Le pharmacien peut il optimiser les connaissances des étudiants infirmiers en terme de prescriptions ?

20170803 Résumé visuel - étudiants infirmiers - Perrine

Sabatino JA, Pruchnicki MC, Sevin AM, Barker E, Green CG, Porter K. Improving prescribing practices: A pharmacist-led educational intervention for nurse practitioner students. J Am Assoc Nurse Pract. 2017 May;29(5):248-254. 

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude avant-après prospective dans une classe de The Ohio State University, Columbus, Ohio, États-Unis.
  • Échantillon de 26 étudiants infirmiers inscris à un cours de clinique de 14 semaines, en 2014.
  • Les étudiants du module recevaient chaque semaine un cas clinique en ligne qu’ils devaient examiner, critiquer les erreurs cliniques ou techniques, coter l’impact des erreurs médicamenteuses potentielles pour le patient, repérer les conseils pharmaceutiques à prodiguer et réaliser une prescription en 20 min pour chaque cas clinique. En retour, le pharmacien postait les réponses et commentaires. Les cas cliniques utilisés pour l’évaluation initiale des compétences ont été répétés. Des évaluations pré et post-intervention ont été complétées par les étudiants pour évaluer la progression des compétences de prescription et recueillir leur perception sur le pharmacien en tant que collaborateur.
  • L’intervention éducative du pharmacien est associée à une amélioration de 38% à 57% de la performance globale de détection des erreurs sur les cas d’ordonnances de la pré-évaluation à la post-évaluation (p < 0,001).
  • L’intervention est associée à une amélioration significative de la codification de l’impact potentiel pour le patient des erreurs détectées, qu’elles soient majeures, mineures ou modérées (respectivement p < 0,001, p < 0,001 et p = 0,01).
  • Suite à l’intervention, les étudiants infirmiers ont une meilleure perception du pharmacien comme aidant pour le choix de la médication et pour la rédaction de la prescription (respectivement p = 0,01 et p = 0,10) et ils sont plus nombreux à vouloir consulter plus souvent le pharmacien (p = 0,01).

Ce que nous savions déjà :

  • Les rôles et retombées du pharmacien sur l’enseignement auprès des infirmiers sont très peu documentés.
  • Toutefois, les pharmaciens sont à l’origine d’interventions éducatives auprès de différents professionnels de santé. Nous avons recensé une étude indexée qui évalue l’impact d’un programme éducatif sur la gestion thérapeutique de la dépression auprès des médecins généralistes au sein d’une institution de soins primaires. : PMID22477906PMID25907528
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur l’enseignement à l’extérieur du département de pharmacie et la prescription.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Le faible échantillon d’étudiants et l’auto-déclaration des réponses peuvent-ils entraîner un biais pour l’étude ?
  • L’impact de cet enseignement aurait il été plus positif si dispensé en cours magistral versus le module internet ?
  • Quel serait l’impact de ces interventions auprès d’étudiants en médecine ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Promouvoir les avantages d’une intervention pharmaceutique éducative auprès d’étudiants infirmiers, aux étudiants de santé en général qui permet d’aborder la notion de prise en charge pluridisciplinaire.
  • Utiliser des méthodes de diffusion d’enseignements en ligne.
  • Conscientiser les étudiants sur l’acte de prescription et ses complexités associées.
  • Mettre en place une future étude évaluant ces mêmes étudiants dans leur pratique.

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 11 juillet 2017

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Le pharmacien peut-il améliorer l’utilisation des stylos d’insuline ?

