Quels sont les impacts de la saisie des ordonnances de chimiothérapie par le technicien en pharmacie ?

20170807 visual abstract - autre Neville

Neville H, Broadfield L, Harding C, Heukshorst S, Sweetapple J, Rolle M. Chemotherapy Order Entry by a Clinical Support Pharmacy Technician in an Outpatient Medical Day Unit. Can J Hosp Pharm. 2016 May-Jun;69(3):202-8.

 Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après réalisée dans un hôpital de jour, Halifax, Canada
  • L’étude inclut les ordonnances de chimiothérapies parentérales des patients traités dans l’hôpital de jour pour des cancers hématologiques . Les ordonnances comprenant également les dérivés du Mesna ou des essais cliniques, dont 143 ordonnances saisies sur une phase 1 pré implantation de 7 jours et 128 ordonnances saisies sur une phase 2 post implantation 6 jours.
  • L’étude explore la faisabilité de déleguer aux assistants techniciens la saisie d’ordonnance de chimiothérapie des patients ambulatoires sur le logiciel informatique. Dans la phase 1 et 2, l’étape de screening est réalisée par le technicien préalablement formé et accrédité toujours suivi d’une vérification par le pharmacien clinicien oncologue. Dans la phase 2, la saisie de l’ordonnance informatique est déléguée au technicien dans le dossier du patient. Le technicien formé identifie le bon patient, le statut allergique, le protocole et renseigne les lignes de la prescription (p ex : médicaments, doses, fréquence, prescripteur, volume, date d’expiration). L’ordonnance est ensuite transmise à l’unité de reconstitution pour une nouvelle vérification pharmaceutique. Les étapes suivantes sont identiques dans la phase 1 et 2 avec vérification pharmaceutique de la chimiothérapie reconstituée.
  • L’étude rapporte une diminution du temps moyen nécessaire à la saisie d’une ordonnance (phase 1 qui implique un pharmacien (1min 37) vs phase 2 qui implique le technicien (1min 20) (p = 0,044)). Sur une journée, la saisie dure en moyenne 33 minutes/j dans la phase 1 et 28,24 min dans la phase 2. Aucune différence significative n’a été relevée dans le temps total moyen de vérification des saisies (phase 1 : 1min21; phase 2 : 1min20). Le technicien est moins dérangé que le pharmacien lors de la saisie (phase 1 : 8 fois  versus phase 2 : 5 fois).
  • Trois erreurs ont été identifiées lors du processus de saisie dans la phase 1 contre 0 dans la phase 2 , comme par exemple des informations manquantes ou incorrectes,surface corporelle médicament, protocole / régime de chimiothérapie, force, dose, date d’administration, coût des médicaments / financement, signature du médecin, diluants IV. Une erreur a été identifiée dans la phase 2 contre 0 dans la phase 1 lors de l’étape de la vérification des prescriptions saisies sur le logiciel par le pharmacien et concernait une date incorrecte.  Toutes les erreurs étaient jugées sans « effet » sur une échelle de 4 niveaux (sévère, significative, mineure, sans effet).

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’étude est-elle assez longue pour conclure sur la sévérité et l’efficacité du programme ?
  • La présence d’un chronométrage n’a t’il pas biaisé les résultats ?
  • Quel était la validité de l’échelle de codification des erreurs ?
  • L’échantillon n’est-il pas trop petit pour généraliser les résultats ?
  • Comment étaient formés les techniciens ?
  • Cette expansion des responsabilités des techniciens au Canada est elle envisageable dans d’autres pays ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Élargir les compétences et responsabilité du technicien en pharmacie et disposer de plus de temps en clinique.
  • Repenser la répartition des tâches.
  • Partager davantage les rôles et les retombées de l’importance de l’implication du technicien en pharmacie dans le système de soins.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

 

 

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Initiation de Dabigatran en ambulatoire et à l’hôpital, une opportunité d’action pour les pharmaciens ?

