Quel est l’impact du suivi pharmaceutique auprès des patients atteints d’un cancer pulmonaire ?

20170803 Résumé visuel - lung cancer - Perrine

 

Walter C, Mellor JD, Rice C, Kirsa S, Ball D, Duffy M, Herschtal A, Mileshkin L. Impact of a specialist clinical cancer pharmacist at a multidisciplinary lung cancer clinic. Asia Pac J Clin Oncol. 2016 Sep;12(3):e367-74

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude prospective dans le service d’oncologie au Peter MacCallum Cancer Centre, Melbourne, Australie.
  • Échantillon de 48 patients atteints d’un cancer pulmonaire ayant bénéficié d’un suivi personnalisé par le pharmacien en 2011.
  • A l’inclusion, le pharmacien fournissait aux patients : des informations thérapeutiques, expliquait le plan de traitement, effectuait une revue complète de la médication et communiquait ses interventions auprès des professionnels de santé concernés. Le plan de traitement personnalisé était également transmis au médecin généraliste et au pharmacien communautaire.
  • Chaque patient a été contacté par téléphone 7 jours après le congé et également revu lors des consultations médicales (à 30 jours) afin d’optimiser et évaluer leur adhérence au traitement et recueillir leur satisfaction. Toutes les interventions pharmaceutiques ont été listées et catégorisées en fonction du niveau de risque de survenue d’effets indésirables pour le patient.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une augmentation significative de l’adhérence au traitement (p=0,0001) ainsi qu’une augmentation de la satisfaction des patients (p<0,001) entre la première et la seconde évaluation à 30 jours.
  • Les 154 interventions du pharmaciens ont été estimées comme évitant la survenue de 7 évènements considérés comme à risque extrême et 67 à haut risque.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution du nombre moyen de consultations par patient ainsi que du nombre de réadmissions imprévues en regard des données récoltées à partir de l’année précédente ; 2.98 consultations/patient pendant la durée de l’étude contre 3.32 en 2010 (p = 0.004) et 117 réadmissions pendant l’étude contre 134 en 2010 (p = 0.265).
  • 74% (23/31) des généralistes sondés décrivent l’intervention du pharmacien comme étant utile.

Ce que nous savions déjà :

  • Les rôles et retombées du pharmacien en oncologie sont bien documentés. Toutefois, l’analyse de l’adhérence et la satisfaction des patients dans une unité d’oncologie sont moins documentés. Nous avons recensé quelques études indexées dont PMID28506976 et PMID24726204.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur le cancer.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Aurions-nous eu des résultats différents s’il y avait eu une comparaison avec un groupe contrôle, un plus grand échantillon, une localisation cancereuse impliquant d’autres traitements ?20170803 Résumé visuel – lung cancer – Perrine
  • Quels étaient les traitements des patients ?
  • Quels étaient les motifs de visites ou de réadmissions en 2010 et pendant l’étude ?
  • Quelles sont les retombées économiques de l’intervention ?
  • Quelles sont les retombées cliniques de l’intervention ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Instaurer un suivi personnalisé au congé auprès de tous les patients atteints d’un cancer.
  • Diffuser les informations et collaborer avec les autres professionnels de santé.

Auteur : Perrine Scherrer

Création : 16 juin 2017

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Le pharmacien a-t-il un impact sur la gestion de la douleur?

