Le pharmacien a-t-il un impact sur l’efficacité et l’observance des antihypertenseurs par des visites à domicile d’une clientèle gériatrique ?

Moultry AM, Pounds K, Poon IO. Managing Medication Adherence in Elderly Hypertensive Patients Through Pharmacist Home Visits. Consult Pharm. 2015 Dec;30(12):710-9. doi: 10.4140/TCP.n.2015.710. PubMed PMID: 26671271.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après réalisée à Houston (Texas) aux États-Unis en 2015.
  • L’objectif de l’étude est d’examiner l’impact du pharmacien dans la gestion de la thérapie médicamenteuse À DOMICILE pour des personnes âgées afro-américaines souffrant d’hypertension.
  • 431 participants sont recrutés dont 306 qui complètent l’étude d’une durée de 6 mois.
  • Le pharmacien procède à 2 visites à domicile durant les 6 mois et un étudiant de 4e année en pharmacie effectue un appel téléphonique de 20 minutes 2 fois par semaine.
  • Les patients reçoivent un appareil de mesure de la pression artérielle et une carte cadeau d’une valeur de 20$ pour une épicerie locale lors de la première visite à domicile. Il reçoit une carte cadeau de 40$ à la seconde visite.
  • Les données obtenues à la fin des 6 mois de suivi sont comparées aux données de base.
  • Amélioration significative de la pression artérielle systolique après l’intervention à domicile (140 mmHg vs 137 mmHg après 6 mois, p<0.049)
  • Pas de changement significatif au niveau de la pression artérielle diastolique.
  • Amélioration, mais non-significative du pourcentage de patients dont la tension artérielle est contrôlée (46.7% vs 49.5% après 6 mois, p=0.34)
  • Amélioration significative de l’autosurveillance de la tension artérielle à domicile (43.1 % vs 90% après 6 mois).
  • Diminution significative de l’inobservance après l’intervention selon l’échelle Morisky (score de 6 vs 2 après 6 mois, p=0.003)
  • Amélioration significative du score de connaissance des patients sur l’hypertension (7.9 vs 8.4 après 6 mois, p<0.001)

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que le fait d’avoir mesuré la pression artérielle des patients à différents moments de la journée affecte les résultats obtenus ?
  • Est-ce que des interventions effectuées en externe ont pu influencer les résultats obtenus ? (cours d’exercice en groupe, rendez-vous avec des spécialistes en nutrition)
  • Est-ce que les résultats auraient été différents si on avait comparé les patients auprès d’un groupe contrôle ?
  • Est-ce que la publication de nouvelles lignes directrices pendant l’étude a influencé les résultats? (nouvelle cible de la tension artérielle systolique à <150 mmHg)

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Faire des visites à domicile auprès de votre clientèle gériatrique
  • Conseiller un bon appareil de mesure de la tension artérielle selon les besoins de votre patient
  • Faire des suivis téléphoniques au sujet de l’efficacité, l’innocuité et l’observance des antihypertenseurs
  • Donner de l’information à vos patients souffrant d’hypertension artérielle pour améliorer leur connaissance de la maladie

Auteur : Flavie Pettersen Coulombe

Création : 20 octobre 2016

Quel est l’impact de l’intervention du pharmacien sur la qualité de vie des patients atteints de la maladie de Parkinson?

Foppa AA, Chemello C, Vargas-Peláez CM, Farias MR. Medication Therapy Management Service for Patients with Parkinson’s Disease: A Before-and-After Study. Neurol Ther. 2016 Jun;5(1):85-99. doi: 10.1007/s40120-016-0046-4. Epub 2016 Jun 7. PubMed PMID: 27271736; PubMed Central PMCID: PMC4919135

