Pharmaciens humanitaires: quel est l’impact de la gestion de la thérapeutique à domicile chez des patients syriens?

CALQUE celie 1

Al Alawneh M, Nuaimi N, Basheti IA. Pharmacists in humanitarian crisis

settings: Assessing the impact of pharmacist-delivered home medication management

review service to Syrian refugees in Jordan. Res Social Adm Pharm. 2018 Apr 10.

Lien Impact Pharmacie: 

Ce que l’étude nous apprend :

  • Étude prospective randomisée contrôlée au domicile de réfugiés Syriens vivant dans 3 villes de Jordanie (Anman, Mafraq, Zarqa).
  • L’étude inclut 106 patients entre mai et octobre 2016 répartis en deux groupes aux caractéristiques similaires : un groupe intervention (n=53 patients)  et un groupe contrôle (n=53 patients).
  • Les objectifs de l’étude étaient d’identifier le type et la fréquence des problèmes liées aux traitements parmi les réfugiés Syriens vivant en Jordanie et d’explorer l’impact de la gestion de la thérapeutique à domicile sur la réduction du nombre de problèmes liés aux traitements.
  • L’intervention du pharmacien humanitaire consistait à identifier, documenter et classifier les problèmes liés aux traitements selon leur impact clinique chez les patients. Les pharmaciens donnaient des conseils aux patients et émettaient si besoin des recommandations aux médecins.  Un retour positif du médecin engendrait une consultation médicale afin de valider les changements.
  • L’intervention pharmaceutique a permis une chute significative du nombre de problèmes liés aux traitements entre le début et le suivi à 3 mois dans le groupe intervention : de 600 à 182 problèmes soit une baisse de 69.7% (p<0.001) comparé au groupe contrôle qui enregistre une légère baisse de 541 à 514 soit 5%.
  • Le nombre de problèmes classés majeurs a chuté significativement de 80.9% dans le groupe intervention comparé à une chute de 3.3% dans le groupe contrôle.
  • Le type d’intervention requise pour prévenir ou résoudre les problèmes liés aux traitements étaient une surveillance plus fréquente (24.9%) et l’éducation thérapeutique du patient (20.4%).

Ce que l’on se pose comme question :

  • La population étudiée de réfugiés Syriens est-elle représentative pour conduire d’autres missions à l’échelle mondiale?
  • Est-il possible d’étendre la pratique pharmaceutique de gestion de la thérapeutique à domicile dans un pays hors crise humanitaire?
  • La durée d’intervention du pharmacien non paramétrée selon les besoins du patient est-elle suffisante? (1h max)
  • Quel est le coût de l’intervention et du changement de traitement par rapport au bénéfice?
  • La diminution du nombre de problème liés aux traitements est-elle pérenne?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Réfléchir à la mise en place de la gestion de la thérapeutique à domicile
  • Appliquer la prévention et la résolution des problèmes liés aux traitements en routine.

Auteurs: Célie MALAURE, Éléonore FERRAND

Création: 22 mai 2018

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Prévalence des erreurs médicamenteuses à l’entrée et à la sortie des patients diabétiques, une opportunité d’action pour le pharmacien ?

