Quelles sont les retombées d’un suivi du pharmacien en contexte post-infarctus?

Ho PM, Lambert-Kerzner A, Carey EP, Fahdi IE, Bryson CL, Melnyk SD, Bosworth
HB, Radcliff T, Davis R, Mun H, Weaver J, Barnett C, Barón A, Del Giacco EJ.
Multifaceted intervention to improve medication adherence and secondary
prevention measures after acute coronary syndrome hospital discharge: a
randomized clinical trial. JAMA Intern Med. 2014 Feb 1;174(2):186-93.

Ce que cette étude nous apprend

  • Essai randomisé contrôlé multicentrique mené aux États-Unis.
  • 253 patients admis pour syndrome coronarien aigu dans 4 centres hospitaliers américains affiliés au système de santé des Veterans Affairs.
  • Les patients ont été recrutés au moment du congé. Tous les patients ont reçu les soins usuels au congé (dépliants éducatifs, conseils sur la modification des habitudes de vie, coordonnées des intervenants, liste de médicaments). Les 129 patients randomisés dans le groupe contrôle ont fait l’objet de quatre interventions du pharmacien d’hôpital : 1) bilan comparatif des médicaments réalisé en clinique externe ou au téléphone, 7-10 jours post-congé; 2) séances d’éducation thérapeutique à une semaine et à un mois post-congé; 3) établissement d’un canal de communication entre le pharmacien et le médecin du patient; 4) rappels téléphoniques automatisés mensuels à propos de l’observance et des renouvellements. L’observance a été mesurée à 12 mois selon la fréquence de renouvellements pour les statines, les béta-bloquants, les IECA/ARA et le clopidogrel. La tension artérielle et le LDL-C ont été mesurés au congé et à 12 mois post-congé. Les coûts ont été mesurés dans la perspective du système de santé des Veterans Affairs.
  • Le nombre de patients pour qui les jours de traitement servis dépassait 80% était plus élevé chez les patients du groupe intervention que les patients du groupe contrôle pour les statines (p<0.001), pour les IECA/ARA (p=0.03), pour le clopidogrel (p=0.03) et pour les médicaments de cardiologie en général (p=0.003).
  • Le nombre moyen de jours de traitement servis était plus élevé chez les patients du groupe intervention que chez les patients du groupe contrôle pour les statines (p<0.001), pour les IECA/ARA (p=0.005), pour le clopidogrel (p=0.03) et pour les médicaments de cardiologie en général (p<0.001).
  • Il n’y avait pas de différence à 12 mois entre les deux groupes concernant la mortalité (p=0.86), le nombre de récidives de syndromes coronariens aigus (p=0.60), au niveau de la diminution moyenne de tension artérielle systolique (p=0.07) et diastolique (p=0.39) ni au niveau de la diminution moyenne des LDL-C (p=0.9).
  • Il n’y avait pas de différence à 12 mois entre les deux groupes au niveau des coûts moyens en soins hospitaliers, en soins ambulatoires, en interventions du pharmacien et en médicaments cardiaques (p=0.56).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans l’infarctus du myocarde sont relativement bien documentés. Dans ce contexte, plusieurs activités pharmaceutiques ont été relevées dans la littérature, telles que les bilans comparatifs des médicaments, l’évaluation de la pharmacothérapie, les conseils individuels aux patients ou encore la surveillance de la pharmacothérapie.
  • Cinq études rapportent des retombées positives du pharmacien en infarctus du myocarde au niveau de la mortalité PMID19558249 PMID17896892 PMID20973686 PMID17896892 PMID20973686 . Une étude rapporte les retombées neutres du pharmacien en infarctus du myocarde au niveau des LDL-C et de la tension artérielle PMID19670953.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Infarctus du myocarde».

Ce qu’on se pose comme questions

  • À quel point les jours de traitement servis reflètent-ils la consommation réelle et telle que prescrite des médicaments visés?
  • Les résultats sont-ils généralisables à la population hors du système de santé des Veterans Affairs, vu le taux de patients de sexe masculin à 98%?
  • Les résultats de tension artérielle et de LDL-C auraient-ils été plus concluants si l’intervention était réservée aux patients connus comme inobservants à leurs traitements?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Établir des canaux de communication solides entre les médecins et les pharmaciens afin de convenir d’un suivi régulier des résultats de laboratoires importants.
  • Proposer des stratégies de renforcement de l’observance aux patients de votre milieu de pratique, incluant des rappels téléphoniques automatisés et/ou des séances d’éducation thérapeutique sur rendez-vous.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 11 juin 2015

Publication : 23 septembre 2015

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