Le pharmacien communautaire favorise t’il le bon usage des AINS chez les personnes âgées?

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Bear MD, Bartlett D, Evans P. Pharmacist Counseling and the Use of Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs by Older Adults. Consult Pharm. 2017 Mar 1;32(3):161-168.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective réalisée dans une pharmacie communautaire dans le Massachussetts, États-Unis.
  • L’étude se déroule du 1er septembre au 31 décembre 2015 et inclus 83 patients âgés de 60 ans et plus.
  • L’objectif de l’étude est de déterminer l’impact de la revue de médication pour la détection et l’usage des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) chez les personnes âgées.
  • Parmi les 83 patients inclus, 39 ont recourt aux AINS.
  • Sur la base d’un questionnaire construit préalablement, pharmaciens et étudiants en pharmacie ont évalué  :
    • si la consommation était appropriée ou non,
    • la présence d’interactions médicamenteuses (IACE, Sartan, diurétique, aspirine, IPP et anti-H2)
    • la présence de comorbidités (insuffisance cardiaque, hypertension, ulcère ou saignement gastrique, insuffisance rénale)
  • Les pharmaciens ont également demandé aux patients s’ils avaient reçu des conseils antérieurs sur les AINS provenant d’autres professionnels de la santé.
  • Les pharmaciens ont ensuite donné des informations générales sur les risques associés aux AINS comme les effets indésirables, les indications approuvées.
  • Un suivi téléphonique a été réalisé après 4 à 20 semaines afin d’évaluer l’impact de l’intervention.

 

  • Parmi les 39/83 (47%)  patients consommant des AINS,  28/39 (71,8%) patients le faisaient de façon inappropriés.
  • Après l’intervention du pharmacien, le nombre de patients ayant un usage inapproprié a diminué et ne concerne plus que 19/39 patients (48,7%).
  • Parmi les 18 patients qui ont bénéficié du suivi téléphonique, 13 (72,2%) avaient une meilleure compréhension des risques associés aux AINS et 15 (83,3%) recommanderait à d’autres patients de bénéficier des conseils du pharmacien sur les AINS.

 

  • Sur les 83 patients inclus dans l’étude, 37 (44,6%) n’ont jamais reçu de conseils pharmaceutiques sur les AINS dont 20 patients sur les 39 identifiés utlisateurs d’ AINS.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en gériatrie sont relativement bien documentés. Plusieurs études ont été publiés sur la prise en charge des patients gériatriques par le pharmacien PMID11443021PMID17493184PMID22642783
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la gériatrie.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’intervention ne devrait elle pas cibler un public plus large puisque des AINS sont disponibles en vente libre ?
  • Quels sont les impacts de cette intervention à long terme sur les prescriptions et la consommation des AINS en vente libre?
  • Quels sont les impacts de cette intervention sur les motifs de consultations médicales ou aux urgences ?
  • Les résultats de l’étude seraient-ils identiques si l’échantillon de patients était plus grand ou avec un groupe contrôle?
  • La détection d’interactions médicamenteuses n’a porté que sur les IACE, Sartan, diurétique, aspirine, IPP et anti-H2. Qu’en est il des autres interations auprès de cette population polymédicamentée. (Anti-aggrégrant plaquettaire, corticoides, ISRS).
  • Quel était le motif de consommation des AINS afin d’identifier un profil ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Individualiser toute prise en charge des patients en regard des facteurs de risque individuels,  du profil de sécurité d’emploi propre à chaque AINS et des préférences personnelles du patient.
  • Promouvoir l’usage des AINS à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte possible et réévaluer régulièrement la nécessité et l’efficacité des prescriptions.
  • Faire un conseil complet sur les AINS chez les personnes âgées et leur entourage en raison des comorbidités et de la polymédication.
  • Assurer le suivi des patients pour détecter la survenue d’effets indésirables.
  • Sensibiliser les patients aux dangers potentiels liés aux médicaments en vente libre.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 4 août 2017

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L’impact du pharmacien dans la prescription des opioïdes en médecine dentaire

20170620 Visual Abstract - Opioid in dental practice

Stewart A, Zborovancik KJ, Stiely KL. The impact of pharmacy services on
opioid prescribing in dental practice. J Am Pharm Assoc (2003). 2017 Mar –
Apr;57(2S):S78-S82.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective dans une clinique dentaire sans frais pour les patients ayant un faible accès aux soins médicaux à Pittsburgh aux États-Unis.
  • L’étude se déroule de janvier 2010 à mars 2016 et inclus 102 prescriptions d’opioïde pour 89 patients.
  • Les pharmaciens sont intégrés soit complètement, partiellement ou aucunement avec les dentistes.
    • Intégration complète, le pharmacien collabore avec le dentiste pour la rédaction de toutes les prescriptions.
    • Intégration partielle, le dentiste a accès au pharmacien en cas de besoin.
    • Sans intégration, le dentiste est complètement indépendant.
  • Le taux de prescription d’opioïdes est analysé selon l’intégration du pharmacien incluant une analyse plus fine de l’adhérence des prescriptions d’opioïdes aux politiques de bon usage de la clinique. Le taux d’erreurs sur les prescriptions est également évalué.

 

  • L’intégration du pharmacien de façon complète ou partielle a permis de réduire significativement le taux de prescription des opioïdes : 0,5 prescriptions/100 contenait des opioïdes avec l’intégration du pharmacien tandis que 1,8 prescriptions/100 en contenait en l’absence du pharmacien. Les dentistes étaient 81% moins portés à prescrire des opioïdes lorsque le pharmacien était complètement intégré dans son travail.
  • Aucune différence significative n’a été trouvée dans l’adhésion à la politique sur les opioïdes de la clinique (limite d’une quantité pour 48h). En effet, 5 ordonnances rédigées en présence du pharmacien et 13 ordonnances en son absence ne respectaient pas la politique.
  • Il n’y a pas de différence significative non plus dans le taux d’erreurs sur les prescriptions. Au total, 20 prescriptions contenaient des erreurs dont 13 étaient rédigées par des dentistes sans intégration du pharmacien.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge de la douleur sont relativement bien documentés. D’autres études sur la gestion des opioïdes ont été publiés PMID28292501PMID24246213
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la douleur

Ce qu’on se pose comme question

  • Quel est l’impact clinique associé à la réduction de l’utilisation des opioides?
  • Quelle est la place réelle du pharmacien dans la pratique dentaire?
  • Comment mettre en place une telle collaboration?
  • Dans le contexte actuel de la crise des opioïdes, qu’est-ce que le pharmacien peut faire pour augmenter la responsabilisation des prescripteurs?
  • Sachant que le dentiste est l’un des plus grand prescripteur d’opioïdes chez les enfants et adolescents, quel serait l’impact du pharmacien sur la prescription d’opioïdes pour cette population?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir la prescription d’analgésiques alternatifs aux opioïdes.
  • Sensibiliser les patients aux risques de dépendance.
  • Sensibiliser les patients aux effets indésirables.
  • Collaborer davantage avec les autres professionnels afin d’éviter une sur-prescription d’opioïdes et conduire une activité de déprescription.
  • Amorcer une réduction graduelle de la dose chez les patients sous opioïdes en proposant un soutien multidisciplinaire lorsque le sevrage progressif est difficile.
  • Repérer les patients ayant des antécédents d’abus et de dépendance liés à l’usage de drogues ou une maladie mentale active et leur éviter une exposition aux opioïdes.

 

 

 

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 19 juin 2017