20180509 Forough - stylo insuline

Forough AS, Esfahani PR. Impact of Pharmacist Intervention on Appropriate Insulin Pen Use in Older Patients with Type 2 Diabetes Mellitus in a Rural Area
in Iran. J Res Pharm Pract. 2017 Apr-Jun;6(2):114-119.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après prospective se déroulant dans l’Amiral Momenim General Hospital à Khodabandeh, en Iran.
  • Échantillon de 122 patients âgés de 60 ans et plus inclus entre janvier à mars 2015.
  • L’étude évalue l’impact d’une intervention éducative sur l’incidence des erreurs liées à l’usage inapproprié du stylo d’insuline. L’évaluation des connaissances initiales des patients passe par un questionnaire axée sur les techniques d’injection, de préparation et de conservation du stylo. Sont identifiés dans ce questionnaire onze erreurs d’utilisation potentielles comme par ex, l’usage multiple d’une aiguille, une dose incorrecte, une aiguille bloquée, un angle d’injection incorrect. Suite à l’intervention du pharmacien, le questionnaire est répété 12 semaines après. En parallèle,  les valeurs d’hémoglobine glyquée (HbA1c) et de glycémie ont été extraites avant et après l’intervention.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à une diminution du nombre total d’erreurs détectées; 487 erreurs contre 182,  et à une diminution significative du nombre moyen d’erreurs par patient; 3,99 à 1,49 (p <0,05) après l’intervention.
  • L’intervention est associée à une amélioration significative du contrôle de la glycémie; glycémie moyenne de 161,7 mg/dL (8,98 mmol/L) à 147,3 mg/dL (8,18 mmol/L) (p < 0,05).
  • Aucune différence significative n’a toutefois été trouvée dans les valeurs moyennes d’HbA1c : 8,1% à 7,6% après 12 semaines.

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des patients diabétiques sont bien documentés. Nous avons recensé d’autres articles décrivant des interventions du pharmacien qui permettent une amélioration de la glycémie et de l’HbA1c des patients PMID22971205 , PMID17523968
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur le diabète

Ce qu’on se pose comme question

  • Quel aurait-été l’impact de l’intervention sur l’HbA1c à plus long terme?
  • Les résultats auraient-ils été différents chez de plus jeunes patients?
  • L’impact d’une intervention semblable réalisée par des pharmaciens communautaires aurait-elle été différente?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Prendre le temps de bien expliquer l’utilisation du stylo d’insuline à son patient.
  • Utiliser de bonnes techniques de communication pour favoriser la compréhension du patient.
  • Faire un suivi pour vérifier l’utilisation appropriée du stylo par le patient.
  • Faire un suivi des glycémies et de l’HbA1c afin d’assurer le bon contrôle du diabète.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 20 juillet 2017

L’implication d’un pharmacien dans la transition hôpital/ville est-il associé à une diminution des recours aux soins aigus ?

20170807 visual abstract - autre Trang J

Trang J, Martinez A, Aslam S, Duong MT. Pharmacist Advancement of Transitions of Care to Home (PATCH) Service. Hosp Pharm. 2015 Nov;50(11):994-1002.

 Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après, prospective dans un centre médical académique à Tampa,États-Unis.
  • L’échantillon inclut 161 patients au congé évalué comme étant à « haut risque » répartis en deux groupes :  pré intervention et intervention suivis sur une période de 5 mois. Pour être considéré comme étant à « haut risque » les patients devaient posséder au moins un des critères suivant : au moins 4 traitements chroniques sur l’ordonnance de sortie, patients sous anticoagulation orale, patients avec une maladie chronique obstructive des bronches, une insuffisance cardiaque chronique, un diabète de type 2, le VIH, un infarctus du myocarde ou une pneumonie.
  • L’étude consiste à évaluer l’impact d’un programme de transition hôpital/domicile sur notamment : le recours aux soins aigus (visite aux urgences, réadmission), la détection de problèmes médicamenteux et des données cliniques reflétant la population incluse (glycémie, pression artérielle).
  • Les patients du groupe intervention sont contactés par téléphone dans les 2 jours après la sortie pour revoir les médicaments, identifier les problèmes et renforcer l’éducation. Entre 7 et 14 jours après la sortie, le pharmacien rencontrait les patients les plus complexes environ 30 minutes avant leur rdv médical. Tous problèmes détectés étaient renseignés dans le dossier médical informatisé et discutés avec le médecin.
  • Les patients du groupe pré intervention ont reçu des soins normaux (suivi téléphonique infirmier et suivi médical uniquement).
  • La mise en place d’un service pharmaceutique à la transition Hôpital/domicile est associée à une diminution des recours aux soins aigus dans les 30 jours après la sortie: N17/74 contre 36/87 (p=0,013).
  • 49 problèmes médicamenteux ont été découverts dans le groupe intervention (2/patient) . 85,7% (n = 42) ont nécessité un suivi et une intervention. Le problème le plus répandu concernait un défaut d’adhérence aux traitements de sortie.
  • Une amélioration de la pression artérielle et des glycémies dans les 30 jours après la sortie était observée dans le groupe intervention. L’amélioration était significative uniquement pour la pression diastolique (p=0,003).