20170807 visual abstract - anticoagulothérapie Shimizu

Shimizu T, Momose Y, Ogawa R, Takahashi M, Echizen H. Impact of Pharmacists’ audit on improving the quality of prescription of dabigatran etexilate methanesulfonate: a retrospective study. J Pharm Health Care Sci. 2017 Jan 17;3:4.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, rétrospective à l’hôpital Kithahara International, Tokyo,  Japon.
  • L’étude inclut les prescriptions initiales de dabigatran de 131 patients ambulatoires et 97 patients hospitalisés entre mars 2011 et février 2014.
  • Un audit rétrospectif cible les prescriptions initiales de dabigatran afin de vérifier le respect des recommandations (indications, contre indications, posologie, switch avec la warfarine). Les données nécessaires à l’analyse de prescription sont extraites à partir du dossier médical électronique des patients hospitalisés et sur la base d’un questionnaire oral mené par le pharmacien communautaire pour les patients ambulatoires .
  • L’audit montre que les patients ambulatoires ont une première prescription significativement plus appropriées (n=43/131, 33%) que les patients hospitalisés (11/97, 11%) (p<0,001).
  • Toutefois, 2 patients ambulatoires ont reçu une prescription ne respectant pas les contre-indications (présence d’une clairance <30mL/min).
  • En regard de l’âge du patient, le nombre de patients ayant un dosage inapproprié est plus important chez les patients ambulatoires (n=19 patients dont 14 surdosages et 5 sous dosages) que chez les patients hospitalisés (n =3 dont 2 surdosages et 1 sous dosage).
  • Des événements hémorragiques sont survenux auprès de 9 des 124 patients ambulatoires (7,3%) et auprès de 8 des 97 patients hospitalisés (8,2%), sans différence significative d’incidence entre deux groupes (OR 0,9, IC à 95% 0,3-2,3).

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées pharmacien dans l’anticoagulothérapie sont bien documentés. Une étude indexée montre l’intervention du pharmacien sur la correction des erreurs de l’anticoagulothérapie à l’admission et prescription optimale: PMID25794699
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Anticoagulothérapie

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les données médicales recueillies électroniquement chez les patients hospitalisés sont probablement plus précises que lors d’un questionnaire. Les données du groupe ambulatoire étaient-elles assez exhaustives pour l’analyse des prescriptions par les pharmaciens ?
  • Compte tenu des erreurs de prescriptions, y a t’il eu un défaut du suivi des recommandations de la part des prescripteurs ou des pharmaciens ?
  • Quelles solutions ont été mises en place suite à l’audit ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Les anticoagulants oraux directs ne nécessitent pas de suivi de test de laboratoire. Toutefois, une évaluation de l’indication, l’âge du patient, le statut rénal ainsi que la revue de la médication sont essentielles lors de l’initiation.
  • Implanter, en collaboration avec les médecins, une analyse fine des initiations de traitements anticoagulants.
  • Partager davantage vos rôles et retombées dans le suivi des patients sous anticoagulants.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

 

Quel est l’impact de la préparation anticipée des prescriptions de sortie aux urgences ?

20170807 visual abstract - autre Britt

Tran T, Hardidge A, Heland M, Taylor SE, Garrett K, Mitri E, Elliott RA. Slick scripts: impact on patient flow targets of pharmacists preparing discharge prescriptions in a hospital with an electronic prescribing system. J Eval Clin Pract. 2017 Apr;23(2):333-339.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude prospective avant-après, dans trois services d’urgence (chirurgie orthopédique, plastique et gastro-intestinale) au centre hospitalier de Melbourne en Australie.
  • L’étude inclut 505 patients admis aux urgences entre le lundi et le vendredi de février et juin 2014 répartis en deux groupes pré (n=259) et post intervention (n=246).
  • L’intervention du pharmacien consistait à préparer la prescription de sortie électroniquement en discuter avec le médecin pour approbation et enfin réaliser la conciliation médicamenteuse.  L’impact du programme est évalué à partir de données concernant par ex : le temps passé aux urgences avant la sortie ou le transfert, le nombre de patients sortis à des horaires distinctes p.ex après 21H, le nombre de prescription préparée avant l’heure de sortie institutionnelle, le nombre de prescription qui ont nécessité une modification (erreur de prescription ou traitement analgésique non optimal).
  • L’intervention du pharmacien permet de diminuer significativement le temps passé aux urgences après 21h : Pré intervention : n=211 minutes et Post intervention : n=154 minutes (p<0,01) et permet d’augmenter significativement le nombre de patients sortis avant 21h  : Pré intervention : n=20 et Post intervention : n= 42 (p<0,01).
  • Il n’y avait pas de différence significative dans le pourcentage de patients transférés dans les étages dans les quatre ou six heures suivant leur  présentation aux urgences.
  • Concernant les prescriptions de sortie du groupe post intervention, le pourcentage de prescriptions nécessitant une modification a diminué de
    66,3% à 21,4% (différence de pourcentage de 44,6%, P <0,01) et le pourcentage de médicaments nécessitant une modification a diminué de 19,4% à 5,2% (différence de pourcentage 14,2%, P <0,01).
  • Des questionnaires de satisfaction ont été distribués aux docteurs, infirmiers et pharmaciens. La majorité des répondants sont satisfaits du service et souhaiterait que le service perdure.