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après réalisée à Florianopolis au Brésil
  • 161 patients atteints de la maladie de Parkinson sont identifiés et 70 d’entre eux acceptent de participer à l’étude. 55 patients complètent l’étude entre octobre 2012 et avril 2013.
  • 2 pharmaciens communautaires spécialisés en Parkinson procèdent à une collecte de données de leurs patients, identifient les problèmes médicamenteux et effectuent des interventions sous forme de : conseils, changements de la pharmacothérapie, références à d’autres professionnels de la santé (physiothérapeutes, audiologistes), distribution de matériel éducatif ou encore d’enseignement.
  • Les données sur la qualité de vie sont obtenues après 6 mois et sont comparées aux données de base.
  • Amélioration non-significative du score de qualité de vie PDQ39
  • Amélioration significative du score PDQ39_3, représentant le bien-être émotionnel (39.12±26.54 vs 36.89±27.56 après 6 mois d’intervention, p=0.012)
  • Pas d’amélioration significative des symptômes moteurs
  • Amélioration significative de plusieurs symptômes non-moteurs (constipation p<0.001, dysphagie p=0.001, dysfonctionnement gastrique p=0.008, troubles de la parole p<0.001, hypotension p=0.014, incontinence urinaire p=0.029, problèmes de sommeil p<0.001, anxiété p=0.043)
  • Amélioration significative de l’observance aux traitements lorsque jugée d’après les entrevues avec les patients (37 patients ne sont pas adhérents au départ vs 10 après l’intervention p=0.001), mais non-significative lorsque jugée d’après l’échelle Morisky.

Ce que nous savions déjà

  • D’autres études rapportent une amélioration des symptômes par l’utilisation de différents questionnaires validés après l’intervention du pharmacien : PMID26590989 rapporte une amélioration des scores UPDRS et MDS-UPDRS. PMID22810890 relate une amélioration du score PDQ-8.
  • Certaines études ne démontrent pas de changement significatif : PMID11936711 selon le score SF-36, PMID22810890 selon le score EQ-5D, PMID11936711 selon le score BEHAVE-AD.
  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge de la maladie de Parkinson sont peu documentés.
  • On peut consulter la fiche synthèse sur la maladie de Parkinson sur le site Impact Pharmacie pour en apprendre plus.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que le fait d’avoir conduit l’étude dans la seule pharmacie qui distribue des médicaments anti-parkinsoniens de la ville influence les résultats?
  • Est-ce que le fait d’avoir plusieurs pertes au suivi surestime les bienfaits de l’intervention du pharmacien sur la qualité de vie des patients ?
  • L’évaluation des patients par un neurologue en plus des questionnaires validés aurait-il influencé les résultats?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Utiliser des questionnaires validés pour le suivi de la thérapie anti-parkinsonienne
  • Questionner les patients sur la présence de symptômes non-moteurs et réagir en conséquence en conseillant des médicaments de vente libre, en effectuant une opinion pharmaceutique au médecin traitant ou encore en référant le patient vers son médecin lorsque les autres options ne sont pas possibles
  • Conseiller les patients sur leur thérapie anti-parkinsonienne
  • Sensibiliser les patients à l’importance de l’observance à la thérapie

 

