Impact d’une alerte informatique en cas de bactériémie à Staphylococcus Aureus

20170804 visual abstract - Soins intensifs

Wenzler E, Wang F, Goff DA, Prier B, Mellett J, Mangino JE, Bauer KA. An Automated, Pharmacist-Driven Initiative Improves Quality of Care for Staphylococcus aureus Bacteremia. Clin Infect Dis. 2017 Apr 4.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude quasi-randomisée contrôlée, rétrospective, conduite à The Ohio State University Wexner Medical Center (OSUWMC), États-Unis, durant 6 mois, en 2016.
  • Échantillon de 45 et 39 patients atteints de bactériémie à Staphylocoque doré départagés en 2 groupes (respectivement contrôle et intervention) de caractéristiques très similaires.
  • En temps normal, les prélèvements positifs à Staphylocoque sont communiqués aux médecins par le personnel du laboratoire de microbiologie. L’étude évalue l’impact de la mise en place d’une fonction informatique qui envoie des alertes aux pharmaciens lors de la détection de nouveau cas. En plus des alertes, l’outil affiche également les données démographiques des patients, les résultats microbiologiques, les antimicrobiens administrés et dispose d’interventions pharmaceutiques manuscrites pré-programmées basées sur les guidelines. Cet outil est à l’initiative des pharmaciens et est intégré aux dossier médicaux électroniques des patients. 
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact de cette notification sur la qualité de la prise en charge des bactériémies. (conformité aux recommandations, délai d’intervention du pharmacien, la durée de la bactériémie, la durée du séjour, le taux de réadmission et la mortalité toutes causes confondues à 30 jours).
  • Les quatre composantes relatives à la conformité aux recommandations ont été significativement plus fréquemment observées dans le groupe d’intervention (68.9% vs 92.3%; p = 0.008)  et incluait : Initiation du traitement cible (84,4% vs 100% ; p = 0,03), consultation infectieuse (75,6% vs 94,9% ; p=0,015), répétition des prélèvements (95,6% vs 100% ; p=0,497) et échocardiographie (93,3% vs 92,3% ; p=1).
  • Le traitement cible était en moyenne initiée 40h plus tôt dans le groupe intervention (91.8 [17.3-722] vs. 54.3 [9.5-239.9], P=0.079). 
  • La mortalité à 30 jours, toutes causes confondues était 6 fois plus élevée dans le groupe contrôle (15,6% vs 2,6% ; p = 0,063).
  • Aucune différence statistiquement significative n’a été observé concernant la durée de la bactériémie, la durée du séjour ou le taux de réadmission.

Ce que nous savions déjà :

  • Bien que les études relatives à un logiciel informatique de prise en charge soient encore peu nombreuses, les rôles et retombées du pharmacien en infectiologie sont relativement bien documentés. Nous avons recensé plusieurs études indexées dont PMID26802917, PMID27641249 et PMID12669912.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur l’infectiologie et l’informatique.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Est-ce que les résultats observés seraient les mêmes sur un plus grand échantillon ? 
  • Est-ce aussi efficace que les équipes mobiles d’infectiologies?
  • La consultation infectieuse n’est elle pas la principale source de ces résultats ?
  • Cet outil pourrait-il être utilisé pour d’autres germes ?
  • Les patients du groupe intervention étaient plus jeunes et moins sujets à des infections pulmonaires chroniques, cela a t’il eu un impact sur les résultats notamment la mortalité ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Les interventions étaient à la fois communiquer à l’oral et via le logiciel. Compte tenu des résultats de cette étude, promouvoir vos interventions même si vous ne disposez pas de cet outil.
  • Proposer l’intégration d’outils informatiques impliquant les pharmaciens dans la prise en charge de patients.

Auteur : Perrine Scherrer, Eléonore Ferrand

Création : 26 juillet 2017

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Quels sont les impacts de la saisie des ordonnances de chimiothérapie par le technicien en pharmacie ?

20170807 visual abstract - autre Neville

Neville H, Broadfield L, Harding C, Heukshorst S, Sweetapple J, Rolle M. Chemotherapy Order Entry by a Clinical Support Pharmacy Technician in an Outpatient Medical Day Unit. Can J Hosp Pharm. 2016 May-Jun;69(3):202-8.

 Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après réalisée dans un hôpital de jour, Halifax, Canada
  • L’étude inclut les ordonnances de chimiothérapies parentérales des patients traités dans l’hôpital de jour pour des cancers hématologiques . Les ordonnances comprenant également les dérivés du Mesna ou des essais cliniques, dont 143 ordonnances saisies sur une phase 1 pré implantation de 7 jours et 128 ordonnances saisies sur une phase 2 post implantation 6 jours.
  • L’étude explore la faisabilité de déleguer aux assistants techniciens la saisie d’ordonnance de chimiothérapie des patients ambulatoires sur le logiciel informatique. Dans la phase 1 et 2, l’étape de screening est réalisée par le technicien préalablement formé et accrédité toujours suivi d’une vérification par le pharmacien clinicien oncologue. Dans la phase 2, la saisie de l’ordonnance informatique est déléguée au technicien dans le dossier du patient. Le technicien formé identifie le bon patient, le statut allergique, le protocole et renseigne les lignes de la prescription (p ex : médicaments, doses, fréquence, prescripteur, volume, date d’expiration). L’ordonnance est ensuite transmise à l’unité de reconstitution pour une nouvelle vérification pharmaceutique. Les étapes suivantes sont identiques dans la phase 1 et 2 avec vérification pharmaceutique de la chimiothérapie reconstituée.
  • L’étude rapporte une diminution du temps moyen nécessaire à la saisie d’une ordonnance (phase 1 qui implique un pharmacien (1min 37) vs phase 2 qui implique le technicien (1min 20) (p = 0,044)). Sur une journée, la saisie dure en moyenne 33 minutes/j dans la phase 1 et 28,24 min dans la phase 2. Aucune différence significative n’a été relevée dans le temps total moyen de vérification des saisies (phase 1 : 1min21; phase 2 : 1min20). Le technicien est moins dérangé que le pharmacien lors de la saisie (phase 1 : 8 fois  versus phase 2 : 5 fois).
  • Trois erreurs ont été identifiées lors du processus de saisie dans la phase 1 contre 0 dans la phase 2 , comme par exemple des informations manquantes ou incorrectes,surface corporelle médicament, protocole / régime de chimiothérapie, force, dose, date d’administration, coût des médicaments / financement, signature du médecin, diluants IV. Une erreur a été identifiée dans la phase 2 contre 0 dans la phase 1 lors de l’étape de la vérification des prescriptions saisies sur le logiciel par le pharmacien et concernait une date incorrecte.  Toutes les erreurs étaient jugées sans « effet » sur une échelle de 4 niveaux (sévère, significative, mineure, sans effet).

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’étude est-elle assez longue pour conclure sur la sévérité et l’efficacité du programme ?
  • La présence d’un chronométrage n’a t’il pas biaisé les résultats ?
  • Quel était la validité de l’échelle de codification des erreurs ?
  • L’échantillon n’est-il pas trop petit pour généraliser les résultats ?
  • Comment étaient formés les techniciens ?
  • Cette expansion des responsabilités des techniciens au Canada est elle envisageable dans d’autres pays ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Élargir les compétences et responsabilité du technicien en pharmacie et disposer de plus de temps en clinique.
  • Repenser la répartition des tâches.
  • Partager davantage les rôles et les retombées de l’importance de l’implication du technicien en pharmacie dans le système de soins.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

 

 

Initiation de Dabigatran en ambulatoire et à l’hôpital, une opportunité d’action pour les pharmaciens ?

