Quel impact a la réconciliation médicamenteuse sur les écarts médicamenteux non intentionnels cliniquement significatifs ?

Kwan JL, Lo L, Sampson M, Shojania KG. Medication reconciliation during transitions of care as a patient safety strategy: a systematic review. Ann Intern Med. 2013 Mar 5;158(5 Pt 2):397-403.

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique et méta-analyse.
  • L’objectif était de résumer et d’analyser les données concernant l’impact de la réconciliation médicamenteuse sur les divergences médicamenteuses non intentionnelles cliniquement significatives (i.e erreurs lors de la represcription des médicaments pris habituellement par le patient et entraînant un événement indésirable), le nombre de visites aux urgences et de ré-hospitalisation dans les 30 jours suivant la sortie du patient.
  • Cette revue systématique a été réalisée à partir des bases de données MEDLINE, EMBASE et the Cochrane Central Register of Controlled Trials. Deux auteurs ont évalué indépendamment l’éligibilité des articles trouvés. Les désaccords ont été résolus par discussion, et un troisième auteur est intervenu si besoin. Les risques de biais ont été évalués grâce à l’outil the Cochrane Collaboration’s tool for assessing risk of bias et une méta-analyse a été réalisée à l’aide de Comprehensive Meta-Analysis (Biostat, Englewood, New Jersey). Les résultats des études de devis différents ont été rapportés sous forme d’effet médian et d’interquartile à l’aide de Microsoft Excel (Microsoft, Seattle, Washington).
  • Revue incluant 18 articles publiés entre 2004 et 2012 : issues de deux pays : Canada (cinq études avec une évaluation  post-intervention seule) et États-unis (5 études randomisées contrôlées, 1 étude quasi-randomisée, 3 études avant-après, 4 études post-intervention)
  • Des études d’autres pays ont été identifiées dans la recherche mais remplissaient des critères d’exclusion (i.e Etudes ne rapportant que la signification clinique des écarts identifiés, études ne distinguant pas les écarts intentionnels des non-intentionnels par une communication directe avec l’équipe médicale lors de changement de médicament.
  • La proportion médiane des divergences non intentionnelles ayant une signification ou répercussion clinique a été de 34% (interquartile : 28%-49%).
  • La proportion médiane des patients ayant au moins une divergence cliniquement significative a été de 45% (interquartile : 31%-56%).
  • Parmi les études évaluant l’effet de la réconciliation médicamenteuse sur la signification clinique des divergences non intentionnelles, seulement deux étaient des études randomisées contrôlées
  • Dans la première étude randomisée contrôlée, Schnipper et al. n’ont pas montré de différence significative quant au nombre d’effets indésirables entre le groupe intervention et le groupe témoin.
  • Dans la seconde étude randomisees contrôlée, Schnipper et al. ont montré une diminution relative de la survenue d’effet indésirable de 0,72 [95% CI, 0.52 to 0.99] grâce à la création de liste de médicaments de pré-admission pour faciliter la réconciliation. La différence est significative dans un seul des deux centres impliqués: 0.72 [CI, 0.52 à 0.99] (le second: 0.87 [CI, 0.57 à 1.32])
  • Trois études randomisées contrôlées ont rapporté une diminution du nombre de visites aux urgences et de ré-hospitalisations : réduction de 23% [CI, 5% à 37%]

Ce que nous savions déjà

  • Trois autres études évaluant des indicateurs de retombées similaires soit les effets indésirables liés aux divergences médicamenteuses ont déjà été identifiés dans le cadre du projet Impact Pharmacie : PMID22819386  PMID22819386 PMID17062324
  • En particulier, quatre autres revues systématiques focalisées sur ce thème ont été identifiées lors de l’ajout des revues systématiques et méta-analyses sur la page données du site soit : PMID22733210  PMID22242793 PMID21511543 PMID19737997

Ce qu’on se pose comme question

  • L’inclusion d’articles de la littérature grise aurait-elle modifiée les conclusions de cette revue systématique? Le nombre de résultats pouvant être poolés pour conduire la méta-analyse aurait-il été plus grand et donc modifié les conclusions?
  • N’aurait-il fallu inclure que les articles considérant le même paramètre principal que cette revue soit les divergences non intentionnelles cliniquement significatives?
  • Comment évaluer l’impact de la réconciliation médicamenteuse seule sur le risque d’erreurs médicamenteuses ayant une signification clinique, sur le nombre de ré-hospitalisations ou de visites aux urgences?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre en place un processus de réconciliation médicamenteuse si possible :
  • Déterminer qui réalise le bilan médicamenteux (infirmière, pharmacien, étudiant…)
  • Identifier les sources possibles et pertinentes d’informations (interrogatoire du patient, ordonnance à l’entrée, pharmacie communautaire/ d’officine…)
  • Mettre en place un processus efficient pour obtenir une information fiable et rapidement
  • Processus fait de préférence à l’arrivée et à la sortie
    • Si déjà existant, évaluer ses pratiques pour discuter des points à améliorer si besoin.
    • En cas d’évaluation de l’impact, un suivi au-delà de la période classique des 30 jours post- sortie serait intéressant.
    • Dans le cas d’une étude de recherche évaluative, il est important de bien détailler la méthode de réconciliation employée.

Auteurs : Mylène Breton

Relecteur: Aurélie Guérin, Jean-François Bussières

Création : 02 mars 2015

Publication : 18 mars 2015

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