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des patients à l’urgence sont bien documentés. Nous avons recensé plusieurs études indexées démontrant une diminution des erreurs médicamenteuses au congé des patients : PMID28007439, PMID23332093.
  • Toutefois, peu d’études évaluent l’impact de la préparation anticipée des prescriptions en amont du médecin.
  • Nous recensons une étude impliquant les techniciens en pharmacie dans la saisie d’ordonnances de chimiothérapie en amont des pharmaciens : PMID27402999.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Urgence

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’embauche d’un médecin versus celle d’un pharmacien serait elle plus efficace ?
  • Quel est l’impact économique de l’intervention ?
  • Combien de temps prend l’intervention du pharmacien?
  • Les patients étaient-ils similaires dans les deux groupes ?
  • Est il possible de réaliser cette étude sans un logiciel de prescription ?
  • Cette intervention en Australie est elle transposable dans nos pratiques et d’autres services ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Proposer d’implanter cette pratique aux urgences de votre établissement.
  • Évaluer l’impact économique de cette intervention.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

Publication  :

La conciliation médicamenteuse aux urgences a t’elle un impact sur la morbidité des patients?

20170807 visual abstract - autre Hohl

Hohl CM, Partovi N, Ghement I, Wickham ME, McGrail K, Reddekopp LN, Sobolev B. Impact of early in-hospital medication review by clinical pharmacists on health services utilization. PLoS One. 2017 Feb 13;12(2):e0170495.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude quasi-randomisée contrôlée, prospective réalisée dans un centre de soins tertiaires et deux hôpitaux urbains aux urgences à Vancouver, Canada.
  • L’étude inclut 10 807 patients âgés de 19 ans et plus considérés comme étant à haut risque d’événements indésirables (âge, comorbidités, introduction récente d’antibiothérapie ou changement de traitement récent) repartis dans un groupe contrôle et un groupe intervention entre septembre 2011 et février 2012.
  • Les infirmières des urgences identifient les patients à haut risque à partir des critères retenus.
  • Les patients inclus bénéficiaient d’une conciliation médicamenteuse à partir notamment du recueil de l’historique médicamenteux le plus complet possible (contact de la famille du patient, du médecin traitant et de la pharmacie communautaire par téléphone). Les objectifs thérapeutiques étaient dicutés avec le patient ou le prescripteur, les problèmes liés aux médicaments résoluent et les éventuels effets indésirables accidentels ou nocifs évalués. Les patients du groupe contrôle bénéficient des soins usuels  (pharmacien sollicité par le médecin au besoin).
  • 2284 évenements indésirables potentiels à haut risque ont été identifiés dans le groupe intervention classés comme réactions indésirables chez 630 patients (27,6%), indications non traitées chez 546 (23,9%), non-observance chez 423 (18,5%), médicament inefficace ou erroné chez 284 (12,4%), dose sous-thérapeutique chez 201 patients (8,8%), dose suprathérapeutique chez 124 (5,4%) et médicament non nécessaire chez 76 (3,3%).
  • L’intervention du pharmacien est associée à une réduction de 8% du nombre de jours passés à l’hôpital (5,67 jours vs 5,79 jours, -0,48 jours,  p=0,058). La différence est significative chez les patients de moins de 80 ans (réduction de 0,6 jours soit 11%, p=0,03) alors que chez les plus de 80 ans, on ne distingue aucun impact. On observe une réduction de la durée d’hospitalisation par rapport à celle qui était initialement prévue chez les patients âgés entre 60 et 79 ans dans le groupe intervention (n=310/777, 39,9%) par rapport au groupe contrôle (n=221/508, 43,5%) (p=0,01).
  • L’intervention ne montre pas de différence significative entre les deux groupes après ajustement des caractéristiques sur le nombre de visite à l’urgence dans les 7 jours (odds ratio [OR] = 1.01, 95% CI = 0.84 to 1.22; p = 0.88) , les réadmissions (OR = 0.87; 95% CI = 0.69 to 1.10; p = 0.25) et la mortalité (OR = 1.11; 95% CI = 0.96 to 1.30; p = 0.16).