20170807 visual abstract - anticoagulothérapie Shimizu

Shimizu T, Momose Y, Ogawa R, Takahashi M, Echizen H. Impact of Pharmacists’ audit on improving the quality of prescription of dabigatran etexilate methanesulfonate: a retrospective study. J Pharm Health Care Sci. 2017 Jan 17;3:4.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, rétrospective à l’hôpital Kithahara International, Tokyo,  Japon.
  • L’étude inclut les prescriptions initiales de dabigatran de 131 patients ambulatoires et 97 patients hospitalisés entre mars 2011 et février 2014.
  • Un audit rétrospectif cible les prescriptions initiales de dabigatran afin de vérifier le respect des recommandations (indications, contre indications, posologie, switch avec la warfarine). Les données nécessaires à l’analyse de prescription sont extraites à partir du dossier médical électronique des patients hospitalisés et sur la base d’un questionnaire oral mené par le pharmacien communautaire pour les patients ambulatoires .
  • L’audit montre que les patients ambulatoires ont une première prescription significativement plus appropriées (n=43/131, 33%) que les patients hospitalisés (11/97, 11%) (p<0,001).
  • Toutefois, 2 patients ambulatoires ont reçu une prescription ne respectant pas les contre-indications (présence d’une clairance <30mL/min).
  • En regard de l’âge du patient, le nombre de patients ayant un dosage inapproprié est plus important chez les patients ambulatoires (n=19 patients dont 14 surdosages et 5 sous dosages) que chez les patients hospitalisés (n =3 dont 2 surdosages et 1 sous dosage).
  • Des événements hémorragiques sont survenux auprès de 9 des 124 patients ambulatoires (7,3%) et auprès de 8 des 97 patients hospitalisés (8,2%), sans différence significative d’incidence entre deux groupes (OR 0,9, IC à 95% 0,3-2,3).

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées pharmacien dans l’anticoagulothérapie sont bien documentés. Une étude indexée montre l’intervention du pharmacien sur la correction des erreurs de l’anticoagulothérapie à l’admission et prescription optimale: PMID25794699
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Anticoagulothérapie

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les données médicales recueillies électroniquement chez les patients hospitalisés sont probablement plus précises que lors d’un questionnaire. Les données du groupe ambulatoire étaient-elles assez exhaustives pour l’analyse des prescriptions par les pharmaciens ?
  • Compte tenu des erreurs de prescriptions, y a t’il eu un défaut du suivi des recommandations de la part des prescripteurs ou des pharmaciens ?
  • Quelles solutions ont été mises en place suite à l’audit ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Les anticoagulants oraux directs ne nécessitent pas de suivi de test de laboratoire. Toutefois, une évaluation de l’indication, l’âge du patient, le statut rénal ainsi que la revue de la médication sont essentielles lors de l’initiation.
  • Implanter, en collaboration avec les médecins, une analyse fine des initiations de traitements anticoagulants.
  • Partager davantage vos rôles et retombées dans le suivi des patients sous anticoagulants.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

 

Quel est l’impact de la préparation anticipée des prescriptions de sortie aux urgences ?

20170807 visual abstract - autre Britt

Tran T, Hardidge A, Heland M, Taylor SE, Garrett K, Mitri E, Elliott RA. Slick scripts: impact on patient flow targets of pharmacists preparing discharge prescriptions in a hospital with an electronic prescribing system. J Eval Clin Pract. 2017 Apr;23(2):333-339.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude prospective avant-après, dans trois services d’urgence (chirurgie orthopédique, plastique et gastro-intestinale) au centre hospitalier de Melbourne en Australie.
  • L’étude inclut 505 patients admis aux urgences entre le lundi et le vendredi de février et juin 2014 répartis en deux groupes pré (n=259) et post intervention (n=246).
  • L’intervention du pharmacien consistait à préparer la prescription de sortie électroniquement en discuter avec le médecin pour approbation et enfin réaliser la conciliation médicamenteuse.  L’impact du programme est évalué à partir de données concernant par ex : le temps passé aux urgences avant la sortie ou le transfert, le nombre de patients sortis à des horaires distinctes p.ex après 21H, le nombre de prescription préparée avant l’heure de sortie institutionnelle, le nombre de prescription qui ont nécessité une modification (erreur de prescription ou traitement analgésique non optimal).
  • L’intervention du pharmacien permet de diminuer significativement le temps passé aux urgences après 21h : Pré intervention : n=211 minutes et Post intervention : n=154 minutes (p<0,01) et permet d’augmenter significativement le nombre de patients sortis avant 21h  : Pré intervention : n=20 et Post intervention : n= 42 (p<0,01).
  • Il n’y avait pas de différence significative dans le pourcentage de patients transférés dans les étages dans les quatre ou six heures suivant leur  présentation aux urgences.
  • Concernant les prescriptions de sortie du groupe post intervention, le pourcentage de prescriptions nécessitant une modification a diminué de
    66,3% à 21,4% (différence de pourcentage de 44,6%, P <0,01) et le pourcentage de médicaments nécessitant une modification a diminué de 19,4% à 5,2% (différence de pourcentage 14,2%, P <0,01).
  • Des questionnaires de satisfaction ont été distribués aux docteurs, infirmiers et pharmaciens. La majorité des répondants sont satisfaits du service et souhaiterait que le service perdure.