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des patients au congé sont bien documentés. Nous avons recensé des articles indexés montrant une diminution des réhospitalisation suite aux suivis des patients par le pharmacien dans la transition hôpital/ville : PMID25985395, PMID19388074
  • Une amélioration de la pression artérielle est également retrouvée lors du suivi des patients  par les pharmaciens après leur sortie de l’hôpital dans les articles suivant : PMID20929988, PMID24588813, PMID24155813
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Bilan comparatif des médicaments au départ

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les pathologies de la population de l’étude étaient hétérogènes cela n’a t’il pas engendré des biais dans les résultats ?
  • Le recours à des soins aigus dans d’autres hôpitaux n’ont pas été pris en compte, quel part leur associer ?
  • D’autres données cliniques n’auraient elle pas pu être incluses dans l’étude telles que la survenue d’évènements cardiovasculaires ?
  • Un suivi au plus long cours permettrait-il de confirmer les résultats et de montrer leur persistance ?
  • Le défaut d’adhérence au congé est il dit à une mauvaise appropriation des connaissances des patients, un problème de couverture d’assurance ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Compte tenu des coûts associés aux problèmes médicamenteux, implanter un suivi des patients au congés.
  • A défaut proposer un plan de sortie expliqué avec vérification de la restitution des connaissances.
  • En ville, vérifier la compréhension des prescriptions de sortie d’hospitalisation.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

 

Le pharmacien optimise t’il la qualité de vie et le bien être psychologique des patients cancéreux ?

20170803 Résumé visuel - Malaisie - Perrine

Periasamy U, Mohd Sidik S, Rampal L, Fadhilah SI, Akhtari-Zavare M, Mahmud R. Effect of chemotherapy counseling by pharmacists on quality of life and psychological outcomes of oncology patients in Malaysia: a randomized control trial. Health Qual Life Outcomes. 2017 May 15;15(1):104

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude randomisée contrôlée prospective dans le service d’oncologie à l’Hôpital gouvernemental, Serdang, Selangor, Malaisie.
  • Échantillon de 162 patients cancéreux, randomisé en 2 groupes (groupe contrôle n=81 et groupe intervention n=81) durant 8 mois, en 2014.
  • L’intervention pharmaceutique a consisté, en plus des soins habituellement délivrés par le pharmacien, à offrir aux patients des sessions éducatives de 45 minutes lors du renouvellement du cycle de chimiothérapie. Les objectifs de ces sessions étaient de répondre aux questions des patients et abordaient notamment  :  la chimiothérapie, les principaux problèmes rencontrés avant, pendant et après la chimiothérapie, de l’aide et des conseils pharmaceutiques. 
  • Tous les patients ont eu à répondre à des questionnaires avant le début de l’étude puis lors des cycles de chimiothérapie (3 à 6 cycles) pour évaluer la qualité de vie, l’anxiété et les symptômes dépressifs.
  • Trois questionnaires ont été utilisé : Word Health Organization Quality Of Life-BREF (WHOQOL-BREF), le Questionnaire Patient Health (PHQ-9) et le Questionnaire Generalized anxiety disorder-7 (GAD-7).
  • Le suivi répété des patients est associé à une augmentation significative de la qualité de vie avec un effet significativement marqué sur la santé physique, la santé psychologique, les relations sociales et les relations liés à l’environnement (p=0.001).
  • Le suivi répété est également associé à une diminution significative des symptômes dépressifs et de l’anxiété (respectivement p=0.000 et p=0.028).

