Quel est l’impact du pharmacien dans le traitement de la MPOC?

Van Boven JF, Stuurman-Bieze AG, Hiddink EG, Postma MJ. Effects of targeting disease and medication management interventions towards patients with COPD. Curr Med Res Opin. 2015 Nov 17:1-11.

Ce que cette étude nous apprend

  • Il s’agit d’une étude de type avant-après sans groupe contrôle ni randomisation ayant pris place dans 20 pharmacies communautaires des Pays-Bas.
  • Cette étude avait pour objectif d’évaluer l’efficience et le ratio coût-efficacité de l’intervention COPD (Chronic Obstructive Pulmonary Disease) du Medication Monitoring and Optimization (MeMO) chez des patients atteints de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) en mesurant différents paramètres (contrôle de la maladie, dyspnée, exacerbations, qualité de vie, observance, coût) avant et après l’intervention.
  • Les 88 patients admis dans l’étude avaient reçu un diagnostic de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), prenaient un costicostéroïde oral, avaient une observance sous-optimale à leur médication et un score sur le Clinical CPOD Questionnaire (CCQ) supérieur à 1.
  • Les interventions des pharmaciens consistaient en des enseignements des bonnes techniques d’inhalation (89% des patients), de l’information sur les médicaments (98% des patients) ainsi que des entrevues motivationnelles pour optimiser l’observance au traitement (58% des patients) et pour encourager la cessation tabagique.
  • Les pharmaciens travaillaient aussi en interdisciplinarité avec le médecin, le physiothérapeute ou le nutritionniste pour proposer des doses ou des changements de médicaments ou d’inhalateurs, de l’activité physique ou une diète spéciale.
  • Les pharmaciens rencontraient leurs patients pour une consultation initiale puis pour une 2e consultation 3 mois plus tard. Les pharmaciens surveillaient aussi l’observance à l’aide des dossiers des patients à 6 et à 9 mois et rencontraient le patient au besoin. Dans certains cas (ex : modification de la dose ou de l’inhalateur), une consultation de suivi était prévue entre les 2 premières consultations.
  • Les données sur le contrôle de la maladie du patient et sur l’observance étaient compilées au bout d’un an. Certaines issues étaient aussi mesurées à 3 mois afin d’évaluer l’impact à court terme des pharmaciens.
  • Les résultats de l’étude rapportent une diminution significative du nombre d’exacerbations par patient par année (-0,82, IC 95% -1,28-0,36; p<0,05) ainsi qu’une amélioration significative de la composante mentale du contrôle de leur maladie (-0,32, IC 95% -0,55-0,10; p<0,05).
  • Le contrôle de la maladie en général s’est amélioré (-0,12, IC 95% -0,28-0,03) et les coûts associés ont diminué (-333€, IC 95% -849-182€) mais de manière non significative.
  • L’intervention du pharmacien n’a pas entrainé de changement important au niveau de la qualité de vie, de l’observance et de la dyspnée des patients.

 

Ce que nous savions déjà

  • Ce genre d’intervention est souvent plus bénéfique chez les patients ayant déjà des problèmes au niveau de l’observance au traitement.
  • D’autres interventions visant à optimiser l’observance des patients souffrant de MPOC ont démontré un impact favorable sur la fréquence des exacerbations ainsi que sur les coûts liés au traitement. Vous pouvez visiter la page Asthme/Allergie/Pneumologie et la page MPOC du site Impact Pharmacie pour en apprendre plus.
  • Les autres programmes du MeMO sur des conditions chroniques (ostéoporose, dyslipidémie) ont démontré un impact favorable sur l’observance, la satisfaction des patients ainsi que sur le ratio coût-efficacité.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Serions-nous arrivés à démontrer un impact favorable des interventions pharmaceutiques au niveau de l’observance et du contrôle de la maladie avec un échantillon plus grand?
  • Au cours de cette étude, les interventions ont été réalisées par des pharmaciens, des assistant-techniques en pharmacie et des consultants pharmaceutiques. On peut se questionner sur l’impact réel du pharmacien dans cette étude ou encore se demander si les résultats auraient été différents si seuls des pharmaciens avaient participé à l’intervention.
  • Est-ce que des interventions plus rapprochées (ex : tous les mois lors des renouvellements de la médication) auraient optimisées l’impact du pharmacien?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre en place en pharmacie un plan de suivi des patients atteints de MPOC en ciblant particulièrement ceux qui sont le plus à risque de non-observance.
  • Pour les patients atteints de MPOC et inobservants à leur thérapie pour qui il est mis en place une intervention, vérifier l’impact des suivis sur la fréquence des exacerbations de la maladie.
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