20180130 visual abstract - gestion de la douleur - Mathew

Mathew S, Chamberlain C, Alvarez KS, Alvarez CA, Shah M. Impact of a
Pharmacy-Led Pain Management Team on Adults in an Academic Medical Center. Hosp
Pharm. 2016 Sep;51(8):639-645.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective réalisée dans un établissement de santé universitaire à Dallas, Texas, États-Unis.
  • Échantillon de 100 patients adultes (âge moyen:43 ans) admis entre le 1er novembre 2009 et le 1er novembre 2011 et atteints de douleur aiguë et/ou chronique.
  • 43% des patients avaient des antécédents de toxicomanie et 22% des patients avaient des antécédents psychiatriques. La majorité des patients ont rapporté une douleur aiguë, soit seule ou secondaire à une douleur chronique, et les sites douloureux les plus fréquents concernaient le dos et l’abdomen. 88% des patients prenaient des opioïdes avant leur admission.
  • L’intervention consistait en la mise en place d’un service de consultation pour la gestion de la douleur par un pharmacien spécialiste.  Ce service implique une évaluation de la douleur, de la pharmacothérapie, des effets indésirables, du statut fonctionnel des patients et tout autre facteur pouvant influencer la gestion de la douleur. La douleur des patients a été évaluée par un score de douleur, allant de 0 à 10, calculé à partir de la documentation des infirmières 24H avant et 24H après la visite du pharmacien et renouvelé 24H avant le congé du patient.
  • 585 des 821 interventions faites par le pharmacien concernaient la douleur, dont 24,3% suggéraient l’ajout d’opioïdes, 14,9% l’ajout d’un autre agent antalgique et  18.5% l’augmentation des doses. Les autres interventions non relatives à la douleur (236) concernaient la prise en charge des effets indésirables comme la constipation (33%) et les nausées/vomissements (19.5%).
  • Les scores moyens de douleurs ont été améliorés suite à la consultation avec le pharmacien. En effet, le score pré-consultation était de 6,15. 24H après la consultation, le score était de 3,25 (p < 0,001) et 24H avant le congé, le score moyen était de 2,6 (p < 0,001).
  • Parmi les 100 patients à l’étude, 86,6% des 82 patients ayant plus de 2 notes de consultation au dossier ont présenté une amélioration de leurs fonctions telles que le sommeil, la mobilité et l’appétit.
  • Huit patients ont été réadmis en raison de leur douleur après 14 jours et 14 patients après 30 jours.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge de la douleur sont relativement bien documentés. Des études décrivant une réduction la douleur grâce aux interventions du pharmacien ont déjà été publiés, dont une méta-analyse PMID24480911
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la douleur.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’intervention a-t-elle conduit à un meilleur usage des opioïdes ?
  • Quels auraient été les résultats si cette intervention avait été comparé à un groupe contrôle ?
  • Les résultats auraient-ils été les mêmes avec un plus grand échantillon ou dans une autre catégorie d’âge?
  • Quelle était l’observance des patients qui ont été réadmis à 14 jours et 30 jours?
  • Compte tenu des antécédents de toxicomanie qui concernent 43% des patients, quelle est la persistance de l’intervention dans le temps ?
  • Les infirmières ont-elles bien documenté la douleur des patients ?
  • Quel est le coût par rapport aux bénéfices de ces interventions ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Profiter du suivi rendu possible grâce à l’hospitalisation des patients pour mesurer l’efficacité des interventions.
  • Conseiller les patients sur la gestion de leurs douleurs.
  • Faire le suivi de l’efficacité du traitement et des effets indésirables.
  • Épargner les prescriptions d’opioïdes lorsque non nécessaires.
  • Relayer l’information au pharmacien de ville.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 7 août 2017

Le pharmacien et les médicaments à risque élevé?

