Le pharmacien peut-il améliorer la gestion du traitement de la warfarine par les patients?

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Choumane NS, Malaeb DN, Malaeb B, Hallit S.

BMC Health Serv Res. 2018 Feb 1;18(1):80. doi: 10.1186/s12913-018-2874-7.

Ce que l’étude nous apprend :

  • Étude transversale prospective multicentrique réalisée dans trois hôpitaux universitaires urbains du Liban.
  • L’étude se déroule de Janvier à juin 2016 et regroupe 259 patients. À travers un questionnaire rempli par les patients avant puis après l’intervention des professionnels de santé (pharmacien et médecin clinicien), leur niveau de connaissances et leur progrès sur la gestion du traitement par warfarine ont pu être mesuré. Le pharmacien insistait sur les effets indésirables et l’importance de l’observance.
  • L’intervention a permis une augmentation du score globale des connaissances des patients : pré-intervention : 4.95 VS post-intervention : 13.15 (p<0.001). Le score de connaissances des paramètres individuels a aussi augmenté : information sur le médicament, dose, INR, toxicité, interactions médicamenteuses et alimentaires (p<0.001). De plus, le nombre de patients atteignant l’INR cible entre la pré et la post intervention est significatif : 37.2% VS 74.4% (p<0.001).

Ce que l’on se pose comme question :

  • Le questionnaire remis aux patients est-il de qualité suffisante pour objectiver les connaissances ?
  • Est il possible d’attribuer l’amélioration des connaissances des patients seulement grâce à l’intervention pharmaceutique?
  • Une meilleure connaissance des patients sur la gestion de leur traitement anticoagulante est-elle la meilleure arme pour réduire les effets indésirables?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Pratiquer l’éducation thérapeutique pour tous les patients sous anticoagulants oraux.
  • Encourager le travail en multidisciplinarité pour mieux gérer les effets indésirables.
  • Étendre l’éducation des patients à d’autres classes médicamenteuses pour améliorer leurs connaissances.

Auteur : Célie Malaure, Éléonore Ferrand

Création : 31 mai 2018

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Le pharmacien peut-il diminuer le risque cardio-vasculaire de patients diabétiques de type 2 à travers ses interventions?

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Al Hamarneh YN, Hemmelgarn BR, Hassan I, Jones CA, Tsuyuki RT.

Can J Diabetes. 2017 Dec;41(6):580-586. doi: 10.1016/j.jcjd.2017.08.244. Epub 2017 Sep 28.

Ce que l’étude nous apprend :

  • Étude prospective randomisée contrôlée menée dans 56 pharmacies communautaires en Alberta au Canada
  • Entre janvier 2014 et juin 2015, l’étude inclut 573 patients diabétiques de type 2 répartis en deux groupes : un groupe intervention (n=286 patients) et un groupe contrôle (n=287 patients)
  • L’objectif de l’étude était d’évaluer les répercussions d’un programme d’intervention des pharmaciens sur l’estimation du risque cardio-vasculaire chez les patients diabétiques.
  • L’intervention pharmaceutique sur le groupe intervention englobait l’évaluation du patient, des résultats de laboratoire et une évaluation individualisée du risque cardio-vasculaire. Les pharmaciens donnaient des recommandations liées aux traitements, initiaient ou adaptaient le traitement afin d’obtenir des paramètres de facteurs de risque cardio-vasculaire conformes aux normes.
  • A trois mois : l’intervention pharmaceutique a permis une réduction relative du risque cardio-vasculaire de 21% (p<0.001) soit une différence pour le groupe intervention de 25.8% à 20.1% VS pour le groupe contrôle de 26.9% à 26.5%. Les facteurs de risques individuels se sont également améliorés : baisse de 0.9% du taux d’hémoglobine glyquée (p<0.001), de 8.6 mmHg pour la pression systolique (p<0.001), de 2.7mmHg pour la pression diastolique (p=0.01), de 0.2 mmol/L pour la concentration de LDL cholestérol (p=0.004),  baisse du nombre de fumeurs de 24.2 %  (p<0.001). De plus, le pharmacien a eu un rôle à jouer dans l’initiation comme dans la déprescription de certains traitements antidiabétiques.

Ce que l’on se pose comme question :

  • Les résultats montrant une réduction du risque cardio-vasculaire et des facteurs de risques individuels seraient-ils les mêmes sur une étude plus longue?
  • L’initiation et la déprescription de certains médicaments ont-ils un effet bénéfique sur la morbidité des patients?
  • Le programme d’intervention des pharmaciens sur l’estimation du risque cardio-vasculaire chez les patients diabétiques est-il généralisable?
  • Serait il aussi efficace sans l’autorisation de prescriptions des pharmaciens en Alberta ? ( autorisation de prescription et d’interprétation des résultats de laboratoires, prescription de thérapies)
  • Les résultats seraient-ils identiques si l’étude était menée avec des insus?
  • Ces résultats sont-ils seulement attribuables à l’intervention du pharmacien?
  • Quel est le coût de l’intervention ?
  • Quelle était le durée des consultations avec le patient ?
  • Quel était le niveau d’acceptation des interventions par les médecins ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Sensibiliser les patients à la gestion de leurs facteurs de risque cardio-vasculaires.
  • Appliquer le programme d’intervention des pharmaciens en routine en pharmacies communautaires.
  • Faire un suivi systématique des patients avec des facteurs de risques cardio-vasculaires mal contrôlés.

Auteur : Célie Malaure, Éléonore Ferrand

Création : 28 mai 2018

Pharmaciens humanitaires: quel est l’impact de la gestion de la thérapeutique à domicile chez des patients syriens?

