Impact d’une alerte informatique en cas de bactériémie à Staphylococcus Aureus

20170804 visual abstract - Soins intensifs

Wenzler E, Wang F, Goff DA, Prier B, Mellett J, Mangino JE, Bauer KA. An Automated, Pharmacist-Driven Initiative Improves Quality of Care for Staphylococcus aureus Bacteremia. Clin Infect Dis. 2017 Apr 4.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude quasi-randomisée contrôlée, rétrospective, conduite à The Ohio State University Wexner Medical Center (OSUWMC), États-Unis, durant 6 mois, en 2016.
  • Échantillon de 45 et 39 patients atteints de bactériémie à Staphylocoque doré départagés en 2 groupes (respectivement contrôle et intervention) de caractéristiques très similaires.
  • En temps normal, les prélèvements positifs à Staphylocoque sont communiqués aux médecins par le personnel du laboratoire de microbiologie. L’étude évalue l’impact de la mise en place d’une fonction informatique qui envoie des alertes aux pharmaciens lors de la détection de nouveau cas. En plus des alertes, l’outil affiche également les données démographiques des patients, les résultats microbiologiques, les antimicrobiens administrés et dispose d’interventions pharmaceutiques manuscrites pré-programmées basées sur les guidelines. Cet outil est à l’initiative des pharmaciens et est intégré aux dossier médicaux électroniques des patients. 
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact de cette notification sur la qualité de la prise en charge des bactériémies. (conformité aux recommandations, délai d’intervention du pharmacien, la durée de la bactériémie, la durée du séjour, le taux de réadmission et la mortalité toutes causes confondues à 30 jours).
  • Les quatre composantes relatives à la conformité aux recommandations ont été significativement plus fréquemment observées dans le groupe d’intervention (68.9% vs 92.3%; p = 0.008)  et incluait : Initiation du traitement cible (84,4% vs 100% ; p = 0,03), consultation infectieuse (75,6% vs 94,9% ; p=0,015), répétition des prélèvements (95,6% vs 100% ; p=0,497) et échocardiographie (93,3% vs 92,3% ; p=1).
  • Le traitement cible était en moyenne initiée 40h plus tôt dans le groupe intervention (91.8 [17.3-722] vs. 54.3 [9.5-239.9], P=0.079). 
  • La mortalité à 30 jours, toutes causes confondues était 6 fois plus élevée dans le groupe contrôle (15,6% vs 2,6% ; p = 0,063).
  • Aucune différence statistiquement significative n’a été observé concernant la durée de la bactériémie, la durée du séjour ou le taux de réadmission.

Ce que nous savions déjà :

  • Bien que les études relatives à un logiciel informatique de prise en charge soient encore peu nombreuses, les rôles et retombées du pharmacien en infectiologie sont relativement bien documentés. Nous avons recensé plusieurs études indexées dont PMID26802917, PMID27641249 et PMID12669912.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur l’infectiologie et l’informatique.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Est-ce que les résultats observés seraient les mêmes sur un plus grand échantillon ? 
  • Est-ce aussi efficace que les équipes mobiles d’infectiologies?
  • La consultation infectieuse n’est elle pas la principale source de ces résultats ?
  • Cet outil pourrait-il être utilisé pour d’autres germes ?
  • Les patients du groupe intervention étaient plus jeunes et moins sujets à des infections pulmonaires chroniques, cela a t’il eu un impact sur les résultats notamment la mortalité ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Les interventions étaient à la fois communiquer à l’oral et via le logiciel. Compte tenu des résultats de cette étude, promouvoir vos interventions même si vous ne disposez pas de cet outil.
  • Proposer l’intégration d’outils informatiques impliquant les pharmaciens dans la prise en charge de patients.

Auteur : Perrine Scherrer, Eléonore Ferrand

Création : 26 juillet 2017

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Quel est l’impact du pharmacien sur le taux de réadmission lorsqu’intégré dans un programme de transition de soins ?

