Brochure d’information sur la contraception orale : impact sur les connaissances et l’attitude des femmes Jordaniennes?

CALQUE

Akour A, Bardaweel S, Awwad O, Al-Muhaissen S, Hussein R.

Eur J Contracept Reprod Health Care. 2017 Dec;22(6):459-464. doi: 10.1080/13625187.2017.1412425. Epub 2018 Jan 4.

Ce que l’étude nous apprend :

  • Étude prospective randomisée contrôlée auprès de femmes utilisant la contraception orale à Amman en Jordanie.
  • L’étude inclut 160 patients entre janvier et juillet 2017 répartis en deux groupes aux caractéristiques similaires : un groupe intervention (n=80 patientes) recevant une brochure d’information rédigée par des pharmaciens et un groupe contrôle (n=80 patientes) recevant des conseils habituels.
  • L’objectif de l’étude visait à déterminer les effets d’une brochure d’information fournie par le pharmacien sur les connaissances et l’attitude des femmes à propos de la contraception orale.
  • L’intervention du pharmacien sur le groupe intervention consistait en la distribution et l’explication d’une brochure d’information sur les types de contraceptions orales, leur mécanisme d’action, les précautions et contre-indications.  Par la suite, les deux groupes remplissaient un questionnaire permettant d’évaluer leur connaissances (score de 0 à 5) et attitudes d’utilisation (score de 0 à 6) vis à vis des contraceptifs oraux afin de faire une comparaison : point de départ, juste après puis trois mois après l’intervention.
  • L’intervention pharmaceutique a permis une augmentation significative du score moyen des connaissances entre le début et juste après l’intervention pour le groupe intervention : de 1.76 à 5.00 (p<0.0001).Ce score restait stable trois mois après intervention puis reste stable 3 mois après l’intervention à  4.93 (p=0.033).Il n’y avait pas d’augmentation significative pour le groupe contrôle : 1.29 aux trois stades.  La brochure a permis une augmentation significative du score d’attitude du groupe intervention de 5.15 au départ à 5.50 après intervention (p=0.014) contre pas de changements dans le groupe contrôle.

Ce que l’on se pose comme question :

  • Les résultats de l’étude seraient-ils similaires pour d’autres pathologies?
  • Le taux d’avortement ou de grossesses non désirées a-t-il baissé après cette intervention?
  • Les résultats de l’étude seraient-ils similaires chez des femmes d’autres pays du monde?
  • Quel seraient les scores 6 mois ou 1 an après l’intervention du pharmacien?
  • Quel est le coût de l’intervention par le pharmacien?
  • D’autres méthodes éducatives seraient-elle plus efficace et appropriée?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Distribuer une brochure d’information sur la contraception orale à toutes les patientes en officine et en cliniques.
  • Réaliser des brochures d’informations similaires pour les autres types de contraceptions.
  • Réaliser un suivi des femmes sous contraceptifs.

Auteur : Célie Malaure, Éléonore Ferrand

Création : 20 juin 2018

 

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Prévalence des erreurs médicamenteuses à l’entrée et à la sortie des patients diabétiques, une opportunité d’action pour le pharmacien ?