Diapositive1

Morrison C, MacRae Y. Promoting Safer Use of High-Risk Pharmacotherapy: Impact
of Pharmacist-Led Targeted Medication Reviews. Drugs Real World Outcomes. 2015
Sep;2(3):261-271.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude de cohorte prospective réalisée dans 16 établissements de santé du conseil de santé NHS Highland en Écosse.
  • Intervention entre juin 2012 et février 2013
  • 3184 patients inclus parmi 39.399: Inclusion si présence d’au moins un médicament à risque élevé lors d’un renouvellement de prescription.
  • La pertinence de la pharmacothérapie a été évaluée et des recommandations ont été émises lorsque le médicament à risque devait être modifié ou cessé. L’acceptation ou le refus de ces recommandations ainsi qu’un suivi sur la survenue des effets indésirables sur an ont été récolté.
  • Au total, les pharmaciens ont effectué 440 recommandations dont 94% (413/440) concernaient des patients âgés de plus de 60 ans parmi lesquelles 49% (214/440) ont été acceptées par les médecins.
  • Une différence significative a été observée dans la proportion d’effets indésirables survenus suite aux recommandations. 10% (22/226) des recommandations rejetées ont occasionnées des effets indésirables contre 0% (0/179) des recommandations acceptées. Selon les auteurs, 21 cas de survenue d’effets indésirables dont trois ayant conduit à une hospitalisation auraient probablement été évités si le médecin avait accepté la recommandation du pharmacien.
  • Les médicaments ou les combinaisons de médicaments à risque élevé ont été identifiés à l’aide d’outil notamment le START/STOP, une liste des médicaments anticholinergiques. L’étude suggère d’adopter une plus grande vigilance sur ces associations:
  1. Les AINS/diurétique/IECA (triple whammy)
  2. Les AINS/médicaments réduisant la fonction rénale
  3. Les AINS/absence d’IPP chez les 75 ans et plus
  4. Les hypnotique/benzodiazépine, les antidépresseurs tricycliques et les antipsychotiques chez les plus de 60 ans.
  • Les médecins généralistes ayant participé à l’étude ont reconnu l’importance du pharmacien.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • L’impact aurait il été le même en présence d’un groupe contrôle ?
  • Faudrait il établir d’autres listes de médicaments à risques élevés pour les populations plus jeunes, ou d’autres populations polymédicamentées ?
  • Un suivi sur une plus longue durée aurait-il permis de détecter 100% des effets indésirables ?
  • Les patients déclarent ils tous la survenue d’effets indésirables, quelles sont les croyances de la population sur les effets indésirables ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Faire une révision adéquate de la pharmacothérapie des patients en collaboration avec les médecins généralistes.
  • Utiliser les critères STOPP/START comme outil d’aide à la révision de la pharmacothérapie chez les personnes de 65 ans et plus.
  • Assurer le suivi des effets indésirables des médicaments à risque élevé.
  • Evaluer tous les profils, pas uniquement les personnes âgées.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 24 juillet 2017

Quel est l’impact du pharmacien sur les erreurs et les opportunités manquées de vaccination en pédiatrie ?

Diapositive1 final

Wise KA, Sebastian SJ, Haas-Gehres AC, Moore-Clingenpeel MD, Lamberjack KE. Pharmacist impact on pediatric vaccination errors and missed opportunities in the setting of clinical decision support. J Am Pharm Assoc (2003). 2017 May – Jun;57(3):356-361.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude randomisée contrôlée prospective au sein de deux cliniques pédiatriques de soins primaires (clinique intervention et clinique contrôle), Nationwide Children’s Hospital, Columbus, Ohio, États-Unis.
  • La clinique intervention dispose d’un pharmacien à temps plein participant aux décisions cliniques contrairement à la clinique contrôle.
  • Évaluation des erreurs et des opportunités de vaccinations sur 504 consultations pédiatriques par clinique pendant une période de trois mois en 2015.
  • L’intervention du pharmacien a consisté à évaluer pour toute consultation, l’admissibilité des patients pédiatriques aux possibilités de vaccination et élaborer un plan de vaccination spécifique,communiqué au médecin. Le motif de consultation, le statut du médecin ayant pris en charge le patient (résident ou médecin), le nombre et le type de vaccins déjà administrés, les erreurs de vaccination (p.ex. doses administrées avant l’âge recommandé, rappel effectué trop tôt, rappel non nécessaire) et les opportunités de vaccination manquées à la date de la rencontre ont été recueillis pendant l’étude.
  • L’étude a évalué les erreurs et opportunités pour 13 vaccins en dehors de la saison grippale.
  • Suite à l’évaluation des dossiers, le pharmacien a élaboré les recommandations de vaccination auprès des médecins de façon orale ou via le dossier patient informatisé.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution des erreurs de vaccination dans la clinique intervention : zéro erreur contre deux. Les erreurs concernaient l’injection d’une dose non nécéssaire pour le vaccin contre le tétanos/diphtérie et le rotavirus
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution du nombre d’opportunités de vaccination manquées  : 42 opportunités manquées dans la clinique intervention contre 80 dans la clinique contrôle. La différence est significative entre les groupes pour une opportunité de vaccination manquée concernant au moins un vaccin : 51 opportunités manquées dans la clinique intervention contre 30 dans la clinique contrôle. (p=0.015). Ces opportunités manquées étaient significativement plus importantes pour les vaccins contre le tétanos/diphtérie/pertussis, l’hépatite A et le pneumocoque.
  • Dans l’étude:
    • Les patients âgés de 7 à 10 ans(Odds ratio:5.65;0.255-1.772) suivis des 11 à 18 ans(Odds ratio:2.75;1.379-5.483) sont significativement plus à risque d’avoir une opportunité manquée de vaccination,
    • Les patients qui consultent pour un état de santé alteré sont également significativement plus à risque d’avoir une opportunité manquée de vaccination (Odds ratio:2.467; 1.451-4.194).