CALQUE celie 1

Al Alawneh M, Nuaimi N, Basheti IA. Pharmacists in humanitarian crisis

settings: Assessing the impact of pharmacist-delivered home medication management

review service to Syrian refugees in Jordan. Res Social Adm Pharm. 2018 Apr 10.

Lien Impact Pharmacie: 

Ce que l’étude nous apprend :

  • Étude prospective randomisée contrôlée au domicile de réfugiés Syriens vivant dans 3 villes de Jordanie (Anman, Mafraq, Zarqa).
  • L’étude inclut 106 patients entre mai et octobre 2016 répartis en deux groupes aux caractéristiques similaires : un groupe intervention (n=53 patients)  et un groupe contrôle (n=53 patients).
  • Les objectifs de l’étude étaient d’identifier le type et la fréquence des problèmes liées aux traitements parmi les réfugiés Syriens vivant en Jordanie et d’explorer l’impact de la gestion de la thérapeutique à domicile sur la réduction du nombre de problèmes liés aux traitements.
  • L’intervention du pharmacien humanitaire consistait à identifier, documenter et classifier les problèmes liés aux traitements selon leur impact clinique chez les patients. Les pharmaciens donnaient des conseils aux patients et émettaient si besoin des recommandations aux médecins.  Un retour positif du médecin engendrait une consultation médicale afin de valider les changements.
  • L’intervention pharmaceutique a permis une chute significative du nombre de problèmes liés aux traitements entre le début et le suivi à 3 mois dans le groupe intervention : de 600 à 182 problèmes soit une baisse de 69.7% (p<0.001) comparé au groupe contrôle qui enregistre une légère baisse de 541 à 514 soit 5%.
  • Le nombre de problèmes classés majeurs a chuté significativement de 80.9% dans le groupe intervention comparé à une chute de 3.3% dans le groupe contrôle.
  • Le type d’intervention requise pour prévenir ou résoudre les problèmes liés aux traitements étaient une surveillance plus fréquente (24.9%) et l’éducation thérapeutique du patient (20.4%).

Ce que l’on se pose comme question :

  • La population étudiée de réfugiés Syriens est-elle représentative pour conduire d’autres missions à l’échelle mondiale?
  • Est-il possible d’étendre la pratique pharmaceutique de gestion de la thérapeutique à domicile dans un pays hors crise humanitaire?
  • La durée d’intervention du pharmacien non paramétrée selon les besoins du patient est-elle suffisante? (1h max)
  • Quel est le coût de l’intervention et du changement de traitement par rapport au bénéfice?
  • La diminution du nombre de problème liés aux traitements est-elle pérenne?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Réfléchir à la mise en place de la gestion de la thérapeutique à domicile
  • Appliquer la prévention et la résolution des problèmes liés aux traitements en routine.

Auteurs: Célie MALAURE, Éléonore FERRAND

Création: 22 mai 2018

Brochure d’information sur la contraception orale : impact sur les connaissances et l’attitude des femmes Jordaniennes?

CALQUE

Akour A, Bardaweel S, Awwad O, Al-Muhaissen S, Hussein R.

Eur J Contracept Reprod Health Care. 2017 Dec;22(6):459-464. doi: 10.1080/13625187.2017.1412425. Epub 2018 Jan 4.

Ce que l’étude nous apprend :

  • Étude prospective randomisée contrôlée auprès de femmes utilisant la contraception orale à Amman en Jordanie.
  • L’étude inclut 160 patients entre janvier et juillet 2017 répartis en deux groupes aux caractéristiques similaires : un groupe intervention (n=80 patientes) recevant une brochure d’information rédigée par des pharmaciens et un groupe contrôle (n=80 patientes) recevant des conseils habituels.
  • L’objectif de l’étude visait à déterminer les effets d’une brochure d’information fournie par le pharmacien sur les connaissances et l’attitude des femmes à propos de la contraception orale.
  • L’intervention du pharmacien sur le groupe intervention consistait en la distribution et l’explication d’une brochure d’information sur les types de contraceptions orales, leur mécanisme d’action, les précautions et contre-indications.  Par la suite, les deux groupes remplissaient un questionnaire permettant d’évaluer leur connaissances (score de 0 à 5) et attitudes d’utilisation (score de 0 à 6) vis à vis des contraceptifs oraux afin de faire une comparaison : point de départ, juste après puis trois mois après l’intervention.
  • L’intervention pharmaceutique a permis une augmentation significative du score moyen des connaissances entre le début et juste après l’intervention pour le groupe intervention : de 1.76 à 5.00 (p<0.0001).Ce score restait stable trois mois après intervention puis reste stable 3 mois après l’intervention à  4.93 (p=0.033).Il n’y avait pas d’augmentation significative pour le groupe contrôle : 1.29 aux trois stades.  La brochure a permis une augmentation significative du score d’attitude du groupe intervention de 5.15 au départ à 5.50 après intervention (p=0.014) contre pas de changements dans le groupe contrôle.

Ce que l’on se pose comme question :

  • Les résultats de l’étude seraient-ils similaires pour d’autres pathologies?
  • Le taux d’avortement ou de grossesses non désirées a-t-il baissé après cette intervention?
  • Les résultats de l’étude seraient-ils similaires chez des femmes d’autres pays du monde?
  • Quel seraient les scores 6 mois ou 1 an après l’intervention du pharmacien?
  • Quel est le coût de l’intervention par le pharmacien?
  • D’autres méthodes éducatives seraient-elle plus efficace et appropriée?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Distribuer une brochure d’information sur la contraception orale à toutes les patientes en officine et en cliniques.
  • Réaliser des brochures d’informations similaires pour les autres types de contraceptions.
  • Réaliser un suivi des femmes sous contraceptifs.

Auteur : Célie Malaure, Éléonore Ferrand

Création : 20 juin 2018