Auteur: Flavie Pettersen Coulombe

Création: 21 octobre 2016

Bilan comparatif des médicaments: son importance dans la continuité des soins

Van Hollebeke M, Talavera-Pons S, Mulliez A, Sautou V, Bommelaer G, Abergel A, Boyer A. Impact of medication reconciliation at discharge on continuity of patient care in France. Int J Clin Pharm. 2016 Jul 18. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 27432017.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée réalisée en 2016 en France à l’hôpital Clermont-Ferrand.
  • 124 patients inclus dans l’étude. Ils doivent être âgés de plus de 18 ans, admis au département de chirurgie digestive, parler couramment le français et aller à la même pharmacie communautaire depuis au moins les 3 derniers mois.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact du bilan comparatif au départ et la transmission de l’information du pharmacien hospitalier (PH) au pharmacien communautaire (PC) sur la continuité des soins au patient.
  • Le PH fait un premier bilan comparatif à l’admission et analyse toutes les prescriptions que le patient reçoit durant son séjour à l’hôpital. Au congé, le PH fait un bilan comparatif au départ. Il fait une consultation avec le patient pour lui expliquer les traitements et aussi les changements à la pharmacothérapie, s’il y a lieu.
  • Dans tout le processus, si le pharmacien note une divergence, celui-ci contacte le médecin pour obtenir des explications ou pour la corriger. Le bilan comparatif au départ et au congé est effectué de la même manière, que ce soit pour le groupe contrôle ou le groupe intervention.
  • La différence entre le groupe contrôle et le groupe intervention est qu’au congé, le PH communique avec le PC seulement pour les patients du groupe intervention. En effet, le PH envoie au PC les prescriptions au congé, la liste des médicaments avec les explications (indication, raison de l’ajout ou de la modification des médicaments) et les données cliniques et biologiques pertinentes. Toutes ces interventions ne sont pas effectuées pour le groupe contrôle. Au 7ème jour post-congé (+/- 2 jours), le PH envoie au PC un questionnaire. La continuité des soins, l’utilisation du formulaire des médicaments au congé et la satisfaction y sont évaluées.
  • Il n’y a pas de différence significative entre le groupe contrôle et le groupe intervention dans le nombre de patients qui se présentent à la pharmacie communautaire dans les délais suite au congé (respectivement 50 (94%) et 46 (90%), p=0.428).
  • Dans le groupe contrôle, il y a significativement plus de patients dont au moins 1 médicament n’est pas disponible lors de la dispensation à la pharmacie comparativement au groupe intervention (respectivement, 10 (22%) et 1 (2%), p<0.005).
    • Les ruptures de médicaments concernent surtout les anticancéreux, les agents immunomodulateurs, les anti-inflammatoires pour les maladies gastro-intestinales et les antiparasitaires.
  • Dans le groupe contrôle, il y a significativement plus de patients qui reçoivent une quantité incomplète de médicaments au moment de se rendre à la pharmacie comparativement au groupe intervention (respectivement, 11 (24%) et 3 (6%), p=0.013)
  • En ce qui concerne la satisfaction globale des pharmaciens par rapport à la liaison hôpital-pharmacie, dans le groupe contrôle, 12 (24%) des PC sont satisfaits tandis que dans le groupe intervention, 51 (96%) des pharmaciens sont satisfaits (p<0.005).
  • De plus, la majorité des PC trouvent que la liste des prescriptions au départ est utile pour leur pratique. Cependant, le plan de traitement est considéré comme le document le moins utile.
  • Pour le groupe contrôle, le temps moyen que le PH a besoin pour consulter le médecin et le patient est de 21 minutes comparativement à 35 minutes pour le groupe intervention. Cette différence de 14 minutes s’explique par le temps nécessaire pour expliquer l’étude et aussi de transférer les documents requis.

Ce que nous savons déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans les bilans comparatifs médicamenteux sont très bien documentés.

Ce qu’on se pose comme question

  • Pour s’assurer qu’un traitement déjà débuté à l’hôpital ne soit pas interrompu, que fait le pharmacien s’il réalise que ledit médicament n’est plus en stock?
  • Dans la discussion de l’étude, les auteurs mentionnent que si le PH envoie les prescriptions de congé au PC, cela donne le temps au PC de commander les médicaments et les dispenser au moment opportun. Étant donné que la livraison des médicaments suite à une commande peut prendre au moins 12-24h, combien de temps à l’avance les PH doivent-ils envoyer les prescriptions de congé au PC?
  • Aurait-il été pertinent de voir combien de PC ont contacté les PH pour obtenir les informations manquantes dans le groupe contrôle?

Ce que vous pouvez faire

  • Instaurer une méthode qui permet le transfert adéquat des informations du milieu hospitalier au milieu communautaire.
  • Trouver des stratégies afin de gérer les ruptures de stock potentiels.
  • Vérifier auprès des hôpitaux si les pharmaciens hospitaliers faxent systématiquement les bilans comparatifs au congé aux pharmaciens communautaires.

Erreurs dans les prescriptions de traitements antirétroviraux lors des hospitalisations : comment le pharmacien peut-il les diminuer?

Batra R, Wolbach-Lowes J, Swindells S, Scarsi KK, Podany AT, Sayles H, Sandkovsky U. Impact of an electronic medical record on the incidence of antiretroviral prescription errors and HIV pharmacist reconciliation on error correction among hospitalized HIV-infected patients. Antivir Ther. 2015;20(5):555-9.