20180808 visual abstract - Breuker

Breuker C, Abraham O, di Trapanie L, Mura T, Macioce V, Boegner C, Jalabert A, Villiet M, Castet-Nicolas A, Avignon A, Sultan A. Patients with diabetes are at high risk of serious medication errors at hospital: Interest of clinical pharmacist intervention to improve healthcare. Eur J Intern Med. 2017 Mar;38:38-45.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude observationnelle prospective, service d’endocrinologie/diabétologie/nutrition, Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, France.
  • Échantillon de 904 patients dont 671 diabétiques (75,7% diabète de type 2) et 233 non diabétiques ayant bénéficié de l’intervention pharmaceutique durant 1,5 ans, entre 2013 et 2015.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer la prévalence des erreurs médicales à l’admission et à la sortie selon le statut diabétique ou non des patients et de déterminer l’impact clinique potentiel de ces erreurs.
  • L’équipe de la pharmacie (1 pharmacien hospitalier, 1 interne en pharmacie et 2 étudiants en pharmacie) a, dans un premier temps, réalisé  la conciliation médicamenteuse d’entrée dans les 24h suivant l’admission des patients. Les informations récoltées ont été comparées et validées par un appel téléphonique au pharmacien communautaire, au médecin ou aux infirmiers du patient. Les prescriptions de sortie ont fait l’objet d’une seconde conciliation médicamenteuse puis d’une autre analyse des modifications apportées par les médecins. Les divergences constatées à l’entrée et à la sortie ont été qualifiées d’intentionnelles ou non intentionnelles selon le retour du médecin prescripteur. Les modifications non intentionnelles corrigées par le médecin ont été jugées comme étant des erreurs médicamenteuses. Elles ont ensuite été classées selon leur sévérité potentielle à partir d’une échelle à quatre niveaux : erreur très sévère, erreur sévère, erreur modérée et erreur mineure.
  • 3947 divergences ont été identifiées dont 2676 (67,8%) à l’admission et 1271 (32,2%) à la sortie. Parmi ces divergences, 385 ont été considérées comme non intentionnelles et concernaient 179 patients à l’admission (19,8%) et 87 patients à la sortie (10,1%).
  • 378/385 (98,2%) divergences non intentionnelles ont été corrigées par le médecin et donc définies comme étant des erreurs médicamenteuses : 322 (85,2%) chez les diabétiques et 56 (14,8%) chez les non diabétiques.
  • Ces erreurs médicales sont plus fréquentes chez les patients diabétiques que chez les non diabétiques à l’admission (22,1% contre 10,2%, p < 0.001) et à la sortie (11,4% contre 5,7%, p = 0,01). Les erreurs médicamenteuses des patients diabétiques à l’admission concernent surtout les médicaments de la sphère cardiovasculaire.
  • Les patients diabétiques ont plus d’erreurs considérées comme sévères que les non diabétiques, à la fois à l’admission (33,8% contre 7,1%, p < 0,005) et à la sortie (41,1% contre 0%, p < 0,005). Les erreurs mineures à l’admission sont moins courantes chez les diabétiques (25,7% contre 42,9%, p = 0,06). Les erreurs modérées chez les diabétiques sont également moins fréquentes à la sortie (35,6% contre 69,2%, p = 0,03).

Ce que nous savions déjà :

  • La conciliation médicamenteuse réalisée à l’admission des patients aux urgences est bien documentée.
  • Les patients diabétiques, polymédicamentés sont à risque d’interactions médicamenteuses, d’effets indésirables, d’erreurs médicamenteuses et à défaut d’observance.
  • Les rôles et retombées du pharmacien sur la prise en charge des patients diabétiques sont très bien documentés. Nous avons recensé quelques études indexées dont PMID21787031, PMID22672148 et PMID22147352.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la conciliation médicamenteuse à l’entrée, à la sortie et la fiche synthèse du diabète

Ce qu’on se pose comme question :

  • Les patients de l’étude ont été admis majoritairement pour une hospitalisation programmée. D’autres proviennent des urgences ou d’un transfert. Cela a t’il un impact sur les résultats ?
  • Devons nous nous focaliser uniquement sur les patients polymédicamentés pour la conciliation à l’entrée et à la sortie ?
  • Quel est le devenir de l’intervention sur le long terme ? Le relai hôpital ville est il assuré ?
  • Quel est l’impact de l’intervention sur le taux de réadmission des patients diabétiques ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Mettre en place une conciliation médicamenteuse de sortie en plus de la conciliation d’entrée.
  • Utiliser les étudiants en pharmacie pour recueillir l’historique médicamenteux.
  • Faire une étude de coût relative à l’implantation de cette nouvelle pratique.
  • Faire une évaluation de la qualité de vie et la satisfaction des patients diabétiques.
  • Promouvoir les résultats de cette étude pour renforcer la collaboration pharmacien/médecin dans la prise en charge des patients diabétiques.

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 28 juillet 2017

Le pharmacien peut-il avoir un impact sur la prescription des anticoagulants oraux directs?