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme questions

  • Une évaluation sur une plus longue durée permettrait-elle de démontrer un impact sur le nombre de visite à l’urgence dans les 30 jours, les réadmissions et la mortalité ?
  • Les résultats obtenus dans le service des urgences sont-ils transposables aux autres services ?
  • Compte tenu de l’échantillon de patients provenant de deux centres hospitaliers et un seul centre de soins tertiaires, les résultats de la population plus âgée n’ont t’ils pas été dilué dans l’étude ?
  • Une étude randomisée contrôlée apporterait elle les mêmes résultats ?
  • Le nombre de médicament ne devrait il pas être considéré comme un critère  d’inclusion potentiel ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer l’impact de la conciliation médicamenteuse auprès de vos patients.
  • Privilégier les patients à risques aux urgences pour la mise en place de la conciliation médicamenteuse.
  • Partager davantage votre rôle et vos retombées sur la prise en charge des patients à l’hôpital.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

 

L’implication du pharmacien en anticoagulothérapie permet elle de diminuer des coûts de santé ?

20171204 visual abstract - autre Lee

Lee EH, Bray V, Horne R. Developing an Economic Case of Clinical Pharmacists’ Interventions on Venous Thromboembolism Prophylaxis Through Service Evaluation. J Res Pharm Pract. 2017 Apr-Jun;6(2):106-113.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, prospective dans un hôpital de soins tertiaires à Londres, Royaume-Uni.
  • L’étude inclut les patients âgés de plus de 18 ans étant admis à l’hôpital dans le service de médecine (n=118 patients) et de chirurgie (n=85 patients) entre le 23 mai 2016 et le 8 juin 2016. Les pharmaciens étaient présents dans le service de médecine à chaque tour médicaux matin et soir. Les pharmaciens en chirugie étaient présents au tour sans précision de fréquence.
  • L’intervention du pharmacien consistait à analyser chaque nouvelle prescription antithrombotique  et leur réévaluation 24H en fonction :
    • des données démographiques des patients,
    • de l’indication,
    • des molécules prescrites (médicaments, dosage, fréquence)
    • et la pertinence du traitement retenu en regard de l’estimation des risques de thromboses et de saignements.
  • Les prescriptions sont évaluées appropriées ou inappropriées selon ce schéma décisionnel :
    • problème de type I = bonne indication mais pas de traitement préventif,
    • problème de II = bonne indication avec un traitement préventif mais médicament non approprié,
    • problème de III = bonne indication avec un traitement préventif mais dose ou fréquence de traitement inappropriée,
    • problème de IV = traitement préventif prescrit sans indication.

 

  • L’estimation du risque thrombotique à l’admission et la pertinence de la thérapie mise en place étaient significativement plus appropriées dans le groupe de patients en service de médecine qu’en service de chirurgie : Estimation du risque : 70.3 vs 42.4%, p<0.001 et Pertinence :  80.5% vs 68.2%, p=0.045
  • La réévalauation du risque thrombotique à 24H était, au contraire significativement plus appropriée dans les services de chirurgie (60.3%vs 23.8%  , p<0.001). L’étude rapporte que 24h après l’admission seulement 22 patients (10,8%) reçoivent une évaluation des risques appropriée par les médecins sans l’intervention des pharmaciens. Mais 108 patients (53.2%) n’ont aucunement reçu de réévaluation du risque ni par le médecin, ni par le pharmacien à 24H.