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective réalisée dans le Nebraska Medical Center, aux États-Unis. Ce centre hospitalier reçoit environ 150 à 200 admissions de patients infectés par le virus d’immunodéficience humaine (VIH) par année. Une étude antérieure par la même équipe de recherche en 2009-2011 rapporte un taux d’erreurs de prescription d’antirétroviraux de 35,1% dans cet établissement. 55% de ces erreurs n’étaient jamais corrigées lors des hospitalisations.
  • Échantillon de 186 admissions au centre médical pour un total de 105 patients différents ayant reçu l’intervention du pharmacien entre 2013 et 2014.
  • Le pharmacien spécialisé en VIH effectuait une réconciliation de la thérapie antirétrovirale prise au domicile avec les prescriptions de l’hôpital au courant des 24 premières heures d’admission. Le processus consistait à l’identification des différences de thérapie et à la communication avec l’équipe médicale traitante de ces divergences afin de les corriger.
  • 43 erreurs médicamenteuses identifiées parmi 31 admissions (16,7% de toutes les admissions).
  • L’incidence des erreurs de prescriptions a diminué de 35,1% en 2009-2011 (sans intervention du pharmacien) à 16,7% en 2013-2014, avec un risque relatif de 0,47 (IC95% = 0,34 – 0,67).
  • Erreurs ont 61% moins de chance de se produire dans le groupe intervention qu’avant l’implantation de l’intervention (p<0,001).
  • Erreurs les plus fréquentes : horaires d’administration incorrects (42%), omissions d’un médicament de la thérapie antirétrovirale (21%), interactions médicamenteuses (18,6%) et doses incorrectes (16%).
  • Toutes les erreurs médicamenteuses ont été corrigées par le pharmacien au courant de l’hospitalisation des patients. 65% des erreurs étaient corrigées dans les 24h après l’admission; 81,4% étaient corrigées dans les 48h après l’admission.
  • Erreurs ont 9,4 fois plus de chance d’être corrigées dans les 24 premières heures dans le groupe intervention qu’avant l’implantation de l’intervention (p<0,001).

 

Ce que nous savions déjà

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce qu’il sera possible d’appliquer un tel protocole dans les établissements de santé dans un contexte de ressources limitées et de charge de travail élevée? Si oui, quel en sera le coût?
  • Est-il possible d’espérer les mêmes résultats dans les centres ne possédant pas d’équipe multidisciplinaire spécialisée en VIH?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre en place un système de surveillance des erreurs médicamenteuses des thérapies antirétrovirales lors de l’admission des patients à un établissement de santé.
  • Posséder une équipe multidisciplinaire spécialisée en VIH comprenant un pharmacien dans l’établissement de santé.

 


Auteur:
Roxanne Lessard-Hurtubise

Création: 20 octobre 2016

 

 

 

 

 

 

Prise en charge des patients atteints de la maladie pulmonaire obstructive chronique: ce que le pharmacien peut faire

Xin C, Xia Z, Jiang C, Lin M, Li G. The impact of pharmacist-managed clinic on medication adherence and health-related quality of life in patients with COPD: a randomized controlled study. Patient Prefer Adherence. 2016 Jul 11;10:1197-203. doi: 10.2147/PPA.S110167. eCollection 2016. PubMed PMID: 27468229; PubMed Central PMCID: PMC4946831.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée réalisée en 2015 dans un hôpital de la province de Zhejiang en Chine.
  • 244 patients inclus dans l’étude soit 122 patients dans le groupe contrôle et 122 patients dans le groupe intervention.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact d’une clinique gérée par un pharmacien sur l’adhésion médicamenteuse et la qualité de vie des patients atteints de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC).
  • Cette étude comprend 2 groupes: un groupe contrôle et un groupe intervention.
    Les patients dans le groupe contrôle reçoivent les soins usuels prodigués par le médecin, mais ne reçoivent pas les services de prescription par le pharmacien clinicien.
  • Les patients dans le groupe intervention sont dans la clinique de MPOC gérée par un pharmacien. Ainsi, ils sont éduqués de manière individuelle. Tout d’abord, le pharmacien discute avec les patients sur la définition de la MPOC, la pathophysiologie de la maladie, l’importance d’être observant aux traitements et l’importance de la cessation tabagique. Puis, le pharmacien explique aux patients comment prendre les médicaments prescrits, comment utiliser les dispositifs (pompes) de manière optimale, les effets secondaires possibles, l’importance d’avoir une diète équilibrée et de se rendre aux rendez-vous de suivi.
  • Finalement, le pharmacien partage au patient son numéro de téléphone pour que celui-ci puisse le consulter lorsque nécessaire. Pour aider les patients à mieux comprendre le plan d’éducation, le pharmacien prépare beaucoup de matériel éducatif (p.ex. dépliants).
  • Pour le score à l’évaluation des renouvellements, il n’y a pas de différence significative entre le groupe contrôle et le groupe intervention au départ (respectivement, 77.4 +/- 12.2 et 78.8 +/- 12.3, p=0.798). Cependant, après 12 mois, le groupe intervention a un score significativement plus élevé que le groupe contrôle (respectivement, 93.1 +/- 14.2 et 3.2 +/- 12.7, p=0.003).
  • Au début de l’étude, 63 patients dans le groupe intervention et 61 patients dans le groupe contrôle ont un score d’au moins 80% à l’évaluation des renouvellements (p=0.904). Après 12 mois, ce sont plutôt 95 patients dans le groupe intervention et 58 patients dans le groupe contrôle qui ont un score d’au moins 80% à l’évaluation des renouvellements (p=0.002).
    • L’adhérence aux renouvellements (medication refill assessment (MRA)) permet d’évaluer si le patient est adhérent à la thérapie ou non.
  • Au départ, les scores initiaux au questionnaire de St-Georges sont de 50.9 +/- 4.7 pour le groupe intervention et 50.6 +/- 4.6 dans le groupe contrôle (p=0.949). À 12 mois, le groupe intervention a un score significativement plus élevé comparativement au groupe contrôle (respectivement, 42.7 +/- 3.2 et 52.4 +/- 5.2, p<0.05).
    • Le questionnaire de St-Georges est un outil validé qui permet de mesurer l’atteinte de la santé et la réponse au traitement chez les patients qui ont une atteinte respiratoire chronique. Ce questionnaire contient 50 énoncés divisés dans 3 domaines: impacts, activités et symptômes. Pour chacun des domaines, le score varie entre 0 et 100. Le score le plus faible indique que la maladie n’a aucun effet sur la vie du patient tandis qu’un score de 100 indique la pire santé pulmonaire du patient. Ce test est effectué tous les 6 mois.
  • Les résultats de l’étude montrent que 14 (12.2%) patients dans le groupe intervention ont eu une exacerbation aigüe de la MPOC versus 28 (24.7%) patients dans le groupe contrôle (p=0.024).
  • De plus, 11 patients dans le groupe intervention ont été hospitalisé versus 35 patients dans le groupe contrôle (p=0.015).
  • Finalement, au début de l’étude, 74% des patients se disent fumeurs. Après 12 mois, il y a significativement plus de patients dans le groupe intervention qui ont cessé de fumer par rapport au groupe contrôle (respectivement, 83 (71%) et 59 (52.2%), p=0.022).