Ce que nous savions déjà :

  • Les rôles et retombées du pharmacien sur la qualité de vie des patients cancereux sont documentés. Nous avons recensé quelques études indexées explorant la satistaction des patients dont PMID26911478PMID26697487, PMID24726204 .
  • Une revue systématique réalisée en 2015 évalue l’impact des interventions du pharmacien sur la Health-Related Quality-of-Life PMID27363846.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur le cancer et l’hémato-oncologie.

Ce qu’on se pose comme question :

  • La localisation du cancer ainsi que le choix de la stratégie thérapeutique ne sont-ils pas des paramètres à prendre en compte afin d’objectiver de l’impact des pharmaciens sur la qualité de vie des patients ?
  • Quel est l’impact clinique de l’intervention ?
  • L’intervention a-t-elle eu un impact sur l’adhérence des patients aux traitements ? sur les connaissances du patient ?
  • Les données de cette étude monocentrique peuvent elle être généralisées à d’autres centres ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • L’évaluation de la qualité de vie des patients atteints de cancer est un bon paramètre permettant de mesurer la qualité des soins en oncologie.
  • Mettre en place un suivi régulier des patients cancéreux avec des entretiens à chaque nouvelle cure de chimiothérapie.
  • Vérifier la restitution des connaissances des patients.
  • Identifier le profil psychologique des patients nouvellement diagnostiqués pour en adapter la prise en charge.

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 21 juin 2017

Impact d’une alerte informatique en cas de bactériémie à Staphylococcus Aureus

20170804 visual abstract - Soins intensifs

Wenzler E, Wang F, Goff DA, Prier B, Mellett J, Mangino JE, Bauer KA. An Automated, Pharmacist-Driven Initiative Improves Quality of Care for Staphylococcus aureus Bacteremia. Clin Infect Dis. 2017 Apr 4.

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude quasi-randomisée contrôlée, rétrospective, conduite à The Ohio State University Wexner Medical Center (OSUWMC), États-Unis, durant 6 mois, en 2016.
  • Échantillon de 45 et 39 patients atteints de bactériémie à Staphylocoque doré départagés en 2 groupes (respectivement contrôle et intervention) de caractéristiques très similaires.
  • En temps normal, les prélèvements positifs à Staphylocoque sont communiqués aux médecins par le personnel du laboratoire de microbiologie. L’étude évalue l’impact de la mise en place d’une fonction informatique qui envoie des alertes aux pharmaciens lors de la détection de nouveau cas. En plus des alertes, l’outil affiche également les données démographiques des patients, les résultats microbiologiques, les antimicrobiens administrés et dispose d’interventions pharmaceutiques manuscrites pré-programmées basées sur les guidelines. Cet outil est à l’initiative des pharmaciens et est intégré aux dossier médicaux électroniques des patients. 
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact de cette notification sur la qualité de la prise en charge des bactériémies. (conformité aux recommandations, délai d’intervention du pharmacien, la durée de la bactériémie, la durée du séjour, le taux de réadmission et la mortalité toutes causes confondues à 30 jours).
  • Les quatre composantes relatives à la conformité aux recommandations ont été significativement plus fréquemment observées dans le groupe d’intervention (68.9% vs 92.3%; p = 0.008)  et incluait : Initiation du traitement cible (84,4% vs 100% ; p = 0,03), consultation infectieuse (75,6% vs 94,9% ; p=0,015), répétition des prélèvements (95,6% vs 100% ; p=0,497) et échocardiographie (93,3% vs 92,3% ; p=1).
  • Le traitement cible était en moyenne initiée 40h plus tôt dans le groupe intervention (91.8 [17.3-722] vs. 54.3 [9.5-239.9], P=0.079). 
  • La mortalité à 30 jours, toutes causes confondues était 6 fois plus élevée dans le groupe contrôle (15,6% vs 2,6% ; p = 0,063).
  • Aucune différence statistiquement significative n’a été observé concernant la durée de la bactériémie, la durée du séjour ou le taux de réadmission.

