Quel est l’impact du suivi pharmaceutique auprès des patients atteints d’un cancer pulmonaire ?

20170803 Résumé visuel - lung cancer - Perrine

 

Walter C, Mellor JD, Rice C, Kirsa S, Ball D, Duffy M, Herschtal A, Mileshkin L. Impact of a specialist clinical cancer pharmacist at a multidisciplinary lung cancer clinic. Asia Pac J Clin Oncol. 2016 Sep;12(3):e367-74

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude prospective dans le service d’oncologie au Peter MacCallum Cancer Centre, Melbourne, Australie.
  • Échantillon de 48 patients atteints d’un cancer pulmonaire ayant bénéficié d’un suivi personnalisé par le pharmacien en 2011.
  • A l’inclusion, le pharmacien fournissait aux patients : des informations thérapeutiques, expliquait le plan de traitement, effectuait une revue complète de la médication et communiquait ses interventions auprès des professionnels de santé concernés. Le plan de traitement personnalisé était également transmis au médecin généraliste et au pharmacien communautaire.
  • Chaque patient a été contacté par téléphone 7 jours après le congé et également revu lors des consultations médicales (à 30 jours) afin d’optimiser et évaluer leur adhérence au traitement et recueillir leur satisfaction. Toutes les interventions pharmaceutiques ont été listées et catégorisées en fonction du niveau de risque de survenue d’effets indésirables pour le patient.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une augmentation significative de l’adhérence au traitement (p=0,0001) ainsi qu’une augmentation de la satisfaction des patients (p<0,001) entre la première et la seconde évaluation à 30 jours.
  • Les 154 interventions du pharmaciens ont été estimées comme évitant la survenue de 7 évènements considérés comme à risque extrême et 67 à haut risque.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution du nombre moyen de consultations par patient ainsi que du nombre de réadmissions imprévues en regard des données récoltées à partir de l’année précédente ; 2.98 consultations/patient pendant la durée de l’étude contre 3.32 en 2010 (p = 0.004) et 117 réadmissions pendant l’étude contre 134 en 2010 (p = 0.265).
  • 74% (23/31) des généralistes sondés décrivent l’intervention du pharmacien comme étant utile.

Ce que nous savions déjà :

  • Les rôles et retombées du pharmacien en oncologie sont bien documentés. Toutefois, l’analyse de l’adhérence et la satisfaction des patients dans une unité d’oncologie sont moins documentés. Nous avons recensé quelques études indexées dont PMID28506976 et PMID24726204.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur le cancer.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Aurions-nous eu des résultats différents s’il y avait eu une comparaison avec un groupe contrôle, un plus grand échantillon, une localisation cancereuse impliquant d’autres traitements ?20170803 Résumé visuel – lung cancer – Perrine
  • Quels étaient les traitements des patients ?
  • Quels étaient les motifs de visites ou de réadmissions en 2010 et pendant l’étude ?
  • Quelles sont les retombées économiques de l’intervention ?
  • Quelles sont les retombées cliniques de l’intervention ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Instaurer un suivi personnalisé au congé auprès de tous les patients atteints d’un cancer.
  • Diffuser les informations et collaborer avec les autres professionnels de santé.

Auteur : Perrine Scherrer

Création : 16 juin 2017

Publicités

Quel est l’impact du pharmacien sur les erreurs et les opportunités manquées de vaccination en pédiatrie ?

Diapositive1 final

Wise KA, Sebastian SJ, Haas-Gehres AC, Moore-Clingenpeel MD, Lamberjack KE. Pharmacist impact on pediatric vaccination errors and missed opportunities in the setting of clinical decision support. J Am Pharm Assoc (2003). 2017 May – Jun;57(3):356-361.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude randomisée contrôlée prospective au sein de deux cliniques pédiatriques de soins primaires (clinique intervention et clinique contrôle), Nationwide Children’s Hospital, Columbus, Ohio, États-Unis.
  • La clinique intervention dispose d’un pharmacien à temps plein participant aux décisions cliniques contrairement à la clinique contrôle.
  • Évaluation des erreurs et des opportunités de vaccinations sur 504 consultations pédiatriques par clinique pendant une période de trois mois en 2015.
  • L’intervention du pharmacien a consisté à évaluer pour toute consultation, l’admissibilité des patients pédiatriques aux possibilités de vaccination et élaborer un plan de vaccination spécifique,communiqué au médecin. Le motif de consultation, le statut du médecin ayant pris en charge le patient (résident ou médecin), le nombre et le type de vaccins déjà administrés, les erreurs de vaccination (p.ex. doses administrées avant l’âge recommandé, rappel effectué trop tôt, rappel non nécessaire) et les opportunités de vaccination manquées à la date de la rencontre ont été recueillis pendant l’étude.
  • L’étude a évalué les erreurs et opportunités pour 13 vaccins en dehors de la saison grippale.
  • Suite à l’évaluation des dossiers, le pharmacien a élaboré les recommandations de vaccination auprès des médecins de façon orale ou via le dossier patient informatisé.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution des erreurs de vaccination dans la clinique intervention : zéro erreur contre deux. Les erreurs concernaient l’injection d’une dose non nécéssaire pour le vaccin contre le tétanos/diphtérie et le rotavirus
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution du nombre d’opportunités de vaccination manquées  : 42 opportunités manquées dans la clinique intervention contre 80 dans la clinique contrôle. La différence est significative entre les groupes pour une opportunité de vaccination manquée concernant au moins un vaccin : 51 opportunités manquées dans la clinique intervention contre 30 dans la clinique contrôle. (p=0.015). Ces opportunités manquées étaient significativement plus importantes pour les vaccins contre le tétanos/diphtérie/pertussis, l’hépatite A et le pneumocoque.
  • Dans l’étude:
    • Les patients âgés de 7 à 10 ans(Odds ratio:5.65;0.255-1.772) suivis des 11 à 18 ans(Odds ratio:2.75;1.379-5.483) sont significativement plus à risque d’avoir une opportunité manquée de vaccination,
    • Les patients qui consultent pour un état de santé alteré sont également significativement plus à risque d’avoir une opportunité manquée de vaccination (Odds ratio:2.467; 1.451-4.194).