Ce que nous savions déjà

  • Il existe un nombre raisonnable d’études qui recensent le rôle et les retombées du pharmacien dans la gestion de la MPOC.
  • 1 étude rapporte l’impact positif des pharmaciens dans la façon d’utiliser les inhalateurs de poudre auprès des personnes âgées PMID24293335.
  • 1 autre étude a un indicateur de résultat similaire sur les exacerbations de la MPOC PMID26479017.
  • 2 études recensées mesurent les retombées positives du pharmacien sur le nombre de réadmissions à l’hôpital suite à l’intervention PMID26003155 PMID25766720.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que les bénéfices associés à la clinique de MPOC gérée par un pharmacien seront maintenus si le suivi est effectué sur une plus longue période?
  • Mesurer l’observance au traitement en se fiant à la fréquence des renouvellements est-elle la méthode la plus efficace et la plus fiable?
  • Quelles sont les techniques que le pharmacien a utilisées pour encourager les patients de cesser de fumer?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Sensibiliser les patients atteints d’une MPOC sur l’importance d’avoir de saines habitudes de vie.
  • En pratique, lors du suivi, faire passer des questionnaires sur la qualité de vie auprès des patients pour avoir une idée du contrôle de la maladie.
  • Développer des stratégies éducatives pour les patients atteints d’une MPOC et les partager.

 

Le pharmacien et la gestion du diabète 2 non-contrôlé: un intervenant qui fait la différence!

