Le pharmacien peut-il réduire la mortalité dans une unité cardiologique?

Zhai XB, Gu ZC, Liu XY. Effectiveness of the clinical pharmacist in reducing mortality in hospitalized cardiac patients: a propensity score-matched analysis. Ther Clin Risk Manag. 2016 Feb 18;12:241-50. doi: 10.2147/TCRM.S98300. eCollection 2016. PubMed PMID: 26937196; PubMed Central PMCID: PMC4762444.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude quasi-randomisée contrôlée de type prospectif menée dans un hôpital universitaire de 60 lits en cardiologie affilié à l’université Shanghai Jiao Tong en Chine.
  • Échantillon de 15 197 patients divisés dans la phase I et II de l’étude.
  • Durant la phase I (2010 à 2012, 28 mois) de l’étude, les pharmaciens n’intervenaient pas lorsqu’il y avait des problèmes reliés à la thérapie. Par contre, durant la phase II (2012 à 2015, 36 mois), les pharmaciens intervenaient lorsqu’ils voyaient des problèmes médicamenteux pouvant nuire à l’atteinte des résultats, causer ou contribuer à la mortalité. Les erreurs recensées étaient liées à des incompatibilités intraveineuses, des interactions, des erreurs de dosage, à une mauvaise indication ou au mauvais usage des antibiotiques. Le pharmacien discutait de ces cas avec le cardiologue et toutes les interventions, qu’elles soient acceptées ou non, étaient notées. L’efficacité du pharmacien a été évalué en mesurant le nombre d’erreurs médicamenteuses pouvant contribuer ou causer la mortalité décelées par le pharmacien, le taux d’acceptation des recommandations par les médecins et les causes de mortalité durant la phase I et II. Les auteurs ont dû réaliser un score de propension pour ajuster les données des deux groupes dont la différence était statistiquement significative.
  • Durant les 36 mois de la phase II, le pharmacien a effectué 1541 interventions dont 1416 (92%) ont été acceptées par le médecin.
  • La mortalité toute cause confondue avant ajustement par score de propension était de 88/5703 (1,5%) dans le groupe contrôle et 89/9494 (0,9%) dans le groupe à l’étude (p=0,0005).
  • La mortalité toute cause confondue après ajustement avec score de propension était de 68/4000 (1,7%) dans le groupe contrôle et 40/4000 (1,0%) dans le groupe à l’étude (p=0,0074).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et l’impact du pharmacien en cardiologie sont bien documentés. Parmi les activités pharmaceutiques recensées, on note les conseils individuels aux patients, les réponses aux questions et le suivi de la thérapie.
  • Parmi les études démontrant un rôle positif du pharmacien en cardiologie on note: PMID21911628, PMID15338855
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse cardiologie.

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’article pourrait-il être généralisable à la population canadienne?
  • Des résultats similaires pourraient-ils être reproductibles étant donné la difficulté à démontrer un impact du pharmacien sur la mortalité?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité d’effectuer des études démontrant le rôle du pharmacien sur la mortalité.

Auteur: Marie-Ève Gendron

Création: 01/04/2016

 

 

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