20170803 Résumé visuel - transition de soins - Perrine

Polinski JM, Moore JM, Kyrychenko P, Gagnon M, Matlin OS, Fredell JW, Brennan TA, Shrank WH. An Insurer’s Care Transition Program Emphasizes Medication Reconciliation, Reduces Readmissions And Costs. Health Aff (Millwood). 2016 Jul 1;35(7):1222-9.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude rétrospective observationnelle non randomisée dans des hôpitaux des états du nord-est des États-Unis et le District de Columbia, durant 6 mois en 2013.
  • Échantillon de 131 patients dans le groupe contrôle et 131 dans le groupe intervention, chacun ayant des caractéristiques similaires. Au sein de chaque groupe, les patients sont départagés en 2 : patients à risque modéré à élevé et patients à risque élevé. L’attribution dans les groupes a été évalués selon : l’âge, le nombre et le type de médicaments, les comorbidités, l’historique médicamenteux et hospitaliers. Les patients ont été invités par téléphone à participer à l’étude trois jours après le congé.
  • L’objectif de l’étude était d’évaluer si un programme de transition de soins basé sur
    la reconciliation médicamenteuse était efficace pour réduire les taux de réadmission à 30 jours toutes causes confondues. Les motifs de réadmissions ont été aussi analysés afin de voir s’ils étaient identiques à la précédente et l’impact financier de l’intervention a également été évalué.
  • L’intervention pharmaceutique a consisté en une revue de la médication personnalisée, à domicile pour les patients à risque élevé (n = 54) et par téléphone pour les patients à risque modéré à élevé (n = 77). Les patients étaient suivi 30 jours après leur congé. Était également fournit aux patients des conseils sur l’adhérence, le plan de traitement et un soutien motivationnel. 
  • L’intervention est associée à une réduction de 50% du risque relatif de réadmission dans les 30 jours, toute cause confondue représentant une diminution de 11.1% du risque absolue. Les patients du groupe intervention étaient moins susceptibles d’être réadmis.
  • L’estimation des coûts révèle que pour 1$ investi, le retour sur investissement est de 2$. Une économie de 1347$ par patient a été estimée suite aux interventions du pharmacien.
  • Le problème le plus fréquemment identifié par la revue de médication concernait surtout l’omission d’une thérapie à la sortie (67% des cas).

Ce que nous savions déjà :

Ce qu’on se pose comme question :

  • Quel est l’impact du programme à plus long terme ?
  • Les patients ont ils rencontré d’autres professionnels à la sortie pouvant potentialiser les résultats ?
  • Quel est le coût réél associé à l’invetissement, notamment au déplacement du pharmacien à domicile pour son intervention?
  • Combien de pharmaciens étaient mobilisés et quelle était la durée de l’intervention ?
  • Est il possible de déterminer si l’intervention est plus efficace via un coup de téléphone ou la visite à domicile ?
  • L’estimation des coûts peut varier d’une localisation géographique à une autre. Cette étude peut-elle alors être généralisée aux autres hôpitaux ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Mettre en place un lien pharmacie de ville – hôpital pour chaque patient.
  • Renforcer ou prioriser la prise en charge des patients ayant des facteurs de risques plus importants.
  • Les patients sont bien souvent enclin à recevoir un suivi surtout si celui ci leur évite une ré hospitalisation, le proposer dès qu’opportain.
  • Vérifier l’abscence d’omission des traitements à la sortie des patients.
  • Diffuser les informations aux autres professionnels de santé.

Auteurs : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 25 juillet 2017

 

Le pharmacien peut-il optimiser la prise en charge de la douleur et de l’agitation chez les patients aux soins intensifs?