Aguiar PM, da Silva CH, Chiann C, Dórea EL, Lyra DP Jr, Storpirtis S. Pharmacist-physician collaborative care model for patients with uncontrolled type 2 diabetes in Brazil: results from a randomized controlled trial. J Eval Clin Pract. 2016 Jul 25. doi: 10.1111/jep.12606. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 27452158.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée réalisée en 2014 à Sao Paulo, Brésil au sein d’un hôpital de soins secondaires.
  • 73 patients inclus dans l’étude soit 37 dans le groupe contrôle et 36 dans le groupe intervention. Les 2 groupes sont comparables selon les caractéristiques de base.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’effet d’un modèle de soins impliquant la collaboration pharmacien-médecin sur les issues cliniques des patients ayant un diabète de type 2 non-contrôlé.
  • Cette étude comprend 2 groupes: un groupe contrôle et un groupe intervention. Les participants du groupe contrôle reçoivent les soins usuels offerts par la clinique des maladies métaboliques. Cela inclut: suivi régulier avec l’équipe médicale à tous les 2-6 mois selon le contrôle glycémique. Durant ces visites, le médecin évalue la pharmacothérapie du patient et les paramètres cliniques. Si nécessaire, le patient est référé à des infirmières pour recevoir des conseils sur les habitudes de vie, l’auto-surveillance des glycémies, l’administration d’insuline, la distribution de dépliants informatifs et d’un carnet de glycémie.
  • Pour le groupe intervention, en plus des soins usuels, ils reçoivent les services d’un pharmacien clinicien (qui travaille en collaboration avec un médecin). Le pharmacien fait des consultations individuelles avec les patients (durée: 20-40 mins). Le patient reçoit aussi un suivi téléphonique régulier (durée: 3-20 mins) avec le pharmacien. Le pharmacien procède à une collecte de données complète sur le patient avec les sources à sa disposition. Le pharmacien fait des conseils sur les habitudes de vie et donne des conseils sur l’utilisation de la médication (efficacité, innocuité, adhésion). Il effectue ensuite une analyse de l’ensemble de l’information afin d’identifier les problèmes médicamenteux puis propose des interventions appropriées. Ces recommandations sont présentées à l’équipe médicale/au patient.
  • Les résultats montrent que durant l’étude, le pharmacien a identifié 189 problèmes liés à la médication avec une moyenne de 5.3 +/- 2.4 par patient.
  • Des 189 problèmes identifiés, 125 soit 66% ont été résolus directement avec le patient. Le reste a été résolu avec le médecin.
  • 96.9% des interventions pharmaceutiques suggérées par le pharmacien ont été acceptées par le médecin.
  • Au niveau de l’observance à 12 mois, le groupe intervention a une amélioration de 33.3% comparativement au groupe contrôle qui a une baisse de 5.4% (p<0.001).
  • Au 4-item Morisky-Green test (MMAS-4) à 12 mois, le groupe intervention a un score de 0.9 comparativement au groupe contrôle qui a un score de 0.1 (p=0.008).
    • Le 4-item Morisky-Green test est un outil validé qui évalue les attitudes du patient envers son traitement. Il classifie le patient comme étant adhérent si le patient répond négativement aux 4 énoncés dans le test.
  • En ce qui concerne le niveau d’hémoglobine glyquée (HbA1c) à 12 mois, le groupe intervention a une diminution de 0.79% comparativement au groupe contrôle qui a une diminution de 0.16%, p=0.01.
  • De plus, 25% des patients dans le groupe intervention ont atteint les cibles recommandées d’HbA1c selon le profil comparativement au groupe contrôle où 5.4% des patients l’ont atteint (p=0.02).
  • Pour la tension artérielle systolique à 12 mois, l’amélioration est non significative entre le groupe intervention et le groupe contrôle (respectivement, -12,5 mmHg vs -4.4 mmHg, p=0.071).
  • Pour la tension artérielle diastolique à 12 mois, l’amélioration est non significative entre le groupe intervention et le groupe contrôle (respectivement, -6.3 mmHg vs -3.2 mmHg, p=0.3).
  • Pour les lipoprotéines de faible densité (LDL) à 12 mois, le groupe intervention a une diminution non significative comparativement au groupe contrôle (respectivement, -10.2 mg/dL vs -12.2 mg/dL, p=0.768)

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge du diabète et du contrôle des comorbidités associées sont bien documentés.
  • 2 études ont été recensées avec des indicateurs de résultats similaires concernant la proportion de patients ayant atteints les cibles d’hémoglobine glyquée à 12 mois PMID23640349 PMID22672148.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Qu’est-ce qui explique la diminution de l’observance dans le groupe contrôle à 12 mois?
  • Étant donné que l’étude s’est déroulée dans un seul centre, est-ce que cela peut affecter la généralisation des résultats à d’autres établissements de santé?
  • Si le suivi est plus long, les résultats de tension artérielle et de LDL peuvent-ils changer?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la possibilité d’implanter un modèle de soins similaire pour les patients ayant un diabète non-contrôlé.
  • Effectuer une analyse des coûts d’une telle pratique.
  • Faire une évaluation de la qualité de vie et de la satisfaction auprès des patients diabétiques.

