Comment le pharmacien optimise-t-il la prise en charge du diabète gestationnel ?

20180112 visual abstract - Obs-gyn BattaBatta RA, Kasabri V, Akour A, Hyassat D, Albsoul-Younes A. Impact of clinical
pharmacists intervention on management of hyperglycemia in pregnancy in Jordan.
Int J Clin Pharm. 2017 Nov 14. doi: 10.1007/s11096-017-0550-3. [Epub ahead of
print] PubMed PMID: 29134488.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée prospective à Amman, Jordanie au National center for Diabetes, Endocrinology and Genetics.
  • L’intervention a été réalisée entre avril 2016 et janvier 2017.
  • 87 patientes ont été incluses, dont 34 dans le groupe contrôle et 51 dans le groupe d’intervention. Critère d’inclusion : femme enceinte de 20-28 semaines de grossesse, avec hyperglycémie. Les femmes enceintes ayant un diabète déjà connu ont été exclues.
  • Le pharmacien réalise cinq consultations par patiente dans le groupe d’intervention entre le 5e-7e mois de grossesse et  6 semaines post-partum.
    Lors de la consultation, il distribue une brochure informative, éduque la patiente sur sa maladie et sa gestion, les complications associées, les cibles thérapeutiques ainsi que les traitements prescrits. Il s’occupe également de faire le suivi des plusieurs paramètres évalués par des questionnaires.
  • Les outils utilisés pour mesurer l’impact du pharmacien chez ces patientes sont: un questionnaire de connaissance suite à l’éducation thérapeutique, le questionnaire SF-36 pour mesurer la qualité de vie, ainsi que l’HbA1c et glycémie à jeun pour suivre l’évolution du diabète.
  • Le pharmacien a apporté un impact positif significatif sur:
    • L’amélioration de l’HbA1c;
      • -0,08% +/- 0,43 (groupe contrôle)   v.s.  -0,54% +/- 1,47 (groupe d’intervention) (p=0.04).
    • Le pourcentage de patientes contrôlées selon la glycémie à jeun ;
      • Dès le 2e suivi :
        • 64,7% des femmes dans le groupe contrôle v.s. 94,1% des femmes dans le groupe d’intervention (p=0.001);
      • Puis persistant au 3e suivi :
        • 61,8% des femmes dans le groupe contrôle v.s. 90,2% des femmes dans le groupe d’intervention (p=0.003).
    • Le pourcentage de femmes ayant des épisodes d’hypoglycémies sévères :
      • 8.8% des femmes dans le groupe contrôle v.s. 0% des femmes dans le groupe d’intervention (p=0.049);
    • Le pourcentage d’accouchements nécessitant une césarienne;
      • 58,8% des femmes du groupe contrôle v.s. 35,3 % des femmes du groupe d’intervention (p=0.04).
    • Les connaissances sur la maladie (questionnaire élaboré par le pharmacien validé à l’interne; résultat sur 10);
      • 7,32 +/- 1.95 pour le groupe contrôle v.s. 9,22 +/- 2,42 pour le groupe d’intervention (p=0.001).
    • Le bien-être émotionnel (test SF-36);
      • – 13,54 +/- 9,92 pour le groupe contrôle v.s. – 2,08 +/- 5,25 pour le groupe d’intervention (p<0.001).
    • La fonction sociale (test SF-36);
      • -23,53 +/- 17,34 pour le groupe contrôle v.s. -13,97 +/- 17,43 pour le groupe d’intervention (p<0.001).

Ce que nous savions déjà

  • Il existe peu de données dans la littérature explorant le rôle et les impacts du pharmacien auprès des femmes enceintes diabétiques. On recense toutefois un article présentant l’impact du pharmacien dans le champ de la dépression et du diabète en grossesse. PMID10199962 
  • On peut toutefois consulter le site Impact Pharmacie et les fiches synthèses sur le thème du diabète et en obstétrique/gynécologie.

Ce qu’on se pose comme question

  • Une étude faites ailleurs qu’en Jordanie aurait-elle présenté des résultats similaires ?
  • Quelle était la durée consacrée à chaque consultation par le pharmacien ? Serait-il possible de répliquer l’intervention du pharmacien avec des restrictions temporelles ?
  • Le suivi des patientes était individualisé, quel serait l’impact d’un suivi en groupe ?
  • Les différences seraient-elles encore plus significatives si les consultations pharmaceutiques avaient débutées plus tôt dans la grossesse ?
  • Deux patientes du groupe contrôle et une femme du groupe intervention ont par la suite développé un diabète détecté 6 semaines après l’accouchement. Un suivi sur un plus long terme aurait-il permis de détecter d’autres cas ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Compte tenu des risques plus élevés de développer un diabète post-partum, il est important de sensibiliser les patientes à faire un dépistage entre 6 semaines et 6 mois après l’accouchement.
  • En pratique communautaire :
    • instaurer des méthodes pédagogiques variées pour éduquer les femmes enceintes sur leur diabète en grossesse (dépliants, vidéos, consultation en groupe, apprendre à naviguer sur Diabète Québec).
    • Évaluer les connaissances des patientes pré-consultation et aux suivis avec un questionnaire standardisé ou validé par des pairs.
  • Dans les établissements de santé :
    • Offrir au moins une consultation avec un pharmacien clinicien à chaque femme enceinte en hyperglycémie.

 

Auteurs : Nesrine Nimer, Éléonore Ferrand

Création : 21 janvier 2018

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