20170621 Visual Abstract - Pain and agitation in intensive care

Dilokpattanamongkol P, Tangsujaritvijit V, Suansanae T, Suthisisang C. Impact
of pharmaceutical care on pain and agitation in a medical intensive care unit in
Thailand. Int J Clin Pharm. 2017 Jun;39(3):573-581.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après réalisée dans une unité de soins intensifs au sein d’un hôpital universitaire en Thaïlande.
  • Le groupe pré-intervention contient 90 patients admis à l’unité entre janvier 2013 et décembre 2014. Le groupe post-intervention implique 66 patients admis entre avril et octobre 2015. Les patients sont tous âgés de plus de 18 ans, sous respiration artificielle et nécessitent une thérapie analgésique et/ou sédative.
  • Un pharmacien est présent à temps plein dans le groupe post-intervention à la différence du groupe pré-intervention. L’intervention consiste en à la mise en application de son expertise concernant l’usage approprié des analgésiques et sédatifs.
  • Les prescriptions des agents analgésiques et/ou sédatifs sont évaluées par le pharmacien  pour chaque patient selon : L’évaluation de la douleur, de l’agitation et/ou du délirium, la cause, l’âge du patient, les maladies sous-jacentes, le fonctionnement des organes, le problème actif, les données biologiques et la médication coéxistante.
  • L’intégration du pharmacien à l’équipe de soins intensifs a permis de réduire significativement la durée du séjour en soins intensifs ; durée médiane de 10 jours contre 6,5 jours,  et la durée d’hospitalisation ; durée médiane de 30,5 jours contre 17,5 jours après l’intervention.
  • L’intervention pharmaceutique est également associée à une diminution du nombre de jours sous respiration artificielle :14 jours contre 6,5 jours après l’intervention.
  • Aucune différence significative n’a cependant été montrée sur le taux de mortalité des patients : 53,03% contre 46,67% après l’intervention.

Ce que nous savions déjà    

  • Les rôles et les retombées du pharmacien aux soins intensifs sont bien documentés. Nous avons recensé une autre étude qui montre les retombées positives de la gestion de la douleur et de l’agitation par le pharmacien aux soins intensifs PMID28179250.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur les soins intensifs

Ce qu’on se pose comme question

  • Est-ce que l’impact de l’introduction d’un pharmacien spécialisé serait le même dans d’autres unités de l’hôpital?
  • Quel est l’impact d’un  pharmacien spécialisé sur les autres pathologies rencontrées aux soins intensifs (p.ex. infections)?
  • Quel est le coût associé à l’ajout d’un pharmacien spécialiste à l’équipe des soins intensifs et les économies éventuelles relatives à une diminution de la durée de séjour et l’usage approprié des médicaments ?
  • Quel était le niveau présence pharmaceutique dans le groupe pré intervention?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Suivre les lignes directrices sur la gestion de la douleur et de l’agitation afin d’optimiser la pharmacothérapie des patients en soins intensifs.
  • Ne pas hésiter à utiliser son expertise dans la gestion des médicaments pour la douleur et l’agitation et faire ses recommandations.

Auteurs : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 22 juin 2017

L’outil RASP dans la réconciliation médicamenteuse des patients âgés?

20170804 visual abstract - RASP personnes âgées

Van der Linden L, Decoutere L, Walgraeve K, Milisen K, Flamaing J, Spriet I,
Tournoy J. Combined Use of the Rationalization of Home Medication by an Adjusted
STOPP in Older Patients (RASP) List and a Pharmacist-Led Medication Review in
Very Old Inpatients: Impact on Quality of Prescribing and Clinical Outcome. Drugs
Aging. 2017 Feb;34(2):123-133.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude quasi-randomisée contrôlée réalisée sur des patients gériatriques dans un hôpital universitaire à Flanders en Belgique.
  • Échantillon de 172 patients admis entre décembre 2011 à août 2012 répartis comme tel: 81 patients dans le groupe contrôle et 91 patients dans le groupe intervention.
  • L’intervention du pharmacien clinicien consiste à effectuer la réconciliation médicamenteuse (équivalent au bilan comparatif des médicaments) en deux étapes à l’arrivée et à la sortie des patients. Durant la première étape, le pharmacien utilisait la liste RASP (Rationalization of home medication by an Adjusted STOPP in older Patients), une liste basée sur les critères STOPP. La seconde étape permet d’aller plus loin dans la revue de la médication en s’attardant davantage sur les traitements non appropriés (p. ex. patients sur ou sous-traités). Les recommandations des pharmaciens sont ensuite rapportées aux médecins et un suivi est réalisé après un et trois mois suivant le congé. Le groupe contrôle était pris en charge par un gériatre qui n’était pas au courant du protocole de l’étude.
  • Dans le groupe intervention, plus de 18% de médicaments ont été arrêtés ou réduits de dose comparé aux médicaments du groupe contrôle.
  • Le nombre médian de médicaments potentiellement inappropriés qui ont été arrêtés et non ré-initiés au congé est plus élevé dans le groupe intervention; nombre médian de médicaments de la liste RASP prescrit au congé: 0,5 médicaments potentiellement inappropriés contre 2 dans le groupe contrôle (p < 0,001).
  • Le ratio du nombre de médicaments au congé sur le nombre de médicaments à l’admission n’est pas significativement différent entre les deux groupes.
  • Le ratio de mortalité mesuré durant l’hospitalisation et à trois mois après le congé n’est pas significativement différent d’un groupe à l’autre : 6,7 contre 7,5 dans le groupe contrôle.
  • Le nombre de ré-hospitalisations n’est pas significativement différent d’un groupe à l’autre. Cependant, le nombre de patients qui se sont présentés aux urgences sans ré-hospitalisation est plus bas dans le groupe intervention (1/87) que dans le groupe contrôle (7/79) (p=0,021).
  • La qualité de vie mesurée avec l’index Eq-5D est meilleure dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle (0,358 contre 0,294, p = 0,008).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en gériatrie sont relativement bien documentés. Plusieurs études ont été publiés sur la prise en charge des patients gériatriques par le pharmacien PMID11443021PMID17493184PMID22642783
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la gériatrie.