20180808 visual abstract - Breuker

Breuker C, Abraham O, di Trapanie L, Mura T, Macioce V, Boegner C, Jalabert A, Villiet M, Castet-Nicolas A, Avignon A, Sultan A. Patients with diabetes are at high risk of serious medication errors at hospital: Interest of clinical pharmacist intervention to improve healthcare. Eur J Intern Med. 2017 Mar;38:38-45.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude observationnelle prospective, service d’endocrinologie/diabétologie/nutrition, Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, France.
  • Échantillon de 904 patients dont 671 diabétiques (75,7% diabète de type 2) et 233 non diabétiques ayant bénéficié de l’intervention pharmaceutique durant 1,5 ans, entre 2013 et 2015.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer la prévalence des erreurs médicales à l’admission et à la sortie selon le statut diabétique ou non des patients et de déterminer l’impact clinique potentiel de ces erreurs.
  • L’équipe de la pharmacie (1 pharmacien hospitalier, 1 interne en pharmacie et 2 étudiants en pharmacie) a, dans un premier temps, réalisé  la conciliation médicamenteuse d’entrée dans les 24h suivant l’admission des patients. Les informations récoltées ont été comparées et validées par un appel téléphonique au pharmacien communautaire, au médecin ou aux infirmiers du patient. Les prescriptions de sortie ont fait l’objet d’une seconde conciliation médicamenteuse puis d’une autre analyse des modifications apportées par les médecins. Les divergences constatées à l’entrée et à la sortie ont été qualifiées d’intentionnelles ou non intentionnelles selon le retour du médecin prescripteur. Les modifications non intentionnelles corrigées par le médecin ont été jugées comme étant des erreurs médicamenteuses. Elles ont ensuite été classées selon leur sévérité potentielle à partir d’une échelle à quatre niveaux : erreur très sévère, erreur sévère, erreur modérée et erreur mineure.
  • 3947 divergences ont été identifiées dont 2676 (67,8%) à l’admission et 1271 (32,2%) à la sortie. Parmi ces divergences, 385 ont été considérées comme non intentionnelles et concernaient 179 patients à l’admission (19,8%) et 87 patients à la sortie (10,1%).
  • 378/385 (98,2%) divergences non intentionnelles ont été corrigées par le médecin et donc définies comme étant des erreurs médicamenteuses : 322 (85,2%) chez les diabétiques et 56 (14,8%) chez les non diabétiques.
  • Ces erreurs médicales sont plus fréquentes chez les patients diabétiques que chez les non diabétiques à l’admission (22,1% contre 10,2%, p < 0.001) et à la sortie (11,4% contre 5,7%, p = 0,01). Les erreurs médicamenteuses des patients diabétiques à l’admission concernent surtout les médicaments de la sphère cardiovasculaire.
  • Les patients diabétiques ont plus d’erreurs considérées comme sévères que les non diabétiques, à la fois à l’admission (33,8% contre 7,1%, p < 0,005) et à la sortie (41,1% contre 0%, p < 0,005). Les erreurs mineures à l’admission sont moins courantes chez les diabétiques (25,7% contre 42,9%, p = 0,06). Les erreurs modérées chez les diabétiques sont également moins fréquentes à la sortie (35,6% contre 69,2%, p = 0,03).

Ce que nous savions déjà :

  • La conciliation médicamenteuse réalisée à l’admission des patients aux urgences est bien documentée.
  • Les patients diabétiques, polymédicamentés sont à risque d’interactions médicamenteuses, d’effets indésirables, d’erreurs médicamenteuses et à défaut d’observance.
  • Les rôles et retombées du pharmacien sur la prise en charge des patients diabétiques sont très bien documentés. Nous avons recensé quelques études indexées dont PMID21787031, PMID22672148 et PMID22147352.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la conciliation médicamenteuse à l’entrée, à la sortie et la fiche synthèse du diabète

Ce qu’on se pose comme question :

  • Les patients de l’étude ont été admis majoritairement pour une hospitalisation programmée. D’autres proviennent des urgences ou d’un transfert. Cela a t’il un impact sur les résultats ?
  • Devons nous nous focaliser uniquement sur les patients polymédicamentés pour la conciliation à l’entrée et à la sortie ?
  • Quel est le devenir de l’intervention sur le long terme ? Le relai hôpital ville est il assuré ?
  • Quel est l’impact de l’intervention sur le taux de réadmission des patients diabétiques ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Mettre en place une conciliation médicamenteuse de sortie en plus de la conciliation d’entrée.
  • Utiliser les étudiants en pharmacie pour recueillir l’historique médicamenteux.
  • Faire une étude de coût relative à l’implantation de cette nouvelle pratique.
  • Faire une évaluation de la qualité de vie et la satisfaction des patients diabétiques.
  • Promouvoir les résultats de cette étude pour renforcer la collaboration pharmacien/médecin dans la prise en charge des patients diabétiques.

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 28 juillet 2017

Quel est l’impact du pharmacien sur la prophylaxie des infections opportunistes des patients VIH ?