20170803 visual abstract - Miele - AOD

Miele C, Taylor M, Shah A. Assessment of Direct Oral Anticoagulant Prescribing
and Monitoring Pre- and Post-Implementation of a Pharmacy Protocol at a Community
Teaching Hospital. Hosp Pharm. 2017 Mar;52(3):207-213.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après rétrospective réalisée à l’Hôpital Sinai à Baltimore, au Maryland, États-Unis.
  • L’étude est divisée en deux étapes. L’étape pré-intervention se déroule entre janvier et mars 2015 et inclus 50 patients et 333 doses administrées. L’étape post-intervention se passe entre janvier et mars 2016 et inclus 85 patients et 816 doses.
  • L’objectif consiste à évaluer l’impact d’un protocole utilisé par les pharmaciens développé en décembre 2015 pour améliorer la conformité des prescriptions et le suivi des anticoagulants oraux directs (AODs).
  • Lors de la période pré-intervention, 40 % des prescriptions étaient inappropriées contre 29% durant la période post-intervention.
  • Dans le groupe post-intervention, 25 patients étaient concernés par une prescription inappropriée, dont 22 d’entre eux ont bénéficié d’une intervention pharmaceutique. 86 % des interventions pharmaceutiques ont été acceptées.
  • Une amélioration de l’administration des doses est observée suite à l’implantation du programme; 32,4% des doses étaient administrées de façon inappropriées (n=333)  contre 13,8% des doses dans le groupe post-intervention (n = 816) (p=0,005 ou p=0,039 lorsqu’ajusté à l’àge et la classe de l’AOD).
  • Une diminution de la prescription des AODs contre-indiqués est observée dans le groupe post-intervention;  26% des doses (28/108) étaient contre-indiqués contre 14% (16/113) dans le groupe post-intervention (p=0,042).
  • Aucune différence significative n’a été trouvée concernant la prescription d’AODs en surdosage ou en sous-dosage.

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et retombées du pharmacien en anticoagulothérapie sont bien documentés. Toutefois, du fait du caractère récent de ces molécules, on recense peu d’articles sur les AODs.
  • Une étude réalisée au Japon présente les résultats d’un audit rétrospectif sur la conformité des prescriptions initiales de Dabigatran des patients hospitalisés et ambulatoires. PMID28116115
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur l’anticoagulothérapie.

Ce qu’on se pose comme question

  • Comment les résultats ont-ils été influencé par le prescripteur qui avait la possibilité de refuser les recommandations des pharmaciens?
  • Quelle a été la conformité des prescriptions des relais anticoagulants injectables et anticoagulants oraux ?
  • Est-ce que les résultats auraient été différents si les quatre AODs avaient été représentés de façon égale ( Apixaban et rivaroxaban majoritairement utilisés dans la population) ?
  • Quel est l’impact de l’intégration du protocole à plus long terme?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Pour chaque patients ayant un AOD, vérifier s’il a été prescrit de façon approprié (dose, indication, présence d’une insuffisance rénale, etc).
  • Évaluer la possibilité de développer un protocole de prescription et de suivi des AODs.
  • Documenter votre activité sur cette récente classe d’anticoagulants oraux.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 7 août 2017

 

Pharmacien hospitalier spécialisé en soins intensifs vs pharmacien non spécialisé?

 

