L’impact du pharmacien en urgence sur le temps d’administration des antibiotiques

Moussavi K, Nikitenko V. Pharmacist impact on time to antibiotic administration in patients with sepsis in an ED. Am J Emerg Med. 2016 Jul 20. pii: S0735-6757(16)30426-0. doi: 10.1016/j.ajem.2016.07.031. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 27503060.

Ce que nous apprend cette étude

  • Étude observationnelle rétrospective réalisée en 2014 aux États-Unis.
  • 186 patients inclus dans l’étude soit 92 patients dans le groupe intervention et 94 patients dans le groupe contrôle.
  • L’objectif de l’étude est de déterminer si la présence du pharmacien clinicien dans le département d’urgence peut diminuer le temps entre la demande et l’administration des antibiotiques chez les patients adultes ayant un sepsis, un sepsis sévère ou un choc septique.
  • Une thérapie antibiotique instaurée rapidement est une méthode importante pour gérer les patients ayant un sepsis dans le département d’urgence. En effet, en agissant rapidement, le risque de mortalité et la durée d’hospitalisation sont réduits. Les lignes directrices du Surviving Sepsis Campaign (SSC) 2012 recommandent que les patients reçoivent un antibiotique à large spectre en dedans d’une heure lors de la reconnaissance d’un sepsis sévère ou d’un choc septique et en dedans de 3 heures lors de la reconnaissance d’un sepsis.
  • Dans cette étude, il y a 2 groupes: un groupe contrôle dans lequel le pharmacien n’est pas présent et un groupe intervention dans lequel les patients reçoivent des antibiotiques en présence du pharmacien.
  • Les responsabilités du pharmacien sont les suivantes: évaluation des prescriptions (vérification de la dose, voie d’administration, fréquence, le choix de la thérapie), offrir des services de consultation pharmaceutique, implanter et modifier des régimes médicamenteux, aider lors d’urgences médicales, développer des lignes directrices et protocoles, fournir des services de surveillance médicamenteuse, faciliter la préparation et la délivrance des médicaments, offrir de la formation auprès des infirmières, médecin et d’autres membres du département d’urgence.
  • Toutes les prescriptions sont rentrées dans la saisie informatique des ordonnances médicales (CPOE) et doivent être revues par le pharmacien lorsqu’il est présent. Les infirmières doivent attendre l’évaluation du pharmacien avant qu’elles puissent l’administrer. Cependant, durant les urgences médicales, ce processus peut ne pas être appliqué.
  • Les résultats montrent que le temps entre la demande et l’administration des antibiotiques est significativement plus rapide pour le groupe intervention que pour le groupe contrôle (respectivement, 0.61 heure vs 0.88 heure, p=0.001).
  • Davantage de patients dans le groupe intervention ont reçu les antibiotiques dans les délais recommandés par les lignes directrices du SSC 2012 (respectivement, 81 (88%) vs 68 (72%), p=0.0097).
  • Il y a significativement plus de patients dans le groupe intervention qui ont reçu un antibiotique approprié pour le traitement initial que dans le groupe contrôle (respectivement, 89 (97%) vs 76 (81%), p=0.0008).
  • Le temps entre la demande et l’administration du premier antibiotique approprié est significativement plus rapide pour le groupe intervention que pour le groupe contrôle (respectivement, 0.64 heure vs 1 heure, p<0.0001).
  • Finalement, 17 requêtes concernant les antibiotiques sont envoyées par les infirmières lorsque le pharmacien est absent contrairement à 1 requête lorsqu’il est présent (p=0.0001).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la gestion des antibiotiques et des maladies infectieuses sont bien documentés.
  • 1 autre étude évalue le nombre de prescriptions d’antibiotiques conformes aux recommandations PMID26104036.

Ce qu’on se pose comme question

  • Est-ce que des facteurs externes auraient pu influencer les résultats observés?
  • Le guide d’antibiothérapie Sanford 2014 a été utilisé pour savoir si l’antibiotique initial administré est approprié ou non. Les résultats seraient-ils différents si l’équipe médicale se fiait aux résultats de culture?
  • N’aurait-il pas été pertinent de mesurer l’impact de la diminution du temps sur la santé du patient (p.ex. diminution du risque de complications, réduction du séjour à l’hôpital etc.)?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Proposer l’ajout d’un pharmacien clinicien dans le département d’urgence de votre établissement de santé.
  • Développer des guides concernant l’utilisation appropriée des antibiotiques afin de prévenir l’utilisation excessive de ceux-ci et de diminuer le risque de résistance.
  • Mettre en place dans votre milieu de pratique un outil qui permet d’avoir des indicateurs de performance.

 

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