les vaccins contre le tétanos/diphtérie/pertussis, l’hépatite A et le pneumocoque.
  • Dans l’étude:
    • Les patients âgés de 7 à 10 ans(Odds ratio:5.65;0.255-1.772) suivis des 11 à 18 ans(Odds ratio:2.75;1.379-5.483) sont significativement plus à risque d’avoir une opportunité manquée de vaccination,
    • Les patients qui consultent pour un état de santé alteré sont également significativement plus à risque d’avoir une opportunité manquée de vaccination (Odds ratio:2.467; 1.451-4.194).

Ce que nous savions déjà :

  • Les rôles et retombées du pharmacien concernant la vaccination en pédiatrie sont peu documentés. Nous avons recensé quelques études indexées dont PMID24860867 et PMID28677269.
  • Toutefois, de nombreux articles parlent des rôles et des retombées du pharmacien concernant la vaccination et la population générale. On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la vaccination.

Ce qu’on se pose comme question :

  • L’étude n’a pas distinguée les enfants considérés comme étant à haut risque.  QQuel est l’impact du pharmacien dans cette population plus fragilisée ?
  • Quel est l’impact du pharmacien lors de la saison grippale ?
  • Quel est la part des opportunités manquée associée aux refus parentaux ?
  • Les erreurs d’administration n’ont pas été prises en compte, cette donnée méritrait -elle d’être analysée ?
  • Un étude similaire dans un établissement gériatrique montrerait elle les mêmes résultats ? Même questionnement pour les populations souffrant de maladies chroniques.

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Fournir des données probantes sur la sécurité des vaccins.
  • Sensibiliser la population sur l’importance de la vaccination.
  • Connaitre le calendrier vaccinal et ses mises à jour.
  • Documenter le statut vaccinal des patients.
  • Identifier les patients à risques et contacter au besoin les professionnels de santé impliquées dans la vaccination.
  • Assurer un suivi des patients nécessitant des rappels de doses.
  • Mettre en place une étude interne avec un pharmacien  afin de confirmer ou infirmer les résultats de cette étude.

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 04 juillet 2017

Le pharmacien communautaire favorise t’il le bon usage des AINS chez les personnes âgées?

Diapositive1

Bear MD, Bartlett D, Evans P. Pharmacist Counseling and the Use of Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs by Older Adults. Consult Pharm. 2017 Mar 1;32(3):161-168.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective réalisée dans une pharmacie communautaire dans le Massachussetts, États-Unis.
  • L’étude se déroule du 1er septembre au 31 décembre 2015 et inclus 83 patients âgés de 60 ans et plus.
  • L’objectif de l’étude est de déterminer l’impact de la revue de médication pour la détection et l’usage des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) chez les personnes âgées.
  • Parmi les 83 patients inclus, 39 ont recourt aux AINS.
  • Sur la base d’un questionnaire construit préalablement, pharmaciens et étudiants en pharmacie ont évalué  :
    • si la consommation était appropriée ou non,
    • la présence d’interactions médicamenteuses (IACE, Sartan, diurétique, aspirine, IPP et anti-H2)
    • la présence de comorbidités (insuffisance cardiaque, hypertension, ulcère ou saignement gastrique, insuffisance rénale)
  • Les pharmaciens ont également demandé aux patients s’ils avaient reçu des conseils antérieurs sur les AINS provenant d’autres professionnels de la santé.
  • Les pharmaciens ont ensuite donné des informations générales sur les risques associés aux AINS comme les effets indésirables, les indications approuvées.
  • Un suivi téléphonique a été réalisé après 4 à 20 semaines afin d’évaluer l’impact de l’intervention.

 

  • Parmi les 39/83 (47%)  patients consommant des AINS,  28/39 (71,8%) patients le faisaient de façon inappropriés.
  • Après l’intervention du pharmacien, le nombre de patients ayant un usage inapproprié a diminué et ne concerne plus que 19/39 patients (48,7%).
  • Parmi les 18 patients qui ont bénéficié du suivi téléphonique, 13 (72,2%) avaient une meilleure compréhension des risques associés aux AINS et 15 (83,3%) recommanderait à d’autres patients de bénéficier des conseils du pharmacien sur les AINS.