Ce qu’on se pose comme question

  • Quel est l’effet de l’intervention à plus long terme?
  • Cette pratique pourrait-elle être applicable en pharmacie communautaire?
  • Quel serait le résultat d’une comparaison de la mesure de la qualité de vie si elle était évaluée avant et après l’intervention pour un même patient?
  • L’outil RASP est il plus efficace que l’outil STOPP ? Un des deux outils est-il à privilégier ?
  • Quel est l’impact économique de l’intervention?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Utiliser les critères STOPP/START lors de la révision de la pharmacothérapie des patients âgés.
  • Ne pas hésiter à faire ses recommandations aux médecins.
  • Faire le suivi des patients âgés, particulièrement s’ils ont un médicament potentiellement inapproprié dans leur pharmacothérapie.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 3 août 2017

Quel est l’impact de la contribution du pharmacien chez les enfants atteints de bêta-thalassémie majeure ?

20170803 Résumé visuel - beta-thalassemie - Perrine

Bahnasawy SM, El Wakeel LM, Beblawy NE, El-Hamamsy M. Clinical Pharmacist-Provided Services In Iron-Overloaded Beta-Thalassaemia Major Children: A New Insight Into Patient Care. Basic Clin Pharmacol Toxicol. 2017 Apr;120(4):354-359.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude randomisée contrôlée prospective dans une clinique d’hématologie pédiatrique, Hôpital pour enfants, Université Ain Shams, Caire, Égypte.
  • Échantillon de 48 patients âgés de 8 à 18 ans, atteints de BTM, présentant une surchage ferrique supérieur à 1000 µg/l et nécessitant des séances de transfusion. Les patients sont répartis équitablement et aléatoirement en deux groupes (groupe contrôle et groupe intervention) inclus pendant une période de 8 mois en 2015.
  • Les patients et leur famille ont bénéficié d’entretiens personnalisés après chaque visite médicale, toutes les 2 à 4 semaines.  Durant la période de l’étude, le nombre de problèmes liés à la thérapie (p.ex. adhérence au traitement, effets indésirables, erreur de dosage) et les niveaux de ferritine sérique ont été collecté tous les 3 mois . Les patients ont complété des questionnaires adaptés à la population pediatrique concernant leur ressenti sur la qualité de vie et mesurer la satisfaction des parents 6 mois après l’étude (PedsQLT HRQoL et HRQoL Healthcare Satisfaction Hematology/Oncology)
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution des problèmes liés aux médicaments dans le groupe intervention : 64 problèmes à T0 contre 4 après 6 mois . Le problème le plus fréquemment rencontré était associé à l’adhérence (24 à T0 puis 3 à 6mois) suivi des effets indésirables (14 à T0 puis 0 à 6mois) et des doses de chélateurs infra-thérapeutiques (14 à T0 puis 0 à 6mois). 
  • Les patients du groupe intervention présentent des taux de ferritine sérique moyen significativement plus bas au bout de 6 mois: en moyenne 3713μg/L dans le groupe contrôle contre 2362μg/L (p<0,0042).
  • Les scores relatifs à la qualité de vie et la satisfaction des parents des patients du groupe intervention sont significativement plus haut à 6 mois (p = 0.0049, p > 0.0001, respectivement).