20180725 visual abstract - Schatz

Schatz K, Guffey W, Maccia M, Templin M, Rector K. Pharmacists’ impact on opportunistic infection prophylaxis in patients with HIV/AIDS. J Hosp Infect. 2016 Dec;94(4):389-392.

Ce que cette étude  nous apprend :

  • Étude Avant/Après  prospective  au sein du centre hospitalier universitaire Carolinas, Charlotte, NC, USA
  • Échantillon de 42 patients âgés de plus de 18 ans, diagnostiqués HIV + et ayant un taux de CD4< 200 admis entre septembre 2014 et janvier 2015 comparé rétrospectivement aux dossiers de 57 patients hospitalisés entre janvier et mai 2014. Les patients pour lesquels un décompte des CD4 datant de moins de six moins non documenté n’ont pas été inclus dans l’étude.
  • L’intervention  pharmaceutique consistait en une évaluation quotidienne de la pertinence d’instaurer et/ou  poursuivre un traitement prophylactique chez les patients à l’étude.  Les recommandations étaient communiquées soit par téléphone soit lors des tours médicaux.
  • L’impact a été évalué en regard des interventions  sur l’usage approprié des agents prophylactiques et le taux d’acceptation des interventions  par le médecin.
  • L’intervention pharmaceutique a montré une augmentation du taux de prescription approprié d’agents prophylactiques de 58% à 93% dans le groupe intervention p<0,001.
  • Les pharmaciens ont émis 27 recommandations pour 15 patients et concernaient majoritairement l’addition d’une thérapie (25/27).
  • L’intervention a montré également une évolution des prescriptions entre l’admission et la sortie. 25 patients du groupe intervention (60%) avaient une prescription de thérapie prophylactique à l’admission qui a évolué vers une prescription de prophylaxie au congé chez 35 patients (83%) vs 42% dans le groupe contrôle vers 71% à la sortie .

Ce que nous savions déjà :

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des patients VIH sont bien documentés.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie, en particulier la fiche synthèse « VIH » pour en apprendre davantage sur l’impact du pharmacien dans ce domaine.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Quelle est la place des interventions et des recommandations faites par l’équipe de cliniciens infectiologues ?
  • Quelle est la place des interventions et des recommandations faites dans le groupe contrôle par les pharmaciens participant aux tours médicaux ?
  • L’observance des patients aux thérapies anti rétrovirales ne devraient-elles pas être explorées ?
  • L’échantillon était-il assez grand ?
  • La durée de l’étude était-elle assez longue ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Évaluer l’observance des patients VIH et les sensibiliser sur l’éventuelle survenue de maladies opportunistes.
  • Connaitre le taux de CD4 des patients et les guidelines relatives aux thérapies prophylactiques.
  • Sensibiliser les soignants sur ces thérapeutiques compte tenu de l’impact des infections opportunistes sur la morbidité des patients.

Auteur : Éléonore Ferrand

Création : 10 juillet 2017

 

Optimisation pharmacocinétique des prescriptions de vancomycine par des pharmaciens disponibles 24h/24h