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des patients à l’urgence sont bien documentés. Nous avons recensé plusieurs études indexées démontrant une diminution des erreurs médicamenteuses au congé des patients : PMID28007439, PMID23332093.
  • Toutefois, peu d’études évaluent l’impact de la préparation anticipée des prescriptions en amont du médecin.
  • Nous recensons une étude impliquant les techniciens en pharmacie dans la saisie d’ordonnances de chimiothérapie en amont des pharmaciens : PMID27402999.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Urgence

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’embauche d’un médecin versus celle d’un pharmacien serait elle plus efficace ?
  • Quel est l’impact économique de l’intervention ?
  • Combien de temps prend l’intervention du pharmacien?
  • Les patients étaient-ils similaires dans les deux groupes ?
  • Est il possible de réaliser cette étude sans un logiciel de prescription ?
  • Cette intervention en Australie est elle transposable dans nos pratiques et d’autres services ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Proposer d’implanter cette pratique aux urgences de votre établissement.
  • Évaluer l’impact économique de cette intervention.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

Publication  :

Quel est l’impact du pharmacien sur le taux de réadmission lorsqu’intégré dans un programme de transition de soins ?

20170803 Résumé visuel - transition de soins - Perrine

Polinski JM, Moore JM, Kyrychenko P, Gagnon M, Matlin OS, Fredell JW, Brennan TA, Shrank WH. An Insurer’s Care Transition Program Emphasizes Medication Reconciliation, Reduces Readmissions And Costs. Health Aff (Millwood). 2016 Jul 1;35(7):1222-9.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude rétrospective observationnelle non randomisée dans des hôpitaux des états du nord-est des États-Unis et le District de Columbia, durant 6 mois en 2013.
  • Échantillon de 131 patients dans le groupe contrôle et 131 dans le groupe intervention, chacun ayant des caractéristiques similaires. Au sein de chaque groupe, les patients sont départagés en 2 : patients à risque modéré à élevé et patients à risque élevé. L’attribution dans les groupes a été évalués selon : l’âge, le nombre et le type de médicaments, les comorbidités, l’historique médicamenteux et hospitaliers. Les patients ont été invités par téléphone à participer à l’étude trois jours après le congé.
  • L’objectif de l’étude était d’évaluer si un programme de transition de soins basé sur
    la reconciliation médicamenteuse était efficace pour réduire les taux de réadmission à 30 jours toutes causes confondues. Les motifs de réadmissions ont été aussi analysés afin de voir s’ils étaient identiques à la précédente et l’impact financier de l’intervention a également été évalué.
  • L’intervention pharmaceutique a consisté en une revue de la médication personnalisée, à domicile pour les patients à risque élevé (n = 54) et par téléphone pour les patients à risque modéré à élevé (n = 77). Les patients étaient suivi 30 jours après leur congé. Était également fournit aux patients des conseils sur l’adhérence, le plan de traitement et un soutien motivationnel. 
  • L’intervention est associée à une réduction de 50% du risque relatif de réadmission dans les 30 jours, toute cause confondue représentant une diminution de 11.1% du risque absolue. Les patients du groupe intervention étaient moins susceptibles d’être réadmis.
  • L’estimation des coûts révèle que pour 1$ investi, le retour sur investissement est de 2$. Une économie de 1347$ par patient a été estimée suite aux interventions du pharmacien.
  • Le problème le plus fréquemment identifié par la revue de médication concernait surtout l’omission d’une thérapie à la sortie (67% des cas).