Ce que nous savions déjà :

  • Les rôles et retombées du pharmacien concernant la vaccination en pédiatrie sont peu documentés. Nous avons recensé quelques études indexées dont PMID24860867 et PMID28677269.
  • Toutefois, de nombreux articles parlent des rôles et des retombées du pharmacien concernant la vaccination et la population générale. On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la vaccination.

Ce qu’on se pose comme question :

  • L’étude n’a pas distinguée les enfants considérés comme étant à haut risque.  QQuel est l’impact du pharmacien dans cette population plus fragilisée ?
  • Quel est l’impact du pharmacien lors de la saison grippale ?
  • Quel est la part des opportunités manquée associée aux refus parentaux ?
  • Les erreurs d’administration n’ont pas été prises en compte, cette donnée méritrait -elle d’être analysée ?
  • Un étude similaire dans un établissement gériatrique montrerait elle les mêmes résultats ? Même questionnement pour les populations souffrant de maladies chroniques.

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Fournir des données probantes sur la sécurité des vaccins.
  • Sensibiliser la population sur l’importance de la vaccination.
  • Connaitre le calendrier vaccinal et ses mises à jour.
  • Documenter le statut vaccinal des patients.
  • Identifier les patients à risques et contacter au besoin les professionnels de santé impliquées dans la vaccination.
  • Assurer un suivi des patients nécessitant des rappels de doses.
  • Mettre en place une étude interne avec un pharmacien  afin de confirmer ou infirmer les résultats de cette étude.

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 04 juillet 2017

Le pharmacien communautaire favorise t’il le bon usage des AINS chez les personnes âgées?

Diapositive1

Bear MD, Bartlett D, Evans P. Pharmacist Counseling and the Use of Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs by Older Adults. Consult Pharm. 2017 Mar 1;32(3):161-168.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective réalisée dans une pharmacie communautaire dans le Massachussetts, États-Unis.
  • L’étude se déroule du 1er septembre au 31 décembre 2015 et inclus 83 patients âgés de 60 ans et plus.
  • L’objectif de l’étude est de déterminer l’impact de la revue de médication pour la détection et l’usage des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) chez les personnes âgées.
  • Parmi les 83 patients inclus, 39 ont recourt aux AINS.
  • Sur la base d’un questionnaire construit préalablement, pharmaciens et étudiants en pharmacie ont évalué  :
    • si la consommation était appropriée ou non,
    • la présence d’interactions médicamenteuses (IACE, Sartan, diurétique, aspirine, IPP et anti-H2)
    • la présence de comorbidités (insuffisance cardiaque, hypertension, ulcère ou saignement gastrique, insuffisance rénale)
  • Les pharmaciens ont également demandé aux patients s’ils avaient reçu des conseils antérieurs sur les AINS provenant d’autres professionnels de la santé.
  • Les pharmaciens ont ensuite donné des informations générales sur les risques associés aux AINS comme les effets indésirables, les indications approuvées.
  • Un suivi téléphonique a été réalisé après 4 à 20 semaines afin d’évaluer l’impact de l’intervention.

 

  • Parmi les 39/83 (47%)  patients consommant des AINS,  28/39 (71,8%) patients le faisaient de façon inappropriés.
  • Après l’intervention du pharmacien, le nombre de patients ayant un usage inapproprié a diminué et ne concerne plus que 19/39 patients (48,7%).
  • Parmi les 18 patients qui ont bénéficié du suivi téléphonique, 13 (72,2%) avaient une meilleure compréhension des risques associés aux AINS et 15 (83,3%) recommanderait à d’autres patients de bénéficier des conseils du pharmacien sur les AINS.