20170804 visual abstract - Soins intensifs

Richter A, Bates I, Thacker M, Jani Y, O’Farrell B, Edwards C, Taylor H,
Shulman R. Impact of the introduction of a specialist critical care pharmacist on
the level of pharmaceutical care provided to the critical care unit. Int J Pharm
Pract. 2016 Aug;24(4):253-61.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après prospective réalisée dans trois unités de soins intensifs de trois hôpitaux universitaires du centre-nord de Londres, Royaume-Uni.
  • L’étude se déroule en deux phases de 6 semaines. La première est réalisée d’avril à juin 2009 et implique dans le centre test un pharmacien non spécialiste. La seconde d’avril à juin 2010 et implique un pharmacien spécialiste en poste depuis 4 mois au sein de la même unité de soins intensifs. Les deux autres unités disposent de pharmaciens spécialistes et servent de contrôle pour l’étude.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact de l’introduction d’un pharmacien spécialiste en soins intensifs et de le comparer à un pharmacien clinicien non-spécialiste à partir des données issues de la revue de médication.
  • Le nombre moyen d’interventions/jour a augmenté suite à l’introduction du pharmacien spécialiste; 2,69 interventions/j en moyenne contre 5,45 interventions/j en phase 2 (p < 0,0005). (Contrôle centre 1  : 10.53/j en phase 1 vs 10.35/j en phase 2, centre 2 : 7.55/j en phase 1 vs 8.65/j en phase 2). Les deux interventions les plus fréquentes en phase 2 concernaient le changement de dose et l’ajout d’une thérapie pour une indication non traitée. Une augmentation significative d’interventions relatives à l’arrêt de thérapie est également observée entre la phase 1 et la phase 2.
  • Davantage d’interventions proactives sont réalisées par le spécialiste; 4,89 contre 2,05, (p < 0,0005).
  • L’intervention est associée à une meilleure détection quotidienne des erreurs par le pharmacien spécialiste; 3.84 en moyenne contre 1,71 (p < 0,05). (Contrôle centre 1 : 7.10/j en phase 1 vs 7.47/j en phase 2, centre 2 : 6.79/j vs 8.47/j en phase 2).
  • La majorité des interventions ont potentiellement empêché des erreurs évaluées comme étant modérés en phase 2 ( 52.7% vs 66.7% en phase 1), suivi des erreurs évaluées faibles (24.7% vs 15.35%) et sevères (22.6% vs 16.7%).
  • L’acceptation des interventions par l’équipe médicale ne diffère pas selon le statut du pharmacien; 90% dans les deux phases.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en soins intensifs sont relativement bien documentés. D’autres études décrivent les retombées du pharmaciens dans ce domaine PMID22821310PMID10422996
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur les soins intensifs.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’augmentation des interventions réalisées par le pharmacien est-elle réellement due à l’expertise du pharmacien spécialiste? Ou à un autre facteur (p.ex. pharmacien plus proactif)?
  • L’impact aurait-il été plus grand si l’étude était réalisée plusieurs mois suivant l’introduction du pharmacien spécialiste à l’unité des soins intensifs (p.ex. après 1 an au lieu de 4 mois)?
  • Les cohortes de patients ne sont pas nécessairement similaires dans les deux phases, cela a t’il eu un impact sur les résultats ?
  • Quelle est l’évolution clinique des patients suite aux interventions?
  • Quelle est la satisfaction de l’équipe?
  • Le site à l’étude ne disposait pas de système informatique de prescription, les résultats auraient ils été encore plus significatif en présence d’un tel outil ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Être un pharmacien proactif pour maximiser le nombre d’interventions nécessaires à l’optimisation de la pharmacothérapie.
  • Évaluer la possibilité d’introduire un pharmacien spécialiste dans l’unité de soins intensifs de votre établissement.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 4 août 2017

Le pharmacien peut-il améliorer l’utilisation des stylos d’insuline ?

20180509 Forough - stylo insuline

Forough AS, Esfahani PR. Impact of Pharmacist Intervention on Appropriate Insulin Pen Use in Older Patients with Type 2 Diabetes Mellitus in a Rural Area
in Iran. J Res Pharm Pract. 2017 Apr-Jun;6(2):114-119.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après prospective se déroulant dans l’Amiral Momenim General Hospital à Khodabandeh, en Iran.
  • Échantillon de 122 patients âgés de 60 ans et plus inclus entre janvier à mars 2015.
  • L’étude évalue l’impact d’une intervention éducative sur l’incidence des erreurs liées à l’usage inapproprié du stylo d’insuline. L’évaluation des connaissances initiales des patients passe par un questionnaire axée sur les techniques d’injection, de préparation et de conservation du stylo. Sont identifiés dans ce questionnaire onze erreurs d’utilisation potentielles comme par ex, l’usage multiple d’une aiguille, une dose incorrecte, une aiguille bloquée, un angle d’injection incorrect. Suite à l’intervention du pharmacien, le questionnaire est répété 12 semaines après. En parallèle,  les valeurs d’hémoglobine glyquée (HbA1c) et de glycémie ont été extraites avant et après l’intervention.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution du nombre total d’erreurs détectées; 487 erreurs contre 182,  et à une diminution significative du nombre moyen d’erreurs par patient; 3,99 à 1,49 (p <0,05) après l’intervention.
  • L’intervention est associée à une amélioration significative du contrôle de la glycémie; glycémie moyenne de 161,7 mg/dL (8,98 mmol/L) à 147,3 mg/dL (8,18 mmol/L) (p < 0,05).
  • Aucune différence significative n’a toutefois été trouvée dans les valeurs moyennes d’HbA1c : 8,1% à 7,6% après 12 semaines.