Ce que nous savions déjà :

Ce qu’on se pose comme question :

  • Quel est l’impact du programme à plus long terme ?
  • Les patients ont ils rencontré d’autres professionnels à la sortie pouvant potentialiser les résultats ?
  • Quel est le coût réél associé à l’invetissement, notamment au déplacement du pharmacien à domicile pour son intervention?
  • Combien de pharmaciens étaient mobilisés et quelle était la durée de l’intervention ?
  • Est il possible de déterminer si l’intervention est plus efficace via un coup de téléphone ou la visite à domicile ?
  • L’estimation des coûts peut varier d’une localisation géographique à une autre. Cette étude peut-elle alors être généralisée aux autres hôpitaux ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Mettre en place un lien pharmacie de ville – hôpital pour chaque patient.
  • Renforcer ou prioriser la prise en charge des patients ayant des facteurs de risques plus importants.
  • Les patients sont bien souvent enclin à recevoir un suivi surtout si celui ci leur évite une ré hospitalisation, le proposer dès qu’opportain.
  • Vérifier l’abscence d’omission des traitements à la sortie des patients.
  • Diffuser les informations aux autres professionnels de santé.

Auteurs : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 25 juillet 2017

 

Le pharmacien peut-il optimiser la prise en charge de la douleur et de l’agitation chez les patients aux soins intensifs?

20170621 Visual Abstract - Pain and agitation in intensive care

Dilokpattanamongkol P, Tangsujaritvijit V, Suansanae T, Suthisisang C. Impact
of pharmaceutical care on pain and agitation in a medical intensive care unit in
Thailand. Int J Clin Pharm. 2017 Jun;39(3):573-581.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après réalisée dans une unité de soins intensifs au sein d’un hôpital universitaire en Thaïlande.
  • Le groupe pré-intervention contient 90 patients admis à l’unité entre janvier 2013 et décembre 2014. Le groupe post-intervention implique 66 patients admis entre avril et octobre 2015. Les patients sont tous âgés de plus de 18 ans, sous respiration artificielle et nécessitent une thérapie analgésique et/ou sédative.
  • Un pharmacien est présent à temps plein dans le groupe post-intervention à la différence du groupe pré-intervention. L’intervention consiste en à la mise en application de son expertise concernant l’usage approprié des analgésiques et sédatifs.
  • Les prescriptions des agents analgésiques et/ou sédatifs sont évaluées par le pharmacien  pour chaque patient selon : L’évaluation de la douleur, de l’agitation et/ou du délirium, la cause, l’âge du patient, les maladies sous-jacentes, le fonctionnement des organes, le problème actif, les données biologiques et la médication coéxistante.
  • L’intégration du pharmacien à l’équipe de soins intensifs a permis de réduire significativement la durée du séjour en soins intensifs ; durée médiane de 10 jours contre 6,5 jours,  et la durée d’hospitalisation ; durée médiane de 30,5 jours contre 17,5 jours après l’intervention.
  • L’intervention pharmaceutique est également associée à une diminution du nombre de jours sous respiration artificielle :14 jours contre 6,5 jours après l’intervention.
  • Aucune différence significative n’a cependant été montrée sur le taux de mortalité des patients : 53,03% contre 46,67% après l’intervention.

Ce que nous savions déjà    

  • Les rôles et les retombées du pharmacien aux soins intensifs sont bien documentés. Nous avons recensé une autre étude qui montre les retombées positives de la gestion de la douleur et de l’agitation par le pharmacien aux soins intensifs PMID28179250.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur les soins intensifs

Ce qu’on se pose comme question

  • Est-ce que l’impact de l’introduction d’un pharmacien spécialisé serait le même dans d’autres unités de l’hôpital?
  • Quel est l’impact d’un  pharmacien spécialisé sur les autres pathologies rencontrées aux soins intensifs (p.ex. infections)?
  • Quel est le coût associé à l’ajout d’un pharmacien spécialiste à l’équipe des soins intensifs et les économies éventuelles relatives à une diminution de la durée de séjour et l’usage approprié des médicaments ?
  • Quel était le niveau présence pharmaceutique dans le groupe pré intervention?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Suivre les lignes directrices sur la gestion de la douleur et de l’agitation afin d’optimiser la pharmacothérapie des patients en soins intensifs.
  • Ne pas hésiter à utiliser son expertise dans la gestion des médicaments pour la douleur et l’agitation et faire ses recommandations.