Programme collaboratif pharmacien-médecin sur la prise en charge du syndrome grippal: une étude multicentrique

Klepser ME, Klepser DG, Dering-Anderson AM, Morse JA, Smith JK, Klepser SA. Effectiveness of a pharmacist-physician collaborative program to manage influenza-like illness. J Am Pharm Assoc (2003). 2016 Jan;56(1):14-21. doi: 10.1016/j.japh.2015.11.008. PubMed PMID: 26802915.

Ce que cette étude nous apprend

  • Il s’agit d’une étude de cohorte prospective réalisée en 2014 dans 55 pharmacies communautaires au Michigan, Minnesota et Nebraska, États-Unis
  • L’objectif est d’évaluer l’efficacité d’un programme dans lequel les pharmaciens et les médecins travaillent conjointement pour identifier les patients ayant des symptômes grippaux et prescrire des médicaments selon une entente de pratique de collaboration.
  • Les patients subissent un bref examen physique et les signes vitaux sont pris en note: fréquence cardiaque, tension artérielle, fréquence respiratoire, température et saturation en oxygène. Puis, un test de détection rapide de l’influenza est effectué. Chaque pharmacie communautaire participante achète ou utilise le matériel nécessaire pour procéder à l’évaluation du patient.
  • Par la suite, le pharmacien informe le patient sur les résultats au test de détection rapide et à l’examen physique. Il y a 47 sites où la gestion du patient est menée par un programme collaboratif médecin-pharmacien. Si le patient répond aux critères suivants: symptômes grippaux depuis 48h ou moins, test de détection de l’influenza positif, le patient reçoit un traitement d’oseltamivir. Aussi, il y a 8 sites où le pharmacien est en consultation directe avec le médecin traitant du patient. Le pharmacien peut donc le contacter pour lui faire part du plan de traitement (p.ex. prendre un rendez-vous pour une visite de bureau, référer le patient à l’urgence, dispensation d’un antiviral ou traitement symptomatique). Si le patient n’a pas de médecin traitant ou si ce dernier ne peut être rejoint, le patient est dirigé à l’urgence. Par ailleurs, si le patient a des symptômes correspondant à une grippe, mais que le résultat au test est négatif, le pharmacien discute de la situation avec le patient et lui recommande des médicaments qui se trouvent en vente libre. Si à l’évaluation, le patient semble cliniquement instable selon le pharmacien, celui-ci appelle le médecin généraliste pour savoir où référer le patient. De plus, un résumé de l’état du patient est envoyé au médecin. Le pharmacien contacte chaque patient par téléphone 24 à 48h après la visite initiale pour faire un suivi.
  • Dans le cadre de cette étude, 121 patients ont eu un dépistage.
    • 45 patients sur 121 ont été exclus puis référés à leur fournisseur de soins primaires ou à l’urgence.
  • Ainsi, 75 patients sont éligibles à l’étude et de ceux-ci, 8 patients ont eu un résultat positif au test de dépistage rapide de l’influenza.
  • De plus, 34.6% des patients n’ont pas de médecin de famille et 38.7% des patients visitent la pharmacie en dehors des heures d’ouverture usuelles.
  • 3% des patients ont rapporté se sentir moins bien au suivi.

Ce que nous savons déjà

  • Il existe peu de documentation au sujet du rôle et des retombées du pharmacien dans la gestion de l’influenza.
  • Un autre article évalue aussi le rôle du pharmacien dans le dépistage de l’influenza PMID27076819.

Ce qu’on se pose comme questions

  • La validité externe de l’étude est-elle affectée par les critères d’exclusion trop stricts?
  • La petite taille de l’échantillon a-t-elle pu influencé la qualité des résultats obtenus?
  • N’y aurait-il pas un dédoublement de travail si le pharmacien effectue une brève évaluation physique puis réfère le patient au médecin par la suite?
  • Au suivi, pour quelle raison 3% des patients se sentent moins bien?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité de créer une ordonnance collective entre pharmacien et médecin sur la prescription d’antiviraux contre la grippe.
  • Pour faciliter l’accès aux soins, faire un répertoire des différentes cliniques médicales situées à proximité de la pharmacie.
  • Réfléchir à un lieu dans la pharmacie communautaire et les outils nécessaires pour pouvoir effectuer une brève évaluation physique des patients.