 

  • Sur les 83 patients inclus dans l’étude, 37 (44,6%) n’ont jamais reçu de conseils pharmaceutiques sur les AINS dont 20 patients sur les 39 identifiés utlisateurs d’ AINS.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en gériatrie sont relativement bien documentés. Plusieurs études ont été publiés sur la prise en charge des patients gériatriques par le pharmacien PMID11443021PMID17493184PMID22642783
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la gériatrie.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’intervention ne devrait elle pas cibler un public plus large puisque des AINS sont disponibles en vente libre ?
  • Quels sont les impacts de cette intervention à long terme sur les prescriptions et la consommation des AINS en vente libre?
  • Quels sont les impacts de cette intervention sur les motifs de consultations médicales ou aux urgences ?
  • Les résultats de l’étude seraient-ils identiques si l’échantillon de patients était plus grand ou avec un groupe contrôle?
  • La détection d’interactions médicamenteuses n’a porté que sur les IACE, Sartan, diurétique, aspirine, IPP et anti-H2. Qu’en est il des autres interations auprès de cette population polymédicamentée. (Anti-aggrégrant plaquettaire, corticoides, ISRS).
  • Quel était le motif de consommation des AINS afin d’identifier un profil ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Individualiser toute prise en charge des patients en regard des facteurs de risque individuels,  du profil de sécurité d’emploi propre à chaque AINS et des préférences personnelles du patient.
  • Promouvoir l’usage des AINS à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte possible et réévaluer régulièrement la nécessité et l’efficacité des prescriptions.
  • Faire un conseil complet sur les AINS chez les personnes âgées et leur entourage en raison des comorbidités et de la polymédication.
  • Assurer le suivi des patients pour détecter la survenue d’effets indésirables.
  • Sensibiliser les patients aux dangers potentiels liés aux médicaments en vente libre.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 4 août 2017

Comment communiquer efficacement nos interventions pharmaceutiques aux prescripteurs ?

Renaudin P, Esteve MA, Berbis J, Delorme J, Pisano P, Honore S. Les interventions pharmaceutiques dans un centre hospitalier universitaire: influence du mode de transmission sur leur acceptation par le prescripteur, 2016. Le Pharmacien Hospitalier et Clinicien51(1), 2-8.

20171107 Renaudin 

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude observationnelle rétrospective, conduite à l’Hôpital de la Timone, Marseille, France.
  • Objectif : Déterminer quel mode de transmission de l’intervention pharmaceutique (IP) a le plus d’impact sur son acceptation par le prescripteur.
  • Recueil de 1159 IP collectées dans la base de données dont 723 incluses dans l’étude, entre 2014 et 2015 et analysées grâce au logiciel Act-IP®.
  • Une IP est considérée comme acceptée lorsque le prescripteur a modifié la prescription conformément à l’IP dans un délai maximum de 48h.
  • Le mode de transmission de l’IP est classé selon 4 catégories : oral, appel téléphonique, appel téléphonique + logiciel d’aide à la prescription, logiciel d’aide à la prescription.
  • 571/723 (79%) IP ont été acceptées VS 152/723 (21%) refusées.
  • Le mode de transmission des IP impliquait le logiciel d’aide à la prescription (587/723, 81,2%), un appel téléphonique en supplément de l’IP rédigée sur le logiciel de prescription (83/723, 11,5%), une transmission orale (30/723, 4,1%) et un appel téléphonique seul (23/723, 3,2%).
  • L’acceptation des IP est analysée selon le statut du pharmacien (interne ou sénior), du statut du prescripteur (interne ou sénior), la nature de l’IP (problèmes médicamenteux, recommandations), le mode de transmission, les services, au problème éventuel lié à l’informatique. L’analyse multivariée ajustée au service et au type de recommandation montre que le taux d’acceptation des IP était plus important si elle était transmise oralement (p = 0,041) ou par appel téléphonique + suivi transmission logiciel (p = 0,001).
  • L’analyse univariée des autres facteurs associés à l’acceptation des IP n’a pas montré de différence statistiquement significative.
  • Les principaux types de problèmes nécessitant une IP (surdosage (37,6,2%), non-conformités aux référentiels et contre-indication (16,2%), voies et/ou administration
    inappropriées (14,1%) , médicaments non indiqués (10,2%) ) sont semblables,en fréquence, aux données de la littérature.