 

  • Les pharmaciens ont détecté 50 prescriptions inappropriées parmi lesquelles 39 interventions (78%) ont été prises en compte par le médecin :
    • 26 cas de problème de type I :  19 interventions pour la prescription d’un traitement prophylactique manquant,
    • 6 cas de problème de II : 6 interventions de recommandations de changement de thérapie,
    • 13 cas de problème de III : 13 interventions concernaient des problèmes de dose ou de fréquence d’administration
    • 5 cas de problème de IV : une intervention pour l’arrêt de traitement.

 

  • Une analyse pharmaco économique a été faite pour estimer les coûts économisés en regard de la dépense évitée par la survenue d’un événement indésirable selon les situations I, II, III, IV . A partir d’études précédentes, la probabilité de survenue de thrombose était estimé à 0.1 dans les services de médecine et à 0.4 en chirurgie. La probabilité de survenue de saignement était de 0.01. Cette estimation prend en compte également les salaires des pharmaciens, le temps passé pour l’intervention et le cours des coûts pendant l’étude.
  • Les bénéfices nets estimés s’élèvent à 1 286,23£ pendant la durée de l’étude (2 semaines): Coûts économisés par le programme (+1 527,51£) et coûts de réalisation du programme (-241,28£). Le bénéfice annuel est estimé à 514 522£.

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise de l’anticoagulothérapie sont bien documentés. Nous avons recensé plusieurs études indexées démontrant une diminution de coûts suite à l’intervention du pharmacien dans le suivi de l’anticoagulothérapie : PMID10610013, PMID15338843
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Anticoagulothérapie

Ce qu’on se pose comme questions

  • Un recueil continu de données et sur une période plus étendue pourrait il montrer des résultats plus exhaustifs ?
  • Quelle a été l’incidence d’évenements indésirables dans l’étude ?
  • L’estimation des coûts est elle assez robuste ?
  • L’incidence serait elle la même dans une population plus jeune ? Est ce un axe à analyser ?
  • Quelle était la fréquence de participation au tour du pharmacien en chirurgie ?
  • Pourquoi la réévaluation du risque thrombotique 24H après l’admission reste elle encore si basse dans les deux services ?
  • L’échantillon est il assez grand et assez homogène ? (92 patients > 60 ans dans les services de médecine vs 36 dans les services de chirurgie)

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Effectuer la réévaluation du risque thrombotique à l’admission sans oublier celle 24 H après l’admission et mieux encore essayer de réaliser un suivi hôpital/ville lorsque nécessaire.
  • Partager davantage votre rôle et vos retombées sur l’importance de l’implication du pharmacien dans la prise en charge et le suivi de l’anticoagulothérapie.
  • La majorité des interventions porte sur l’abscence de mise en place de traitement alors qu’indiqué justifiant l’importance du pharmacien à contribuer à l’anticoagulothérapie.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

Publication  : 04/12/2017

Le pharmacien communautaire améliore t’il l’adhérence et la qualité de vie des patients psychiatriques ?

McMillan SS, Kelly F, Hattingh HL, Fowler JL, Mihala G, Wheeler AJ. The impact of a person-centred community pharmacy mental health medication support service on consumer outcomes. J Ment Health. 2017 Jul 4:1-10.