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des patients diabétiques sont bien documentés. Nous avons recensé d’autres articles décrivant des interventions du pharmacien qui permettent une amélioration de la glycémie et de l’HbA1c des patients PMID22971205 , PMID17523968
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur le diabète

Ce qu’on se pose comme question

  • Quel aurait-été l’impact de l’intervention sur l’HbA1c à plus long terme?
  • Les résultats auraient-ils été différents chez de plus jeunes patients?
  • L’impact d’une intervention semblable réalisée par des pharmaciens communautaires aurait-elle été différente?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Prendre le temps de bien expliquer l’utilisation du stylo d’insuline à son patient.
  • Utiliser de bonnes techniques de communication pour favoriser la compréhension du patient.
  • Faire un suivi pour vérifier l’utilisation appropriée du stylo par le patient.
  • Faire un suivi des glycémies et de l’HbA1c afin d’assurer le bon contrôle du diabète.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 20 juillet 2017

Le pharmacien optimise t’il la qualité de vie et le bien être psychologique des patients cancéreux ?

20170803 Résumé visuel - Malaisie - Perrine

Periasamy U, Mohd Sidik S, Rampal L, Fadhilah SI, Akhtari-Zavare M, Mahmud R. Effect of chemotherapy counseling by pharmacists on quality of life and psychological outcomes of oncology patients in Malaysia: a randomized control trial. Health Qual Life Outcomes. 2017 May 15;15(1):104

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude randomisée contrôlée prospective dans le service d’oncologie à l’Hôpital gouvernemental, Serdang, Selangor, Malaisie.
  • Échantillon de 162 patients cancéreux, randomisé en 2 groupes (groupe contrôle n=81 et groupe intervention n=81) durant 8 mois, en 2014.
  • L’intervention pharmaceutique a consisté, en plus des soins habituellement délivrés par le pharmacien, à offrir aux patients des sessions éducatives de 45 minutes lors du renouvellement du cycle de chimiothérapie. Les objectifs de ces sessions étaient de répondre aux questions des patients et abordaient notamment  :  la chimiothérapie, les principaux problèmes rencontrés avant, pendant et après la chimiothérapie, de l’aide et des conseils pharmaceutiques. 
  • Tous les patients ont eu à répondre à des questionnaires avant le début de l’étude puis lors des cycles de chimiothérapie (3 à 6 cycles) pour évaluer la qualité de vie, l’anxiété et les symptômes dépressifs.
  • Trois questionnaires ont été utilisé : Word Health Organization Quality Of Life-BREF (WHOQOL-BREF), le Questionnaire Patient Health (PHQ-9) et le Questionnaire Generalized anxiety disorder-7 (GAD-7).
  • Le suivi répété des patients est associé à une augmentation significative de la qualité de vie avec un effet significativement marqué sur la santé physique, la santé psychologique, les relations sociales et les relations liés à l’environnement (p=0.001).
  • Le suivi répété est également associé à une diminution significative des symptômes dépressifs et de l’anxiété (respectivement p=0.000 et p=0.028).

Ce que nous savions déjà :

  • Les rôles et retombées du pharmacien sur la qualité de vie des patients cancereux sont documentés. Nous avons recensé quelques études indexées explorant la satistaction des patients dont PMID26911478PMID26697487, PMID24726204 .
  • Une revue systématique réalisée en 2015 évalue l’impact des interventions du pharmacien sur la Health-Related Quality-of-Life PMID27363846.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur le cancer et l’hémato-oncologie.

Ce qu’on se pose comme question :

  • La localisation du cancer ainsi que le choix de la stratégie thérapeutique ne sont-ils pas des paramètres à prendre en compte afin d’objectiver de l’impact des pharmaciens sur la qualité de vie des patients ?
  • Quel est l’impact clinique de l’intervention ?
  • L’intervention a-t-elle eu un impact sur l’adhérence des patients aux traitements ? sur les connaissances du patient ?
  • Les données de cette étude monocentrique peuvent elle être généralisées à d’autres centres ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • L’évaluation de la qualité de vie des patients atteints de cancer est un bon paramètre permettant de mesurer la qualité des soins en oncologie.
  • Mettre en place un suivi régulier des patients cancéreux avec des entretiens à chaque nouvelle cure de chimiothérapie.
  • Vérifier la restitution des connaissances des patients.
  • Identifier le profil psychologique des patients nouvellement diagnostiqués pour en adapter la prise en charge.