Ce que nous savions déjà :

  • Les rôles et retombées du pharmacien sur la prise en charge des enfants atteints de pathologies hématologiques sont peu documentés. Nous avons recensé quelques études indexées explorant l’impact du pharmacien en hémato-oncologie pédiatrique dont PMID23534806 et PMID22207272.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur le cancer et l’hémato-oncologie.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Est-ce que les résultats observés sont maintenus ou même améliorés à long terme?
  • Quelle était l’évolution des problèmes  liés aux médicaments notamment l’adhérence et les effets indésirables dans le groupe contrôle ?
  • Quelles sont les raisons de la présence de doses infra-thérapeutiques ? Y-a-t’il eu un défaut de monitoring ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Compte tenu des nombreux effets indésirables associés aux chélateurs de fer,cibler lors de l’entretien pharmaceutique, les questions relatives aux effets indésirables et  leurs répercussions sur le quotidien des enfants. 
  • Repérer les défauts d’adhérence et anticiper les interventions.
  • Rappeler l’importance du monitoring des dosages ferriques pour éviter des posologies infra/supra thérapeutiques
  • Suggérer un changement de la formulation thérapeutique des chélateurs de fer en cas de non adhérence.
  • Promouvoir les avantages des interventions pharmaceutiques auprès des enfants atteints de bêta-thalassémie majeure et l’extrapoler aux patients jeunes adultes. 
  • Impliquer les parents dans l’éducation thérapeutique des enfants.

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 11 juillet 2017

Quel est l’impact du suivi pharmaceutique auprès des patients atteints d’un cancer pulmonaire ?

20170803 Résumé visuel - lung cancer - Perrine

 

Walter C, Mellor JD, Rice C, Kirsa S, Ball D, Duffy M, Herschtal A, Mileshkin L. Impact of a specialist clinical cancer pharmacist at a multidisciplinary lung cancer clinic. Asia Pac J Clin Oncol. 2016 Sep;12(3):e367-74

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude prospective dans le service d’oncologie au Peter MacCallum Cancer Centre, Melbourne, Australie.
  • Échantillon de 48 patients atteints d’un cancer pulmonaire ayant bénéficié d’un suivi personnalisé par le pharmacien en 2011.
  • A l’inclusion, le pharmacien fournissait aux patients : des informations thérapeutiques, expliquait le plan de traitement, effectuait une revue complète de la médication et communiquait ses interventions auprès des professionnels de santé concernés. Le plan de traitement personnalisé était également transmis au médecin généraliste et au pharmacien communautaire.
  • Chaque patient a été contacté par téléphone 7 jours après le congé et également revu lors des consultations médicales (à 30 jours) afin d’optimiser et évaluer leur adhérence au traitement et recueillir leur satisfaction. Toutes les interventions pharmaceutiques ont été listées et catégorisées en fonction du niveau de risque de survenue d’effets indésirables pour le patient.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une augmentation significative de l’adhérence au traitement (p=0,0001) ainsi qu’une augmentation de la satisfaction des patients (p<0,001) entre la première et la seconde évaluation à 30 jours.
  • Les 154 interventions du pharmaciens ont été estimées comme évitant la survenue de 7 évènements considérés comme à risque extrême et 67 à haut risque.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution du nombre moyen de consultations par patient ainsi que du nombre de réadmissions imprévues en regard des données récoltées à partir de l’année précédente ; 2.98 consultations/patient pendant la durée de l’étude contre 3.32 en 2010 (p = 0.004) et 117 réadmissions pendant l’étude contre 134 en 2010 (p = 0.265).
  • 74% (23/31) des généralistes sondés décrivent l’intervention du pharmacien comme étant utile.

Ce que nous savions déjà :

  • Les rôles et retombées du pharmacien en oncologie sont bien documentés. Toutefois, l’analyse de l’adhérence et la satisfaction des patients dans une unité d’oncologie sont moins documentés. Nous avons recensé quelques études indexées dont PMID28506976 et PMID24726204.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur le cancer.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Aurions-nous eu des résultats différents s’il y avait eu une comparaison avec un groupe contrôle, un plus grand échantillon, une localisation cancereuse impliquant d’autres traitements ?20170803 Résumé visuel – lung cancer – Perrine
  • Quels étaient les traitements des patients ?
  • Quels étaient les motifs de visites ou de réadmissions en 2010 et pendant l’étude ?
  • Quelles sont les retombées économiques de l’intervention ?
  • Quelles sont les retombées cliniques de l’intervention ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Instaurer un suivi personnalisé au congé auprès de tous les patients atteints d’un cancer.
  • Diffuser les informations et collaborer avec les autres professionnels de santé.