 

20170807 visual abstract - McMillan

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, prospective dans 100 pharmacies communautaires dans 3 états d’Australie.
  • L’étude inclut 418 patients âgés de plus de 18 ans, autonomes à domicile, entre octobre 2013 et novembre 2014, ayant un traitement pour une maladie psychiatrique commune (anxiété, dépression) ou une autre maladie psychiatrique suivis par un médecin généraliste pour lesquelles ont été identifié des problèmes liés aux médicaments. 295 patients ont completé le programme intégralement.
  • L’intervention du pharmacien consistait à offrir un suivi de 3 à 6 mois aux patients grâce à des entretiens physiques, téléphoniques ou parfois par courriel selon un programme de 6 étapes comprenant l’identification, la prévention, la gestion des problèmes liés aux médicaments, la promotion de bonnes habitudes de vie, un plan de traitement personnalisé.
  • La fréquence de suivi des patients varie entre 0 et 23 entrevues par patients.
  • La majorité d’entre eux (231/416) a bénéficié de 2 entrevues et plus, majoritairement en face à face (640/778) suivi par des appels téléphoniques (130/778) .
  • Sur la base de 2 entrevues, le temps moyen passé par le pharmacien pour réaliser l’intégralité de l’intervention est de 110 minutes.
  • L’intervention du pharmacien est associée à une amélioration significative du score moyen de satisfaction global  (T1 : 80.9 vs T2: 84.2 avec n=286, p<0,001) et du score de l’efficacité du traitement (T1 : 74.8 vs T2: 78.8, avec n=276, p<0,001) tous deux mesurés par l’outil Treatment Satisfaction Questionnaire for Medication (TSQM).
  • L’intervention du pharmacien est associée à une amélioration significative du score moyen de perception de la maladie mesuré par
    • L’outil Brief Illness Perception Questionnaire (BIPQ):  T1:44.8 vs  T2: 38.8, p<0.001.
    • L’outil  Short Form 12 Health Survey (SF-12) pour la composante mentale:  T1:49.3 vs T2:46.1, avec n= 267, p<0.001. Aucun changement n’a été constaté dans la composante physique entre T1 et T2.
  • A 6 mois, on note également une diminution des patients avec une basse adhérence (n=158, 56,6% vs n=121, 43,4%), et une augmentation des patients avec une moyenne adhérence (n=106, 42,4% vs n=144, 57,6%) (p=0,005) évalué avecle Modified Morisky Medication Adherence (MMMAS).
  • Le service offert a reçu une statisfaction positive (278/283) rapporté comme étant moteur de motivation (222/284), moteur d’autonomie pour la gestion de la maladie (222/284).

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise des patients psychiatriques sont bien documentés. Nous avons recensé des articles indexés montrant une augmentation de l’adhérence médicamenteuse chez les patients psychiatriques dans les pharmacies communautaires (PMID15812103) et dans des centres hospitaliers (PMID12185826, PMID19933540).
  • Nous avons recensé deux études indexées démontrant simultanément l’augmentation de l’adhérence médicamenteuse et la satisfaction des patients par rapport à leur traitement : PMID26376830, PMID14524649
  • Une étude révèle la satisfaction des patients psychiatriques de l’intervention des pharmaciens communautaires pour la prise en charge de leur maladie : PMID12480116
  • On remarque également une amélioration des connaissances et croyances des patients envers leur maladie psychiatrique dans une étude : PMID15991756
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Psychiatrie

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les résultats de cette étude sont-ils généralisables à tous types de maladies psychiatriques ?
  • La mesure de l’adhérence médicamenteuse confirmée avec les renouvellements de prescriptions présenterait elle les mêmes résultats?
  • Quel est l’effet à plus long terme ?
  • Le résultat est il plus optimal avec les entrevues physiques ou téléphoniques ?
  • Le recours à un groupe contrôle aurait il donné les mêmes résultats ?
  • Quel est le coût associé à ce service et son impact en terme de consultations chez le spécialiste ou les visites aux urgences ?
  • Les chercheurs n’ont pas décrit ni le diagnostic, ni la date ni les traitements rendant la population hétérogène.

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Implanter des suivis des patients psychiatriques dans vos pharmacies communautaires ( téléphoniques ou face-à-face) et insister lors de l’initiation des traitements.
  • Disposer d’un espace dédié à l’entrevue avec les patients.
  • Utiliser des outils, lors des suivis, pour évaluer les perceptions, les satisfactions des patients et mesurer l’efficacité des traitements. Les questionnaires pourraient être remplis en salle d’attente.
  • Lire davantage sur les rôles et retombées du pharmacien dans cette population.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

Publication  :