20180725 visual abstract - Han

Han Z, Pettit NN, Landon EM, Brielmaier BD. Impact of Pharmacy Practice Model Expansion on Pharmacokinetic Services: Optimization of Vancomycin Dosing and Improved Patient Safety. Hosp Pharm. 2017 Apr;52(4):273-279.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude de cohorte rétrospective au sein d’un hôpital universitaire de l’Illinois aux USA.
  • Échantillon de 300 patients âgés de plus de 18 ans recevant de la vancomycine IV répartis comme telle : 150 admissions entre mai 2009 et avril 2010 forme le groupe contrôle et 150 admissions entre novembre 2010 et octobre 2011 forme le groupe intervention. Les caractéristiques des patients entre les deux groupes étaient assez similaires en termes de site de l’infection. Toutefois,  davantage de patients du groupe intervention présentaient des infections osseuses.
  • L’intervention pharmaceutique consistait en une évaluation de la conformité de toutes les prescriptions de vancomycine 24H/24H et 7j/7. L’intervention est comparée à un modèle où une présence pharmaceutique est assurée pendant les heures ouvrables de la pharmacie 7j/7.
  • L’impact de l’intervention est analysé en regard de l’infection, des paramètres pharmacocinétiques, de la mortalité, de la durée de séjour, de l’exposition aux soins intensifs et l’incidence de cas de néphrotoxicité.
  • L’intervention pharmaceutique a montré une augmentation significative de la proportion de patients ayant un taux plasmatique minimal de vancomycine correct : 232/458 [50,7%] groupe intervention vs 215/341 [63,0%] groupe contrôle, p <0,001).
  • L’intervention est associée à une amélioration significative de l’atteinte thérapeutique initiale chez les patients en USI (56,8% vs 28,9% , p = 0,01) et chez les patients en médecine / chirurgie (44,2% vs 20,6% , p = 0,03).
  • La durée médiane pour obtenir la première concentration minimale thérapeutique était de 4 jours dans les deux phases (p = 0,55).
  • L’intervention est associée une réduction significative de l’incidence de la néphrotoxicité associée à la vancomycine (21,1% vs 11,7%, p = 0,038) dans le groupe intervention pour une durée d’exposition similaire à la vancomycine entre les deux groupes (9 jours vs 7 jours; p = 0.19).
  • L’intervention est associée à une réduction de la durée de séjour à l’hôpital (15j vs 14j, p=0,04).
  • Enfin, la durée de la bactériémie, sa persistance, les complications métastatiques et l’échec du traitement par la vancomycine sont similaires entre les deux groupes.
  • Globalement l’intervention montre une optimisation des dosages de la vancomycine, une amélioration de l’atteinte thérapeutique et de l’innocuité du traitement.

Ce que nous savions déjà :

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la gestion des antibiotiques et des maladies infectieuses sont bien documentés.
  • Deux études évaluent l’impact des modifications à l’initiative du  pharmacien concernant les thérapies anti infectieuses aux urgences PMID24024759, PMID24985944.
  • Une étude évalue l’impact de l’intervention du pharmacien sur les ajustements des doses d’antibiotiques des patients en sepsis et dialysé en soins intensifs : PMID21546643.
  • Une étude évalue l’impact du  pharmacien sur l’ajustement des aminosides des patients en sepsis PMID12637133.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie, en particulier la fiche synthèse « Infectiologie » pour en apprendre davantage sur l’impact du pharmacien dans ce domaine.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Quel est le coût associé à cette extension de service ?
  • Quelle est l’implication des cliniciens infectiologues ?
  • Les données retrospectives receuillies dans les dossiers patients sont elles fiables ?
  • Quel est le niveau d’acceptation de ce service dans les services de soins ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Participer aux décisions de dosages et d’ajustements.
  • Évaluer l’impact d’une telle intervention chez les patients dialysés.
  • Proposer une présence pharmaceutique plus importante en commencant, d’après ces résultats, par les soins intensifs.

Auteur : Éléonore Ferrand

Création : 10 juillet 2017

 

Quel est l’impact du pharmacien dans la prise en charge des infections à Clostridium Difficile ?

20170718 visual abstract - Hammond

Hammond DA, Hughes CA, Painter JT, Pennick RE, Chatterjee K, Boye B, Meena N. Impact of Targeted Educational Interventions on Clostridium difficile Infection Treatment in Critically Ill Adults. Hosp Pharm. 2016 Dec;51(11):901-906.

Ce que cette étude  nous apprend :