Auteur : Perrine Scherrer

Création : 16 juin 2017

Le pharmacien a-t-il un impact sur la gestion de la douleur?

20180130 visual abstract - gestion de la douleur - Mathew

Mathew S, Chamberlain C, Alvarez KS, Alvarez CA, Shah M. Impact of a
Pharmacy-Led Pain Management Team on Adults in an Academic Medical Center. Hosp
Pharm. 2016 Sep;51(8):639-645.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective réalisée dans un établissement de santé universitaire à Dallas, Texas, États-Unis.
  • Échantillon de 100 patients adultes (âge moyen:43 ans) admis entre le 1er novembre 2009 et le 1er novembre 2011 et atteints de douleur aiguë et/ou chronique.
  • 43% des patients avaient des antécédents de toxicomanie et 22% des patients avaient des antécédents psychiatriques. La majorité des patients ont rapporté une douleur aiguë, soit seule ou secondaire à une douleur chronique, et les sites douloureux les plus fréquents concernaient le dos et l’abdomen. 88% des patients prenaient des opioïdes avant leur admission.
  • L’intervention consistait en la mise en place d’un service de consultation pour la gestion de la douleur par un pharmacien spécialiste.  Ce service implique une évaluation de la douleur, de la pharmacothérapie, des effets indésirables, du statut fonctionnel des patients et tout autre facteur pouvant influencer la gestion de la douleur. La douleur des patients a été évaluée par un score de douleur, allant de 0 à 10, calculé à partir de la documentation des infirmières 24H avant et 24H après la visite du pharmacien et renouvelé 24H avant le congé du patient.
  • 585 des 821 interventions faites par le pharmacien concernaient la douleur, dont 24,3% suggéraient l’ajout d’opioïdes, 14,9% l’ajout d’un autre agent antalgique et  18.5% l’augmentation des doses. Les autres interventions non relatives à la douleur (236) concernaient la prise en charge des effets indésirables comme la constipation (33%) et les nausées/vomissements (19.5%).
  • Les scores moyens de douleurs ont été améliorés suite à la consultation avec le pharmacien. En effet, le score pré-consultation était de 6,15. 24H après la consultation, le score était de 3,25 (p < 0,001) et 24H avant le congé, le score moyen était de 2,6 (p < 0,001).
  • Parmi les 100 patients à l’étude, 86,6% des 82 patients ayant plus de 2 notes de consultation au dossier ont présenté une amélioration de leurs fonctions telles que le sommeil, la mobilité et l’appétit.
  • Huit patients ont été réadmis en raison de leur douleur après 14 jours et 14 patients après 30 jours.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge de la douleur sont relativement bien documentés. Des études décrivant une réduction la douleur grâce aux interventions du pharmacien ont déjà été publiés, dont une méta-analyse PMID24480911
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la douleur.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’intervention a-t-elle conduit à un meilleur usage des opioïdes ?
  • Quels auraient été les résultats si cette intervention avait été comparé à un groupe contrôle ?
  • Les résultats auraient-ils été les mêmes avec un plus grand échantillon ou dans une autre catégorie d’âge?
  • Quelle était l’observance des patients qui ont été réadmis à 14 jours et 30 jours?
  • Compte tenu des antécédents de toxicomanie qui concernent 43% des patients, quelle est la persistance de l’intervention dans le temps ?
  • Les infirmières ont-elles bien documenté la douleur des patients ?
  • Quel est le coût par rapport aux bénéfices de ces interventions ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Profiter du suivi rendu possible grâce à l’hospitalisation des patients pour mesurer l’efficacité des interventions.
  • Conseiller les patients sur la gestion de leurs douleurs.
  • Faire le suivi de l’efficacité du traitement et des effets indésirables.
  • Épargner les prescriptions d’opioïdes lorsque non nécessaires.
  • Relayer l’information au pharmacien de ville.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 7 août 2017