 

  • Sur les 83 patients inclus dans l’étude, 37 (44,6%) n’ont jamais reçu de conseils pharmaceutiques sur les AINS dont 20 patients sur les 39 identifiés utlisateurs d’ AINS.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en gériatrie sont relativement bien documentés. Plusieurs études ont été publiés sur la prise en charge des patients gériatriques par le pharmacien PMID11443021PMID17493184PMID22642783
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la gériatrie.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’intervention ne devrait elle pas cibler un public plus large puisque des AINS sont disponibles en vente libre ?
  • Quels sont les impacts de cette intervention à long terme sur les prescriptions et la consommation des AINS en vente libre?
  • Quels sont les impacts de cette intervention sur les motifs de consultations médicales ou aux urgences ?
  • Les résultats de l’étude seraient-ils identiques si l’échantillon de patients était plus grand ou avec un groupe contrôle?
  • La détection d’interactions médicamenteuses n’a porté que sur les IACE, Sartan, diurétique, aspirine, IPP et anti-H2. Qu’en est il des autres interations auprès de cette population polymédicamentée. (Anti-aggrégrant plaquettaire, corticoides, ISRS).
  • Quel était le motif de consommation des AINS afin d’identifier un profil ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Individualiser toute prise en charge des patients en regard des facteurs de risque individuels,  du profil de sécurité d’emploi propre à chaque AINS et des préférences personnelles du patient.
  • Promouvoir l’usage des AINS à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte possible et réévaluer régulièrement la nécessité et l’efficacité des prescriptions.
  • Faire un conseil complet sur les AINS chez les personnes âgées et leur entourage en raison des comorbidités et de la polymédication.
  • Assurer le suivi des patients pour détecter la survenue d’effets indésirables.
  • Sensibiliser les patients aux dangers potentiels liés aux médicaments en vente libre.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 4 août 2017

Le pharmacien communautaire améliore t’il l’adhérence et la qualité de vie des patients psychiatriques ?

McMillan SS, Kelly F, Hattingh HL, Fowler JL, Mihala G, Wheeler AJ. The impact of a person-centred community pharmacy mental health medication support service on consumer outcomes. J Ment Health. 2017 Jul 4:1-10.

 

20170807 visual abstract - McMillan

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, prospective dans 100 pharmacies communautaires dans 3 états d’Australie.
  • L’étude inclut 418 patients âgés de plus de 18 ans, autonomes à domicile, entre octobre 2013 et novembre 2014, ayant un traitement pour une maladie psychiatrique commune (anxiété, dépression) ou une autre maladie psychiatrique suivis par un médecin généraliste pour lesquelles ont été identifié des problèmes liés aux médicaments. 295 patients ont completé le programme intégralement.
  • L’intervention du pharmacien consistait à offrir un suivi de 3 à 6 mois aux patients grâce à des entretiens physiques, téléphoniques ou parfois par courriel selon un programme de 6 étapes comprenant l’identification, la prévention, la gestion des problèmes liés aux médicaments, la promotion de bonnes habitudes de vie, un plan de traitement personnalisé.
  • La fréquence de suivi des patients varie entre 0 et 23 entrevues par patients.
  • La majorité d’entre eux (231/416) a bénéficié de 2 entrevues et plus, majoritairement en face à face (640/778) suivi par des appels téléphoniques (130/778) .
  • Sur la base de 2 entrevues, le temps moyen passé par le pharmacien pour réaliser l’intégralité de l’intervention est de 110 minutes.
  • L’intervention du pharmacien est associée à une amélioration significative du score moyen de satisfaction global  (T1 : 80.9 vs T2: 84.2 avec n=286, p<0,001) et du score de l’efficacité du traitement (T1 : 74.8 vs T2: 78.8, avec n=276, p<0,001) tous deux mesurés par l’outil Treatment Satisfaction Questionnaire for Medication (TSQM).
  • L’intervention du pharmacien est associée à une amélioration significative du score moyen de perception de la maladie mesuré par
    • L’outil Brief Illness Perception Questionnaire (BIPQ):  T1:44.8 vs  T2: 38.8, p<0.001.
    • L’outil  Short Form 12 Health Survey (SF-12) pour la composante mentale:  T1:49.3 vs T2:46.1, avec n= 267, p<0.001. Aucun changement n’a été constaté dans la composante physique entre T1 et T2.
  • A 6 mois, on note également une diminution des patients avec une basse adhérence (n=158, 56,6% vs n=121, 43,4%), et une augmentation des patients avec une moyenne adhérence (n=106, 42,4% vs n=144, 57,6%) (p=0,005) évalué avecle Modified Morisky Medication Adherence (MMMAS).
  • Le service offert a reçu une statisfaction positive (278/283) rapporté comme étant moteur de motivation (222/284), moteur d’autonomie pour la gestion de la maladie (222/284).