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 21 juin 2017

Impact d’une alerte informatique en cas de bactériémie à Staphylococcus Aureus

20170804 visual abstract - Soins intensifs

Wenzler E, Wang F, Goff DA, Prier B, Mellett J, Mangino JE, Bauer KA. An Automated, Pharmacist-Driven Initiative Improves Quality of Care for Staphylococcus aureus Bacteremia. Clin Infect Dis. 2017 Apr 4.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude quasi-randomisée contrôlée, rétrospective, conduite à The Ohio State University Wexner Medical Center (OSUWMC), États-Unis, durant 6 mois, en 2016.
  • Échantillon de 45 et 39 patients atteints de bactériémie à Staphylocoque doré départagés en 2 groupes (respectivement contrôle et intervention) de caractéristiques très similaires.
  • En temps normal, les prélèvements positifs à Staphylocoque sont communiqués aux médecins par le personnel du laboratoire de microbiologie. L’étude évalue l’impact de la mise en place d’une fonction informatique qui envoie des alertes aux pharmaciens lors de la détection de nouveau cas. En plus des alertes, l’outil affiche également les données démographiques des patients, les résultats microbiologiques, les antimicrobiens administrés et dispose d’interventions pharmaceutiques manuscrites pré-programmées basées sur les guidelines. Cet outil est à l’initiative des pharmaciens et est intégré aux dossier médicaux électroniques des patients. 
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact de cette notification sur la qualité de la prise en charge des bactériémies. (conformité aux recommandations, délai d’intervention du pharmacien, la durée de la bactériémie, la durée du séjour, le taux de réadmission et la mortalité toutes causes confondues à 30 jours).
  • Les quatre composantes relatives à la conformité aux recommandations ont été significativement plus fréquemment observées dans le groupe d’intervention (68.9% vs 92.3%; p = 0.008)  et incluait : Initiation du traitement cible (84,4% vs 100% ; p = 0,03), consultation infectieuse (75,6% vs 94,9% ; p=0,015), répétition des prélèvements (95,6% vs 100% ; p=0,497) et échocardiographie (93,3% vs 92,3% ; p=1).
  • Le traitement cible était en moyenne initiée 40h plus tôt dans le groupe intervention (91.8 [17.3-722] vs. 54.3 [9.5-239.9], P=0.079). 
  • La mortalité à 30 jours, toutes causes confondues était 6 fois plus élevée dans le groupe contrôle (15,6% vs 2,6% ; p = 0,063).
  • Aucune différence statistiquement significative n’a été observé concernant la durée de la bactériémie, la durée du séjour ou le taux de réadmission.

Ce que nous savions déjà :

  • Bien que les études relatives à un logiciel informatique de prise en charge soient encore peu nombreuses, les rôles et retombées du pharmacien en infectiologie sont relativement bien documentés. Nous avons recensé plusieurs études indexées dont PMID26802917, PMID27641249 et PMID12669912.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur l’infectiologie et l’informatique.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Est-ce que les résultats observés seraient les mêmes sur un plus grand échantillon ? 
  • Est-ce aussi efficace que les équipes mobiles d’infectiologies?
  • La consultation infectieuse n’est elle pas la principale source de ces résultats ?
  • Cet outil pourrait-il être utilisé pour d’autres germes ?
  • Les patients du groupe intervention étaient plus jeunes et moins sujets à des infections pulmonaires chroniques, cela a t’il eu un impact sur les résultats notamment la mortalité ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Les interventions étaient à la fois communiquer à l’oral et via le logiciel. Compte tenu des résultats de cette étude, promouvoir vos interventions même si vous ne disposez pas de cet outil.
  • Proposer l’intégration d’outils informatiques impliquant les pharmaciens dans la prise en charge de patients.

Auteur : Perrine Scherrer, Eléonore Ferrand

Création : 26 juillet 2017