Ce que nous savions déjà :

Ce qu’on se pose comme question :

  • L’acceptation des IP par le prescripteur pourrait être également due au caractère plus ou moins urgent et/ou majeur de l’IP, incitant le pharmacien à la transmettre oralement. Cela constitue-t-il un biais important ?
  • 31,6% des IP liées à l’informatique concernaient un surdosage surtout à cause d’un doublon de ligne de prescription et 32,6% liées à un sous-dosage surtout à cause d’une erreur d’unité de dose, quels sont les moyens mis en oeuvre pour réduire la part des erreurs informatiques ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Promouvoir les avantages de la communication orale entre le pharmacien, le médecin et les autres professionnels de santé. 
  • Participer aux tournées cliniques pour véhiculer une image de disponibilité du pharmacien.
  • Tracer et analyser les IP du pharmacien. ( p.ex outil Act-IP®).
  • Éduquer les professionnels de la santé à l’utilisation des logiciels.
  • Optimiser la qualité des outils informatiques pour réduire la part des erreurs de prescription par doublons ou unités de dosage.

 

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 28 juillet 2017

L’impact du pharmacien dans la prescription des opioïdes en médecine dentaire

20170620 Visual Abstract - Opioid in dental practice

Stewart A, Zborovancik KJ, Stiely KL. The impact of pharmacy services on
opioid prescribing in dental practice. J Am Pharm Assoc (2003). 2017 Mar –
Apr;57(2S):S78-S82.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective dans une clinique dentaire sans frais pour les patients ayant un faible accès aux soins médicaux à Pittsburgh aux États-Unis.
  • L’étude se déroule de janvier 2010 à mars 2016 et inclus 102 prescriptions d’opioïde pour 89 patients.
  • Les pharmaciens sont intégrés soit complètement, partiellement ou aucunement avec les dentistes.
    • Intégration complète, le pharmacien collabore avec le dentiste pour la rédaction de toutes les prescriptions.
    • Intégration partielle, le dentiste a accès au pharmacien en cas de besoin.
    • Sans intégration, le dentiste est complètement indépendant.
  • Le taux de prescription d’opioïdes est analysé selon l’intégration du pharmacien incluant une analyse plus fine de l’adhérence des prescriptions d’opioïdes aux politiques de bon usage de la clinique. Le taux d’erreurs sur les prescriptions est également évalué.

 

  • L’intégration du pharmacien de façon complète ou partielle a permis de réduire significativement le taux de prescription des opioïdes : 0,5 prescriptions/100 contenait des opioïdes avec l’intégration du pharmacien tandis que 1,8 prescriptions/100 en contenait en l’absence du pharmacien. Les dentistes étaient 81% moins portés à prescrire des opioïdes lorsque le pharmacien était complètement intégré dans son travail.
  • Aucune différence significative n’a été trouvée dans l’adhésion à la politique sur les opioïdes de la clinique (limite d’une quantité pour 48h). En effet, 5 ordonnances rédigées en présence du pharmacien et 13 ordonnances en son absence ne respectaient pas la politique.
  • Il n’y a pas de différence significative non plus dans le taux d’erreurs sur les prescriptions. Au total, 20 prescriptions contenaient des erreurs dont 13 étaient rédigées par des dentistes sans intégration du pharmacien.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge de la douleur sont relativement bien documentés. D’autres études sur la gestion des opioïdes ont été publiés PMID28292501PMID24246213
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la douleur

Ce qu’on se pose comme question

  • Quel est l’impact clinique associé à la réduction de l’utilisation des opioides?
  • Quelle est la place réelle du pharmacien dans la pratique dentaire?
  • Comment mettre en place une telle collaboration?
  • Dans le contexte actuel de la crise des opioïdes, qu’est-ce que le pharmacien peut faire pour augmenter la responsabilisation des prescripteurs?
  • Sachant que le dentiste est l’un des plus grand prescripteur d’opioïdes chez les enfants et adolescents, quel serait l’impact du pharmacien sur la prescription d’opioïdes pour cette population?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir la prescription d’analgésiques alternatifs aux opioïdes.
  • Sensibiliser les patients aux risques de dépendance.
  • Sensibiliser les patients aux effets indésirables.
  • Collaborer davantage avec les autres professionnels afin d’éviter une sur-prescription d’opioïdes et conduire une activité de déprescription.
  • Amorcer une réduction graduelle de la dose chez les patients sous opioïdes en proposant un soutien multidisciplinaire lorsque le sevrage progressif est difficile.
  • Repérer les patients ayant des antécédents d’abus et de dépendance liés à l’usage de drogues ou une maladie mentale active et leur éviter une exposition aux opioïdes.

 

 

 

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 19 juin 2017