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise des patients psychiatriques sont bien documentés. Nous avons recensé des articles indexés montrant une augmentation de l’adhérence médicamenteuse chez les patients psychiatriques dans les pharmacies communautaires (PMID15812103) et dans des centres hospitaliers (PMID12185826, PMID19933540).
  • Nous avons recensé deux études indexées démontrant simultanément l’augmentation de l’adhérence médicamenteuse et la satisfaction des patients par rapport à leur traitement : PMID26376830, PMID14524649
  • Une étude révèle la satisfaction des patients psychiatriques de l’intervention des pharmaciens communautaires pour la prise en charge de leur maladie : PMID12480116
  • On remarque également une amélioration des connaissances et croyances des patients envers leur maladie psychiatrique dans une étude : PMID15991756
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Psychiatrie

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les résultats de cette étude sont-ils généralisables à tous types de maladies psychiatriques ?
  • La mesure de l’adhérence médicamenteuse confirmée avec les renouvellements de prescriptions présenterait elle les mêmes résultats?
  • Quel est l’effet à plus long terme ?
  • Le résultat est il plus optimal avec les entrevues physiques ou téléphoniques ?
  • Le recours à un groupe contrôle aurait il donné les mêmes résultats ?
  • Quel est le coût associé à ce service et son impact en terme de consultations chez le spécialiste ou les visites aux urgences ?
  • Les chercheurs n’ont pas décrit ni le diagnostic, ni la date ni les traitements rendant la population hétérogène.

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Implanter des suivis des patients psychiatriques dans vos pharmacies communautaires ( téléphoniques ou face-à-face) et insister lors de l’initiation des traitements.
  • Disposer d’un espace dédié à l’entrevue avec les patients.
  • Utiliser des outils, lors des suivis, pour évaluer les perceptions, les satisfactions des patients et mesurer l’efficacité des traitements. Les questionnaires pourraient être remplis en salle d’attente.
  • Lire davantage sur les rôles et retombées du pharmacien dans cette population.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

Publication  :

Comment communiquer efficacement nos interventions pharmaceutiques aux prescripteurs ?

Renaudin P, Esteve MA, Berbis J, Delorme J, Pisano P, Honore S. Les interventions pharmaceutiques dans un centre hospitalier universitaire: influence du mode de transmission sur leur acceptation par le prescripteur, 2016. Le Pharmacien Hospitalier et Clinicien51(1), 2-8.

20171107 Renaudin 

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude observationnelle rétrospective, conduite à l’Hôpital de la Timone, Marseille, France.
  • Objectif : Déterminer quel mode de transmission de l’intervention pharmaceutique (IP) a le plus d’impact sur son acceptation par le prescripteur.
  • Recueil de 1159 IP collectées dans la base de données dont 723 incluses dans l’étude, entre 2014 et 2015 et analysées grâce au logiciel Act-IP®.
  • Une IP est considérée comme acceptée lorsque le prescripteur a modifié la prescription conformément à l’IP dans un délai maximum de 48h.
  • Le mode de transmission de l’IP est classé selon 4 catégories : oral, appel téléphonique, appel téléphonique + logiciel d’aide à la prescription, logiciel d’aide à la prescription.
  • 571/723 (79%) IP ont été acceptées VS 152/723 (21%) refusées.
  • Le mode de transmission des IP impliquait le logiciel d’aide à la prescription (587/723, 81,2%), un appel téléphonique en supplément de l’IP rédigée sur le logiciel de prescription (83/723, 11,5%), une transmission orale (30/723, 4,1%) et un appel téléphonique seul (23/723, 3,2%).
  • L’acceptation des IP est analysée selon le statut du pharmacien (interne ou sénior), du statut du prescripteur (interne ou sénior), la nature de l’IP (problèmes médicamenteux, recommandations), le mode de transmission, les services, au problème éventuel lié à l’informatique. L’analyse multivariée ajustée au service et au type de recommandation montre que le taux d’acceptation des IP était plus important si elle était transmise oralement (p = 0,041) ou par appel téléphonique + suivi transmission logiciel (p = 0,001).
  • L’analyse univariée des autres facteurs associés à l’acceptation des IP n’a pas montré de différence statistiquement significative.
  • Les principaux types de problèmes nécessitant une IP (surdosage (37,6,2%), non-conformités aux référentiels et contre-indication (16,2%), voies et/ou administration
    inappropriées (14,1%) , médicaments non indiqués (10,2%) ) sont semblables,en fréquence, aux données de la littérature.

Ce que nous savions déjà :

Ce qu’on se pose comme question :

  • L’acceptation des IP par le prescripteur pourrait être également due au caractère plus ou moins urgent et/ou majeur de l’IP, incitant le pharmacien à la transmettre oralement. Cela constitue-t-il un biais important ?
  • 31,6% des IP liées à l’informatique concernaient un surdosage surtout à cause d’un doublon de ligne de prescription et 32,6% liées à un sous-dosage surtout à cause d’une erreur d’unité de dose, quels sont les moyens mis en oeuvre pour réduire la part des erreurs informatiques ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Promouvoir les avantages de la communication orale entre le pharmacien, le médecin et les autres professionnels de santé. 
  • Participer aux tournées cliniques pour véhiculer une image de disponibilité du pharmacien.
  • Tracer et analyser les IP du pharmacien. ( p.ex outil Act-IP®).
  • Éduquer les professionnels de la santé à l’utilisation des logiciels.
  • Optimiser la qualité des outils informatiques pour réduire la part des erreurs de prescription par doublons ou unités de dosage.