Ce que nous savions déjà :

  • Bien que les études relatives à un logiciel informatique de prise en charge soient encore peu nombreuses, les rôles et retombées du pharmacien en infectiologie sont relativement bien documentés. Nous avons recensé plusieurs études indexées dont PMID26802917, PMID27641249 et PMID12669912.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur l’infectiologie et l’informatique.

Ce qu’on se pose comme question :

  • Est-ce que les résultats observés seraient les mêmes sur un plus grand échantillon ? 
  • Est-ce aussi efficace que les équipes mobiles d’infectiologies?
  • La consultation infectieuse n’est elle pas la principale source de ces résultats ?
  • Cet outil pourrait-il être utilisé pour d’autres germes ?
  • Les patients du groupe intervention étaient plus jeunes et moins sujets à des infections pulmonaires chroniques, cela a t’il eu un impact sur les résultats notamment la mortalité ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Les interventions étaient à la fois communiquer à l’oral et via le logiciel. Compte tenu des résultats de cette étude, promouvoir vos interventions même si vous ne disposez pas de cet outil.
  • Proposer l’intégration d’outils informatiques impliquant les pharmaciens dans la prise en charge de patients.

Auteur : Perrine Scherrer, Eléonore Ferrand

Création : 26 juillet 2017

Quels sont les impacts de la saisie des ordonnances de chimiothérapie par le technicien en pharmacie ?

20170807 visual abstract - autre Neville

Neville H, Broadfield L, Harding C, Heukshorst S, Sweetapple J, Rolle M. Chemotherapy Order Entry by a Clinical Support Pharmacy Technician in an Outpatient Medical Day Unit. Can J Hosp Pharm. 2016 May-Jun;69(3):202-8.

 Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après réalisée dans un hôpital de jour, Halifax, Canada
  • L’étude inclut les ordonnances de chimiothérapies parentérales des patients traités dans l’hôpital de jour pour des cancers hématologiques . Les ordonnances comprenant également les dérivés du Mesna ou des essais cliniques, dont 143 ordonnances saisies sur une phase 1 pré implantation de 7 jours et 128 ordonnances saisies sur une phase 2 post implantation 6 jours.
  • L’étude explore la faisabilité de déleguer aux assistants techniciens la saisie d’ordonnance de chimiothérapie des patients ambulatoires sur le logiciel informatique. Dans la phase 1 et 2, l’étape de screening est réalisée par le technicien préalablement formé et accrédité toujours suivi d’une vérification par le pharmacien clinicien oncologue. Dans la phase 2, la saisie de l’ordonnance informatique est déléguée au technicien dans le dossier du patient. Le technicien formé identifie le bon patient, le statut allergique, le protocole et renseigne les lignes de la prescription (p ex : médicaments, doses, fréquence, prescripteur, volume, date d’expiration). L’ordonnance est ensuite transmise à l’unité de reconstitution pour une nouvelle vérification pharmaceutique. Les étapes suivantes sont identiques dans la phase 1 et 2 avec vérification pharmaceutique de la chimiothérapie reconstituée.
  • L’étude rapporte une diminution du temps moyen nécessaire à la saisie d’une ordonnance (phase 1 qui implique un pharmacien (1min 37) vs phase 2 qui implique le technicien (1min 20) (p = 0,044)). Sur une journée, la saisie dure en moyenne 33 minutes/j dans la phase 1 et 28,24 min dans la phase 2. Aucune différence significative n’a été relevée dans le temps total moyen de vérification des saisies (phase 1 : 1min21; phase 2 : 1min20). Le technicien est moins dérangé que le pharmacien lors de la saisie (phase 1 : 8 fois  versus phase 2 : 5 fois).
  • Trois erreurs ont été identifiées lors du processus de saisie dans la phase 1 contre 0 dans la phase 2 , comme par exemple des informations manquantes ou incorrectes,surface corporelle médicament, protocole / régime de chimiothérapie, force, dose, date d’administration, coût des médicaments / financement, signature du médecin, diluants IV. Une erreur a été identifiée dans la phase 2 contre 0 dans la phase 1 lors de l’étape de la vérification des prescriptions saisies sur le logiciel par le pharmacien et concernait une date incorrecte.  Toutes les erreurs étaient jugées sans « effet » sur une échelle de 4 niveaux (sévère, significative, mineure, sans effet).

