Quelles sont les retombées des conseils du pharmacien au congé chez les patients diabétiques?

Shah M, Norwood CA, Farias S, Ibrahim S, Chong PH, Fogelfeld L. Diabetes transitional care from inpatient to outpatient setting: pharmacist discharge counseling. J Pharm Pract. 2013 Apr;26(2):120-4. 

Ce que cette étude nous apprend

  • Essai randomisé contrôlé mené à l’hôpital John H. Stroger Jr. du comté de Cook, à Chicago dans l’état de l’Illinois (États-Unis).
  • Échantillon de 130 patients, hospitalisés avec un diagnostic de diabète de type 2 depuis au moins 1 an et avec une hémoglobine glyquée (HbA1c) d’au moins 8.0% à l’admission.
  • Les participants du groupe contrôle recevaient les soins usuels au congé, c’est-à-dire du matériel éducatif imprimé portant sur le diabète ainsi qu’une séance d’éducation thérapeutique menée par une infirmière. Cette séance durait de 5 à 30 minutes et portait sur la gestion des hypoglycémies, des jours de maladies, de l’observance et de l’utilisation du glucomètre. Les participants du groupe intervention étaient reçus en entrevue individuelle avec le pharmacien d’hôpital pour une séance d’éducation thérapeutique. Cette séance durait de 30 à 45 minutes et portait sur les doses et l’efficacité des médicaments ainsi que sur les hypoglycémies, les saines habitudes de vie, la réduction des risques de complications et le renforcement de l’observance. Les patients du groupe intervention recevaient eux aussi les soins usuels au congé. Le niveau d’observance selon les jours de traitement servis a été mesuré à 30, 60, 90 et 120 jours après le congé. Les valeurs de HbA1c, de cholestérol à lipoprotéines de basse densité (LDL-C) et de tension artérielle ont été mesurées à la base et à 90 jours.
  • L’observance, mesurée selon le nombre de jours de traitement servis à la pharmacie communautaire, était significativement plus élevée dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle à 60 jours (p=0,016), à 90 jours (p=0,001) et à 120 jours (p=0,006) post-congé. La différence n’était pas significative à 30 jours (p=0,12) post-congé.
  • La diminution moyenne du taux de HbA1c à 90 jours post-congé était significativement plus forte dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle (p=0.002).
  • La diminution moyenne du taux de LDL-C à 90 jours post-congé était significativement plus forte dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle (p=0,001).
  • La diminution moyenne du taux de cholestérol total à 90 jours post-congé était significativement plus forte dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle (p=0,001).
  • Il n’y avait pas de différences significatives entre les deux groupes au niveau du nombre de patients ayant atteint leurs cibles de HbA1c à 90 jours post-congé (p=0,512), ni au niveau de la diminution moyenne de tension artérielle systolique (p=0,136), de tension artérielle diastolique (p=0,749) et de triglycérides (p=0,98) à 90 jours post-congé.
  • Le taux de présence aux rendez-vous de suivi prévus avec le médecin à 90 jours post-congé était significativement plus élevé dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle (p=0,01).

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Un suivi au-delà de 120 jours post-congé aurait-il permis d’observer des retombées positives durables à long terme?
  • Les valeurs d’HbA1c à la base plus élevées dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle (p=0,04) auraient-elles contribué à l’obtention de résultats positifs au niveau des diminutions d’HbA1c?
  • Les résultats positifs au niveau de l’observance auraient-ils été influencés par l’inclusion des patients pris en charge uniquement par le système de santé public, patients pour qui les médicaments sont moins coûteux?
  • La validité externe des résultats obtenus est-elle diminuée au vu de l’implication d’un seul pharmacien clinique dans l’intervention?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • En milieu hospitalier, assurer la complémentarité des conseils au congé de l’infirmière et du pharmacien afin d’éviter les répétitions et de couvrir l’ensemble des conseils importants.
  • En milieu communautaire, vérifier auprès des patients les éléments de conseils au congé à compléter et renforcer systématiquement l’observance dès le premier service.
  • Insister sur la prise de valeurs de laboratoire des patients diabétiques à 90 jours post-congé.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 19 juin 2015

Publication: 20 décembre 2016

 

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