 

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 28 juillet 2017

L’impact du pharmacien dans la prescription des opioïdes en médecine dentaire

20170620 Visual Abstract - Opioid in dental practice

Stewart A, Zborovancik KJ, Stiely KL. The impact of pharmacy services on
opioid prescribing in dental practice. J Am Pharm Assoc (2003). 2017 Mar –
Apr;57(2S):S78-S82.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective dans une clinique dentaire sans frais pour les patients ayant un faible accès aux soins médicaux à Pittsburgh aux États-Unis.
  • L’étude se déroule de janvier 2010 à mars 2016 et inclus 102 prescriptions d’opioïde pour 89 patients.
  • Les pharmaciens sont intégrés soit complètement, partiellement ou aucunement avec les dentistes.
    • Intégration complète, le pharmacien collabore avec le dentiste pour la rédaction de toutes les prescriptions.
    • Intégration partielle, le dentiste a accès au pharmacien en cas de besoin.
    • Sans intégration, le dentiste est complètement indépendant.
  • Le taux de prescription d’opioïdes est analysé selon l’intégration du pharmacien incluant une analyse plus fine de l’adhérence des prescriptions d’opioïdes aux politiques de bon usage de la clinique. Le taux d’erreurs sur les prescriptions est également évalué.

 

  • L’intégration du pharmacien de façon complète ou partielle a permis de réduire significativement le taux de prescription des opioïdes : 0,5 prescriptions/100 contenait des opioïdes avec l’intégration du pharmacien tandis que 1,8 prescriptions/100 en contenait en l’absence du pharmacien. Les dentistes étaient 81% moins portés à prescrire des opioïdes lorsque le pharmacien était complètement intégré dans son travail.
  • Aucune différence significative n’a été trouvée dans l’adhésion à la politique sur les opioïdes de la clinique (limite d’une quantité pour 48h). En effet, 5 ordonnances rédigées en présence du pharmacien et 13 ordonnances en son absence ne respectaient pas la politique.
  • Il n’y a pas de différence significative non plus dans le taux d’erreurs sur les prescriptions. Au total, 20 prescriptions contenaient des erreurs dont 13 étaient rédigées par des dentistes sans intégration du pharmacien.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge de la douleur sont relativement bien documentés. D’autres études sur la gestion des opioïdes ont été publiés PMID28292501PMID24246213
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la douleur

Ce qu’on se pose comme question

  • Quel est l’impact clinique associé à la réduction de l’utilisation des opioides?
  • Quelle est la place réelle du pharmacien dans la pratique dentaire?
  • Comment mettre en place une telle collaboration?
  • Dans le contexte actuel de la crise des opioïdes, qu’est-ce que le pharmacien peut faire pour augmenter la responsabilisation des prescripteurs?
  • Sachant que le dentiste est l’un des plus grand prescripteur d’opioïdes chez les enfants et adolescents, quel serait l’impact du pharmacien sur la prescription d’opioïdes pour cette population?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir la prescription d’analgésiques alternatifs aux opioïdes.
  • Sensibiliser les patients aux risques de dépendance.
  • Sensibiliser les patients aux effets indésirables.
  • Collaborer davantage avec les autres professionnels afin d’éviter une sur-prescription d’opioïdes et conduire une activité de déprescription.
  • Amorcer une réduction graduelle de la dose chez les patients sous opioïdes en proposant un soutien multidisciplinaire lorsque le sevrage progressif est difficile.
  • Repérer les patients ayant des antécédents d’abus et de dépendance liés à l’usage de drogues ou une maladie mentale active et leur éviter une exposition aux opioïdes.

 

 

 

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 19 juin 2017

Les rôles et retombées du pharmacien en format résumé visuel

Appelé également visual abstract ou graphical abstract, le résumé virtuel présentera dorénavant de façon simplifié le contenu, les messages et les résultats clés de l’étude.

Ce mode de dissémination des résultats de recherche innovant propose de réduire au maximum l’utilisation des mots en faveur d’éléments visuels comme des images, des symboles, des graphiques afin de communiquer les résultats scientifiques d’une étude.

L’unité de Recherche en Pratique Pharmaceutique a intégré pour chacun de ces travaux mais aussi pour chacunes des études bloguées, la conception et la production d’un résumé visuel afin de permettre un partage plus large de la recherche et adapté aux médias sociaux.

Ce nouveau moyen pour véhiculer une information scientifique fait suite aux travaux d’Apolline Adé qui a exploré le knowledge transfer ou l’application des connaissances dans le cadre de sa thèse pour le doctorat en pharmacie.

 

Exemple de Visual Abstract portant sur les biosimilaires:

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