  • Étude de cohorte rétrospective monocentrique au sein d’un hôpital universitaire de l’Arkansas, Etats-Unis.
  • Deux échantillons de 12 patients chacun, admis pour infection sévère  à Clostridium Difficile admis entre janvier  et juin 2015 pour le groupe intervention et admis entre janvier et juin 2014 pour le groupe contrôle. Le diagnostic de l’infection reposait sur la détection de la toxine, l’antigène et ou une PCR positive. Tous les patients inclus prenaient des antibiotiques au diagnostic et 84% d’entre eux étaient sous anti acide.
  • L’intervention pharmaceutique consistait à évaluer le retentissement des sessions d’éducation auprès des soignants sur la prise en charge des infections à Cd. Les recommandations étaient présentées sous forme d’une présentation orale et une carte de poche présentant les algorithmes thérapeutiques était délivrée au soignant.
  • L’intervention  pharmaceutique a montré une augmentation significative de la conformité des prescriptions aux recommandations de traitement : Traitement approprié à 92% dans le groupe intervention et à 42%  dans le groupe contrôle (p=0,03) avec une utilisation moins fréquente de doses  inappropriées : 14 doses dans le groupe intervention contre 30 doses dans le groupe contrôle.
  • Toutefois, la répercussion en terme de durée de séjour a montré que les patients du groupe contrôle ont une durée de séjour plus courte en soins intensifs (1,5 j vs 3,5j) mais une durée de séjour totale équivalente (9,5j vs 11,5j).

Ce que nous savions déjà :

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la gestion des antibiotiques et des maladies infectieuses sont bien documentés.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie, en particulier la fiche synthèse « Infectiologie » pour en apprendre davantage sur l’impact du pharmacien dans ce domaine.
  • De plus, un article présente les rôles et retombées du pharmacien  pour réduire les prescriptions d’anti acide PMID28622739.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Quel est l’impact clinique des interventions du pharmacien ?
  • Quel est l’impact sur la récurrence des infections ?
  • Quel serait l’impact des interventions sur un échantillon de patients plus grand ?
  • Les thérapies anti acides ont-elles été poursuivies pendant le traitement à C.d ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Proposer des interventions similaires dans  votre établissement et les adapter aux  mises à jour.
  • Évaluer l’impact de vos interventions.
  • Sensibiliser les prescripteurs sur l’incidence des infections à Clostridium difficile lors d’exposition aux thérapies anti acides.

Auteur : Éléonore Ferrand.

Création : 12 juillet 2017

 

Le pharmacien réduit il le taux de prescription d’anti acide à l’hôpital ?

20170807 visual abstract - Belfield

Belfield KD, Kuyumjian AG, Teran R, Amadi M, Blatt M, Bicking K. Impact of A Collaborative Strategy to Reduce the Inappropriate Use of Acid Suppressive Therapy in Non-Intensive Care Unit Patients. Ann Pharmacother. 2017 Jul;51(7):577-583.

Ce que cette étude  nous apprend :

  • Étude rétrospective avant/après au sein d’un hôpital universitaire dans l’état de New York, USA.
  • Échantillon de 81 patients hospitalisés (hors soins intensifs) entre janvier et février 2016 comparé aux dossiers de 61 patients hospitalisés en octobre 2015.
  • L’intervention pharmaceutique consistait en une évaluation de la pertinence des prescriptions d’anti-acides. La non-conformité des prescriptions était à l’origine de recommandations discutées avec les cliniciens. Les prescriptions de sortie, l’impact économique, l’acceptation de l’intervention, l’incidence de colite à clostridium difficile et de saignement GI ont également été explorée.
  • L’intervention pharmaceutique a montré une réduction relative de 48% sur le nombre de jour de prescriptions inappropriées entre le groupe intervention et contrôle (p<0,01) :Cent seize jours de prescriptions était inappropriés sur les 337 jours analysés contre 270 jours sur les 426 analysés dans le groupe contrôle.
  • L’intervention est associée également a une réduction relative de 75% du nombre de patients ayant une prescriptions inadaptées au congé :Trois patients parmi 81 dans le groupe intervention contre 13 patients sur 61 dans le groupe contrôle.
  • Aucun patient n’a présenté de colite a Clostridium. Un seul patient du groupe contrôle a présenté un épisode de saignement.
  • La totalité des interventions ont permis de sauver 75 $. Une réduction des coûts/patient de 87% passant de 1,03$ à 0.13$ a été constatée en comparant les données des deux groupes.