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’étude est-elle assez longue pour conclure sur la sévérité et l’efficacité du programme ?
  • La présence d’un chronométrage n’a t’il pas biaisé les résultats ?
  • Quel était la validité de l’échelle de codification des erreurs ?
  • L’échantillon n’est-il pas trop petit pour généraliser les résultats ?
  • Comment étaient formés les techniciens ?
  • Cette expansion des responsabilités des techniciens au Canada est elle envisageable dans d’autres pays ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Élargir les compétences et responsabilité du technicien en pharmacie et disposer de plus de temps en clinique.
  • Repenser la répartition des tâches.
  • Partager davantage les rôles et les retombées de l’importance de l’implication du technicien en pharmacie dans le système de soins.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

 

 

Initiation de Dabigatran en ambulatoire et à l’hôpital, une opportunité d’action pour les pharmaciens ?

20170807 visual abstract - anticoagulothérapie Shimizu

Shimizu T, Momose Y, Ogawa R, Takahashi M, Echizen H. Impact of Pharmacists’ audit on improving the quality of prescription of dabigatran etexilate methanesulfonate: a retrospective study. J Pharm Health Care Sci. 2017 Jan 17;3:4.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, rétrospective à l’hôpital Kithahara International, Tokyo,  Japon.
  • L’étude inclut les prescriptions initiales de dabigatran de 131 patients ambulatoires et 97 patients hospitalisés entre mars 2011 et février 2014.
  • Un audit rétrospectif cible les prescriptions initiales de dabigatran afin de vérifier le respect des recommandations (indications, contre indications, posologie, switch avec la warfarine). Les données nécessaires à l’analyse de prescription sont extraites à partir du dossier médical électronique des patients hospitalisés et sur la base d’un questionnaire oral mené par le pharmacien communautaire pour les patients ambulatoires .
  • L’audit montre que les patients ambulatoires ont une première prescription significativement plus appropriées (n=43/131, 33%) que les patients hospitalisés (11/97, 11%) (p<0,001).
  • Toutefois, 2 patients ambulatoires ont reçu une prescription ne respectant pas les contre-indications (présence d’une clairance <30mL/min).
  • En regard de l’âge du patient, le nombre de patients ayant un dosage inapproprié est plus important chez les patients ambulatoires (n=19 patients dont 14 surdosages et 5 sous dosages) que chez les patients hospitalisés (n =3 dont 2 surdosages et 1 sous dosage).
  • Des événements hémorragiques sont survenux auprès de 9 des 124 patients ambulatoires (7,3%) et auprès de 8 des 97 patients hospitalisés (8,2%), sans différence significative d’incidence entre deux groupes (OR 0,9, IC à 95% 0,3-2,3).

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées pharmacien dans l’anticoagulothérapie sont bien documentés. Une étude indexée montre l’intervention du pharmacien sur la correction des erreurs de l’anticoagulothérapie à l’admission et prescription optimale: PMID25794699
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Anticoagulothérapie

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les données médicales recueillies électroniquement chez les patients hospitalisés sont probablement plus précises que lors d’un questionnaire. Les données du groupe ambulatoire étaient-elles assez exhaustives pour l’analyse des prescriptions par les pharmaciens ?
  • Compte tenu des erreurs de prescriptions, y a t’il eu un défaut du suivi des recommandations de la part des prescripteurs ou des pharmaciens ?
  • Quelles solutions ont été mises en place suite à l’audit ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Les anticoagulants oraux directs ne nécessitent pas de suivi de test de laboratoire. Toutefois, une évaluation de l’indication, l’âge du patient, le statut rénal ainsi que la revue de la médication sont essentielles lors de l’initiation.
  • Implanter, en collaboration avec les médecins, une analyse fine des initiations de traitements anticoagulants.
  • Partager davantage vos rôles et retombées dans le suivi des patients sous anticoagulants.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017