Auteurs : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 22 juin 2017

L’outil RASP dans la réconciliation médicamenteuse des patients âgés?

20170804 visual abstract - RASP personnes âgées

Van der Linden L, Decoutere L, Walgraeve K, Milisen K, Flamaing J, Spriet I,
Tournoy J. Combined Use of the Rationalization of Home Medication by an Adjusted
STOPP in Older Patients (RASP) List and a Pharmacist-Led Medication Review in
Very Old Inpatients: Impact on Quality of Prescribing and Clinical Outcome. Drugs
Aging. 2017 Feb;34(2):123-133.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude quasi-randomisée contrôlée réalisée sur des patients gériatriques dans un hôpital universitaire à Flanders en Belgique.
  • Échantillon de 172 patients admis entre décembre 2011 à août 2012 répartis comme tel: 81 patients dans le groupe contrôle et 91 patients dans le groupe intervention.
  • L’intervention du pharmacien clinicien consiste à effectuer la réconciliation médicamenteuse (équivalent au bilan comparatif des médicaments) en deux étapes à l’arrivée et à la sortie des patients. Durant la première étape, le pharmacien utilisait la liste RASP (Rationalization of home medication by an Adjusted STOPP in older Patients), une liste basée sur les critères STOPP. La seconde étape permet d’aller plus loin dans la revue de la médication en s’attardant davantage sur les traitements non appropriés (p. ex. patients sur ou sous-traités). Les recommandations des pharmaciens sont ensuite rapportées aux médecins et un suivi est réalisé après un et trois mois suivant le congé. Le groupe contrôle était pris en charge par un gériatre qui n’était pas au courant du protocole de l’étude.
  • Dans le groupe intervention, plus de 18% de médicaments ont été arrêtés ou réduits de dose comparé aux médicaments du groupe contrôle.
  • Le nombre médian de médicaments potentiellement inappropriés qui ont été arrêtés et non ré-initiés au congé est plus élevé dans le groupe intervention; nombre médian de médicaments de la liste RASP prescrit au congé: 0,5 médicaments potentiellement inappropriés contre 2 dans le groupe contrôle (p < 0,001).
  • Le ratio du nombre de médicaments au congé sur le nombre de médicaments à l’admission n’est pas significativement différent entre les deux groupes.
  • Le ratio de mortalité mesuré durant l’hospitalisation et à trois mois après le congé n’est pas significativement différent d’un groupe à l’autre : 6,7 contre 7,5 dans le groupe contrôle.
  • Le nombre de ré-hospitalisations n’est pas significativement différent d’un groupe à l’autre. Cependant, le nombre de patients qui se sont présentés aux urgences sans ré-hospitalisation est plus bas dans le groupe intervention (1/87) que dans le groupe contrôle (7/79) (p=0,021).
  • La qualité de vie mesurée avec l’index Eq-5D est meilleure dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle (0,358 contre 0,294, p = 0,008).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en gériatrie sont relativement bien documentés. Plusieurs études ont été publiés sur la prise en charge des patients gériatriques par le pharmacien PMID11443021PMID17493184PMID22642783
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la gériatrie.

Ce qu’on se pose comme question

  • Quel est l’effet de l’intervention à plus long terme?
  • Cette pratique pourrait-elle être applicable en pharmacie communautaire?
  • Quel serait le résultat d’une comparaison de la mesure de la qualité de vie si elle était évaluée avant et après l’intervention pour un même patient?
  • L’outil RASP est il plus efficace que l’outil STOPP ? Un des deux outils est-il à privilégier ?
  • Quel est l’impact économique de l’intervention?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Utiliser les critères STOPP/START lors de la révision de la pharmacothérapie des patients âgés.
  • Ne pas hésiter à faire ses recommandations aux médecins.
  • Faire le suivi des patients âgés, particulièrement s’ils ont un médicament potentiellement inapproprié dans leur pharmacothérapie.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 3 août 2017