Ce que nous savions déjà :

  • Les rôles et retombées du pharmacien concernant la vaccination en pédiatrie sont peu documentés. Nous avons recensé quelques études indexées dont PMID24860867 et PMID28677269.
  • Toutefois, de nombreux articles parlent des rôles et des retombées du pharmacien concernant la vaccination et la population générale. On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la vaccination.

Ce qu’on se pose comme question :

  • L’étude n’a pas distinguée les enfants considérés comme étant à haut risque.  QQuel est l’impact du pharmacien dans cette population plus fragilisée ?
  • Quel est l’impact du pharmacien lors de la saison grippale ?
  • Quel est la part des opportunités manquée associée aux refus parentaux ?
  • Les erreurs d’administration n’ont pas été prises en compte, cette donnée méritrait -elle d’être analysée ?
  • Un étude similaire dans un établissement gériatrique montrerait elle les mêmes résultats ? Même questionnement pour les populations souffrant de maladies chroniques.

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Fournir des données probantes sur la sécurité des vaccins.
  • Sensibiliser la population sur l’importance de la vaccination.
  • Connaitre le calendrier vaccinal et ses mises à jour.
  • Documenter le statut vaccinal des patients.
  • Identifier les patients à risques et contacter au besoin les professionnels de santé impliquées dans la vaccination.
  • Assurer un suivi des patients nécessitant des rappels de doses.
  • Mettre en place une étude interne avec un pharmacien  afin de confirmer ou infirmer les résultats de cette étude.

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 04 juillet 2017

Comment communiquer efficacement nos interventions pharmaceutiques aux prescripteurs ?

Renaudin P, Esteve MA, Berbis J, Delorme J, Pisano P, Honore S. Les interventions pharmaceutiques dans un centre hospitalier universitaire: influence du mode de transmission sur leur acceptation par le prescripteur, 2016. Le Pharmacien Hospitalier et Clinicien51(1), 2-8.

20171107 Renaudin 

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude observationnelle rétrospective, conduite à l’Hôpital de la Timone, Marseille, France.
  • Objectif : Déterminer quel mode de transmission de l’intervention pharmaceutique (IP) a le plus d’impact sur son acceptation par le prescripteur.
  • Recueil de 1159 IP collectées dans la base de données dont 723 incluses dans l’étude, entre 2014 et 2015 et analysées grâce au logiciel Act-IP®.
  • Une IP est considérée comme acceptée lorsque le prescripteur a modifié la prescription conformément à l’IP dans un délai maximum de 48h.
  • Le mode de transmission de l’IP est classé selon 4 catégories : oral, appel téléphonique, appel téléphonique + logiciel d’aide à la prescription, logiciel d’aide à la prescription.
  • 571/723 (79%) IP ont été acceptées VS 152/723 (21%) refusées.
  • Le mode de transmission des IP impliquait le logiciel d’aide à la prescription (587/723, 81,2%), un appel téléphonique en supplément de l’IP rédigée sur le logiciel de prescription (83/723, 11,5%), une transmission orale (30/723, 4,1%) et un appel téléphonique seul (23/723, 3,2%).
  • L’acceptation des IP est analysée selon le statut du pharmacien (interne ou sénior), du statut du prescripteur (interne ou sénior), la nature de l’IP (problèmes médicamenteux, recommandations), le mode de transmission, les services, au problème éventuel lié à l’informatique. L’analyse multivariée ajustée au service et au type de recommandation montre que le taux d’acceptation des IP était plus important si elle était transmise oralement (p = 0,041) ou par appel téléphonique + suivi transmission logiciel (p = 0,001).
  • L’analyse univariée des autres facteurs associés à l’acceptation des IP n’a pas montré de différence statistiquement significative.
  • Les principaux types de problèmes nécessitant une IP (surdosage (37,6,2%), non-conformités aux référentiels et contre-indication (16,2%), voies et/ou administration
    inappropriées (14,1%) , médicaments non indiqués (10,2%) ) sont semblables,en fréquence, aux données de la littérature.

Ce que nous savions déjà :

Ce qu’on se pose comme question :

  • L’acceptation des IP par le prescripteur pourrait être également due au caractère plus ou moins urgent et/ou majeur de l’IP, incitant le pharmacien à la transmettre oralement. Cela constitue-t-il un biais important ?
  • 31,6% des IP liées à l’informatique concernaient un surdosage surtout à cause d’un doublon de ligne de prescription et 32,6% liées à un sous-dosage surtout à cause d’une erreur d’unité de dose, quels sont les moyens mis en oeuvre pour réduire la part des erreurs informatiques ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Promouvoir les avantages de la communication orale entre le pharmacien, le médecin et les autres professionnels de santé. 
  • Participer aux tournées cliniques pour véhiculer une image de disponibilité du pharmacien.
  • Tracer et analyser les IP du pharmacien. ( p.ex outil Act-IP®).
  • Éduquer les professionnels de la santé à l’utilisation des logiciels.
  • Optimiser la qualité des outils informatiques pour réduire la part des erreurs de prescription par doublons ou unités de dosage.

 

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 28 juillet 2017