Ce que nous savions déjà :

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la gestion des thérapies acidose suppressives sont peu documentés. Toutefois, l’usage approprié de ces thérapies préoccupe un bon nombre de pharmaciens.  Nous avons recensé une étude indexée évaluant l’impact positif du pharmacien  lorsqu’impliqué dans un programme de gastro protection : PMID25820164.
  • Une revue systématique  évalue l’effet des interventions visant à réduire l’usage inapproprié des médicaments en maison de retraite : PMID21496345.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Les patients des soins intensifs ont-ils des prescriptions appropriées ?
  • L’étude est-elle assez longue ?
  • L’arrêt des thérapies anti acide au congé  persiste-t-il dans le temps  ou sont elles reconduites en ville ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Des études ont montré qu’une exposition aux inhibiteurs de la pompe à protons favorisait la survenue de pneumopathie, ostéoporose, de carence en magnésium et vitamine b12 en plus de la survenue de colite à Clostridium.
  • Il est important de diffuser l’information et évaluer la pertinence des prescriptions en ville et à l’hôpital.

Auteur : Éléonore Ferrand

Création : 12 juillet 2017

 

Le pharmacien peut-il avoir un impact sur la prescription des anticoagulants oraux directs?

20170803 visual abstract - Miele - AOD

Miele C, Taylor M, Shah A. Assessment of Direct Oral Anticoagulant Prescribing
and Monitoring Pre- and Post-Implementation of a Pharmacy Protocol at a Community
Teaching Hospital. Hosp Pharm. 2017 Mar;52(3):207-213.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après rétrospective réalisée à l’Hôpital Sinai à Baltimore, au Maryland, États-Unis.
  • L’étude est divisée en deux étapes. L’étape pré-intervention se déroule entre janvier et mars 2015 et inclus 50 patients et 333 doses administrées. L’étape post-intervention se passe entre janvier et mars 2016 et inclus 85 patients et 816 doses.
  • L’objectif consiste à évaluer l’impact d’un protocole utilisé par les pharmaciens développé en décembre 2015 pour améliorer la conformité des prescriptions et le suivi des anticoagulants oraux directs (AODs).
  • Lors de la période pré-intervention, 40 % des prescriptions étaient inappropriées contre 29% durant la période post-intervention.
  • Dans le groupe post-intervention, 25 patients étaient concernés par une prescription inappropriée, dont 22 d’entre eux ont bénéficié d’une intervention pharmaceutique. 86 % des interventions pharmaceutiques ont été acceptées.
  • Une amélioration de l’administration des doses est observée suite à l’implantation du programme; 32,4% des doses étaient administrées de façon inappropriées (n=333)  contre 13,8% des doses dans le groupe post-intervention (n = 816) (p=0,005 ou p=0,039 lorsqu’ajusté à l’àge et la classe de l’AOD).
  • Une diminution de la prescription des AODs contre-indiqués est observée dans le groupe post-intervention;  26% des doses (28/108) étaient contre-indiqués contre 14% (16/113) dans le groupe post-intervention (p=0,042).
  • Aucune différence significative n’a été trouvée concernant la prescription d’AODs en surdosage ou en sous-dosage.

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et retombées du pharmacien en anticoagulothérapie sont bien documentés. Toutefois, du fait du caractère récent de ces molécules, on recense peu d’articles sur les AODs.
  • Une étude réalisée au Japon présente les résultats d’un audit rétrospectif sur la conformité des prescriptions initiales de Dabigatran des patients hospitalisés et ambulatoires. PMID28116115
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur l’anticoagulothérapie.

Ce qu’on se pose comme question

  • Comment les résultats ont-ils été influencé par le prescripteur qui avait la possibilité de refuser les recommandations des pharmaciens?
  • Quelle a été la conformité des prescriptions des relais anticoagulants injectables et anticoagulants oraux ?
  • Est-ce que les résultats auraient été différents si les quatre AODs avaient été représentés de façon égale ( Apixaban et rivaroxaban majoritairement utilisés dans la population) ?
  • Quel est l’impact de l’intégration du protocole à plus long terme?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Pour chaque patients ayant un AOD, vérifier s’il a été prescrit de façon approprié (dose, indication, présence d’une insuffisance rénale, etc).
  • Évaluer la possibilité de développer un protocole de prescription et de suivi des AODs.
  • Documenter votre activité sur cette récente classe d’anticoagulants oraux.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 7 août 2017